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PREMIÈRE COUCHE. SECONDE COUCHE

Pouzzolane

... io 1/2

Brique pilée

Chaux éteinte . . . .

Eau *

Dans la première couche, la pouzzolane et la chaux seront pour trois cinquièmes environ en grumeaux de 2 à 3 millimètres, et pour le reste en poudre ; dans la seconde couche, les grumeaux seront de moitié plus fins. Jadis on faisait les couches de ciment très épaisses;

LA TECHNIQUE

nous en avons constaté de près de 6 centimètres dans l’abside du xme siècle de la basilique de Saint-Jean-de- Latran. Ces épaisseurs avaient pour but de niveler la surface ; maintenant on se contente de douze millimètres pour la première couche et de huit pour la seconde; il n’est pas cependant indispensable d’en mettre deux, et si la distance de la surface de la mosaïque au vif du mur est moindre de quinze millimètres, il sera préférable de s’en tenir à une couche unique. Jusqu’au commencement des travaux de mosaïque dans la nouvelle basilique de Saint-Pierre, le ciment à la chaux était usité aussi bien pour les mosaïques du dehors que pour celles de l’intérieur des édifices, et, il faut bien le dire, on l’employait souvent assez mal. Nous avons vu que les mosaïques posées au xme siècle par Andrea Tafi dans la voûte 'du baptistère de Florence s'étaient détachées deux fois dans un siècle, et que la Navicella de Giotto, quoique sur un mur droit, n’avait résisté qu’une vingtaine d’années à une restauration. On pourrait malheureusement multiplier les citations de faits analogues, mais il est plus utile d’en signaler les causes. Elles proviennent généralement du poids résultant de la trop grande épaisseur du ciment, de la mauvaise qualité des matériaux, puis de la négligence du mosaïste qui n’a mouillé qu’insuffisamment ou même qui n’a pas mouillé du tout la première couche de ciment avant de la couvrir de la seconde; nous, avons eu, en effet, l’occasion de vérifier à plusieurs reprises que les morceaux tombés avaient entraîné nettement la seconde couche, et laisse la première intacte, ce qui prouve que l’adhérence faisait défaut ; on peut remédier sûrement à cet

inconvénient en ne laissant qu’un laps de deux à trois heures entre les deux applications de ciment.

Muziano de Brescia (1528-1592), l’ami de Michel- Ange, est « Tinventeur de la manière de travailler les mosaïques à l’huile ». Cette citation, interprétée par des écrivains ignorants de la technique et des travaux du Mutien, a donné lieu à d’étranges méprises ; elle a fait croire que Muziano avait cherché à imiter la peinture au moyen de la mosaïque à l’huile, alors qu’il avait simplement remplacé pour l’intérieur des édifices le ciment à la chaux par un mastic à l’huile. Muziano commença ainsi les mosaïques de la chapelle Grégorienne, qui sont les plus anciennes de la basilique de Saint-Pierre, dont toutes les mosaïques, sauf celle qui représente le Père éternel au haut de la coupole, sont retenues par un mastic semblable, à peu près composé comme il suit :

Poudre de travertin 60

Chaux blanche éteinte provenant du même

travertin 2 5

Huile de lin crue 10

Lie d’huile de lin cuite 6

Ces proportions sont susceptibles de quelques variations, de même le travertin peut être remplacé par des analogues. Il suffit d’ajouter que le ciment à la chaux n’est malléable que pendant quelques heures, tandis que le mastic à l’huile reste dans cet état de trois à quatre jours en été et le double en hiver, pour montrer que l’invention de Muziano rend le travail et les reprises beaucoup plus faciles; le mastic a aussi plus d’adhérence que le ciment, il tient parfaitement sur toutes sortes de fonds de

LA TECHNIQUE

pierre, de métaux, de bois ou de matières vitrifiées, à la simple condition de les rustiquer et de les huiler; il est plus léger, car il ne se pose qu’en une couche unique ; aussi depuis Muziano est-il employé généralement dans l’intérieur des édifices et pour les mosaïques portatives ; par exception, la coupole de Saint-Pierre a été faite à la chaux.

La surface étant préparée et le ciment ou le mastic posé dans les découpures du plâtre, le mosaïste s’empare des matières colorées, disposées à portée de sa main dans une boîte *, scatola da degradatione, semblable à un casier d’imprimeur, leur donne la forme voulue et les plante dans la masse. Ces matières sont très généralement des émaux qu’on nomme smaltes en Italie; nous avons adopté cette dénomination, parce qu’elle est plus caractéristique que le mot émail, que nous donnons en France à des compositions diverses et à usages différents. La formule normale des smaltes se

présente ainsi :

Sable i3oo

Minium 600

Azotate de potasse 60

Fluate de chaux . . . 3oo

Carbonate de soude 400

Groisil2 5oo

La pâte est colorée dans la masse par l’addition des oxydes de manganèse pour le violet, de cobalt pour le

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