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FUT DE COLONNE

Composition deM. Coquart.

( Ecole des beaux-arts de Paris, xixc siècle.)

s’appuie sur sa houlette; elle a la robe bleue à courtes manches et le manteau gris; ses longs cheveux blonds sont coiffés d’une humble cornette blanche; elle retient dans la main gauche une nef à voile fleurdelisée, emblème de la Ville. Toutes les têtes, à l’exception de celle de Jeanne d’Arc, sont nimbées en disque transparent à liséré rouge; le Christ porte le nimbe aux croisillons ornés de pierres précieuses ; les personnages se tiennent sur un terrain de verdure émaillé de fleurs.

La composition de M. Hébert est d’une grande simplicité et d’une extrême distinction, la coloration en est sobre et calme ; elle permettra de mettre la mosaïque en œuvre, selon la technique de Ravenne ou, pour mieux dire, selon les véritables principes de l’art décoratif, qui réclament avant tout la sobriété dans l’exécution. En réunissant ainsi la grandeur de la conception, la correction du dessin et les procédés techniques simples et énergiques, la décoration absidale du Panthéon formera le type nouveau de la mosaïque moderne, et laissera loin derrière elle le style affadi des deux derniers siècles et les productions éclectiques de notre temps. Le sujet est encadré, à l’intérieur de la voûte, par un enroulement de raisins et de feuilles de vignes ornemanisés et sur le tympan par une bande d’ornement; les deux motifs sont bordés d’un filet de pierres précieuses figurées sur un fond rouge; les modèles de ces bordures sont dus à M. Galland, un maître, le premier parmi nos contemporains, en l’art de la décoration.

La nouvelle cathédrale de Marseille sera en partie décorée de mosaïques d’après les compositions de M. Révoil, architecte en chef. Elles comprendront dans le porche

la voûte en berceau et la porte d’entrée; la voûte est à fond bleu semé de rosaces et de lettres SA ; au centre se trouve la groix gemmée, deux colombes portant des rameaux reposent sur les branches qui tiennent suspendues la première et la dernière lettre de l’alphabet grec A et H « principium et finis »; l’archivolte du grand arc couronnant la porte de l’église est couvert de croix alternativement de couleur rouge sur or et or sur bleu ; aux deux côtés de l’oculus sont représentées les villes de Bethléem et de Jérusalem, et dans les tympans triangulaires à droite et à gauche de la porte se déroulent des rinceaux vert et or ; dans le centre de ces rinceaux on voit des médaillons, l’un avec la croix blanche sur l’arbre de la vie et l’inscription Ego svm vita , l’autre avec le Phénix perché dans un palmier et les mots Ego svm resvrectio. A l’intérieur de la cathédrale les tympans des arcatures de la nef montrent la lettre SB , le monogramme du Christ et des vases surmontés de croix d’où s’échappent des rinceaux d’or ombrés de vert sur un fond brun rouge ; sur la corniche court une frise de croix d’or sur rouge séparées par de doubles palmettes. Le savant auteur de la composition s’est inspiré du mausolée de Galla Placidia édifié à Ravenne au ve siècle ; il est regrettable que les crédits mis à sa disposition n’aient pas permis de donner un plus complet développement aux mosaïques d’un temple qui, par son architecture et son emplacement, appelait ce genre de décoration.

Le mouvement a été suivi, le goût de la mosaïque décorative commence à se répandre, les architectes chargés de grands travaux pour les services publics ou les entreprises particulières en font volontiers emploi

sur quelques parties des édifices; il est vrai qu’on s’en tient encore à l’ornement, parce qu’il est facile à exécuter et d’un prix peu élevé. Venise fournit toujours, mais elle n’est plus seule et Paris compte déjà quelques équipes de mosaïstes français.

Nous décrivons dans le chapitre de la technique la méthode industrielle pratiquée dans les ateliers particuliers ; elle donne de grandes facilités de travail et permet d’expédier au loin les mosaïques composées à la fabrique; pour ces raisons elle répandra certainement l’usage de la mosaïque, mais elle présente aussi de très réels inconvénients. Le rôle des manufactures officielles en deviendra d’autant plus important ; elles devront conserver les traditions des grandes époques ou en ressaisir le fil, fournir à l’industrie privée des modèles d’un caractère d’art très marqué et former des artistes capables. C’est la mission que remplissent en France à l’égard de la céramique et de la tapisserie les manufactures nationales de Sèvres, des Gobelins et de Beauvais.

i? Coupoir. — 2, Marteau à découper les smaltes. — 3, Marteau à découper les marbres. — 4, Fers à encaustiquer. — 5, Truelle et spatule à ciment. — 6, Marteau et ciseau à fouiller le plâtre. — 7, Meule. — 8, Casier. — 9, Pincettes à cubes.

LA TECHNIQUE

Les ciments et les mastics. — Les smaltes ou émaux. Les outils. — La mise en œuvre.

Nous avons dit que la mosaïque est un ouvrage fait au moyen de petits cubes retenus par un ciment contre une surface solide ; il convient maintenant d’étudier la pratique matérielle de l’art. Le mosaïste commence par préparer la surface à recouvrir, il l’enduit de ciment ou de mastic, et dans cette matière encore fraîche il plante les cubes destinés à reproduire le modèle ; la mosaïque peut être posée directement sur la surface ou préparée dans l’atelier pour être mise ultérieurement à sa place définitive.

Nous allons suivre en détail ces diverses opérations en commençant par le travail le plus simple, qui est la décoration directe d’une surface exposée à l’intempérie des saisons. Le mosaïste prépare d’abord le mur; il a soin de le rustiquer s’il est lisse et même au besoin d’y planter des fils de laiton enchevêtrés; il l’arrose d’eau et l’enduit d’une couche de ciment à la chaux, puis après siccité, d’une couche de plâtre tendre de l’épaisseur

des cubes qu’il emploiera ; ces deux enduits doivent correspondre exactement à la surface que la mosaïque occupera. On décalque ensuite sur le plâtre le dessin du modèle, et dans la partie qu’on veut entreprendre on fouille le plâtre jusqu’au ciment, qu’il faut avoir soin de mouiller; dans le vide on introduit une nouvelle couche d’un ciment plus fin destiné à recevoir les cubes. La composition du cimenta la chaux n’est pas absolue, elle varie selon les époques et les localités ; dans l’antiquité, elle était de deux parties de marbre pilé et d’une partie de chaux de travertin; elle peut être aussi de deux parties de pouzzolane et deux parties de chaux hydraulique vieille ; les anciens paraissent y avoir mêlé de la gomme adragante afin de retarder la prise; on sait que la pouzzolane est une matière volcanique provenant de la décomposition, des scories; elle est pulvérulente, d’un brun ou d’un gris foncé ; on la trouve dans divers pays, notamment aux environs de Rome, de Pouzzoles, en Auvergne, etc.

Voici une bonne formule de ciment à la chaux :

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