‹ La motte de terre; un acteChapitre 1 sur 8 · LA MÈRE MARTHE, CLAUDE, LE VOYAGEUR · texte numérisé non relu

LA MÈRE MARTHE, CLAUDE, LE VOYAGEUR

Le voyageur est assis à la table de droite; il a devant lui une bouteille de vin et un verre. Claude arrive du fond et se dispose à sortir. La mère Marthe Petit, prends garde.

Claude Ne crains rien, mère, elle m'aime.

Dis plutôt : elle te veut. Les femmes n'aiment pas, elles veulent.

Claude Aimer ou vouloir, pourvu qu'elle soit à moi et que je sois à elle, et que nous soyons heureux d'être l'un à l'autre, qu'importe ! Moi, je l'aime

parce que je la veux, et je la veux parce que je l"aime.

La mère Marthe

Tu es prêt à donner tout ; elle à tout recevoir, si ce n'est pas à tout demander.

Claude

Donner tout, c'est Taimer. Augmente mon bonheur par ta joie : ne le mélange pas de vaines inquiétudes.

La mère Marthe

Va, mon gars, va. Aime : ce serait aussi fou de t'en empêcher que de vouloir changer en cheveux blancs ta belle tignasse noire.

Claude, se campant devant sa mère^ le cliUpeaii sur la tête.

Suis-je bien comme cela ?

La mère Marthe , le contemplant avec orgueil.

Tu es superbe.

Claude (// ôte son chapeau, embrasse sa mère., salue le

voyageur; sur le seuil de la 'porte d^ entrée, il se

retourne et dit : )

Elle m'aimera, n'est-ce pas, comme je l'aime? [Il part. La mère Marthe va à la fenêtre et le suit

des yeux!)

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