‹ La mouche du coche comedie en un acte, en proseChapitre 3 sur 20 · LA MOUCHE DD COCHB · texte numérisé non relu

LA MOUCHE DD COCHB

ADRIEN

Personne.

MAGLOIRE

Vous avez abordé tout seul notre directeur? *

ADRIEN

Tout seul.

MAGLOIRE

Ah!... Et à qui destinez-vous votre poëme?

V ADRIEN

À un jeune compositeur de mes amis.

MAGLOIRE

Connu par quoi?

Par rien encore.

MAGLOIRE

Ah ça! cher petit, vous êtes fou?

ADRIEN

Comment?

MAGLOIRE

Daubigny va se moquer de vous.

ADRIEN

Pourquoi m’a-t-il invité?

MAGLOIRE

Pour vous dire poliment ceci, quand vous l’aborderez tout à l’heure : Mon cher monsieur, vous avez du talent, de l’avenir, du style, des qualités littéraires...

ADRIEN

Eh bien?

MAGLOIRE

Votre poëme est charmant, aussi je le refuse.

* ADRIEN

Il le refusera?

MAGLOIRE

Et il ne l’aura pas lu.

ADRIEN

Vous me découragez !

Non, je vous éclaire, et je vais vous guider. D'abord, il ne faut pas laisser refuser votre poëme, un refus est mortel.

ADRIEN

Que faut-il faire?

MAGLOIRE

Il faut le redemander à Daubigny, mais là, très-carrément, d’un air délibéré, sans fausse honte. Et s’ü vous questionne sur le motif de ce procédé , laissez-lui entendre que vous savez où placer votre manuscrit et que vous êtes sûr de votre affaire.

LÀ «CfUChB LU f.OCHB

ADR1ÉN

Tiens! le conseil est bon. En me voyant si résolu; le diffecteur prendra mon poème pour quelque chose...

MAGLOIRE. ' . . ,

Et vous pour quelqu’un. Mais vous renoncerez d’emblée à votre ami, le jeune inconnu qui doit mettre vojj paroles en musique ; vous lui retirerez le poëme.

Ah! ceci est plus délicat... Songez que ce musicien est un garçou plein de cœur;

MAGLOIRE

Je ne vous dis pas le contraire , mais l’art avant tout... D’ailleurs c’est dans votre intérêt commun que vous agirez l’un et l’autre en vous séparant : deux inconnus aie peuvent débuter ensemble. Vous m’enverrez votre ami, nous en ferons quelque chose, et vous m’apporterez votrp manuscrit ; je le donnerai à... Verdi , qui m’en demandait un l’autre jour.

ADRIEN

A monsieur Verdi, dites- vous?

MAGLOIRE

A lui-même.

ADRIEN

Ah ! mon cher monsieur MagloIre , vous me rendriez un si grand service !

t MAGLOIRE.

Vous m’en serez reconnaissant ?

ADRIEN

Toute ma vie!

magloIre.

Non, jusqu’à ce que je vous l’aie.rendu.

ADRIEN

Quoi?

Rien, c’est un mot. Allez, cherchez Daubigny, et deir.dndez-lui votre poëme. Nous eu rccauserons quand vous l’aurez. (Eugénie entre ne bras de son oucle par U porte de droite. Un dômes—

a n prend sa mantille. Maglmre accompagne Ad i>'ll ;’i la porte du foipl. )

e^, et pas de renièrciiiients, pas de plihiscs .. Oui, d’est bien!... au revoir! (Adrien soit par le tond. MagloIre redescend, recounail Eugénie et s’approche d’elle.)

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