SCÈNE II
HÉLÈNE
G est lui! quelle surprise! — Eh! qu'importe! — Pourtant Il m'est bon de pouvoir respirer un instant.
(Elle s'assied su.r un sopha.)
— Il a changé de nom, comme moi ; c'est l'usage. Moi, j'ai changé de nom, hélas ! et de visage !..
Il est toujours le môme et je l'ai reconnu. Me reconnaitra-t-il ? Oh ! le doute ingénu ! Qui me soupçonnerait sous ce voile bleuâtre ? Mais, après tout, il est directeur de théâtre. Je suis artiste et pour employer mou talent. Il faut qu'il l'apprécie et non qu'il soit galant. Puis, s'il se souvenait de notre ancienne... histoire, S'être épousés n'est pas un cas rédhibitoire.
— A moins que...
[Elle se lèoe, visite le boudoir, puis regarde par la fenêtre dans le théâtre.) Ce boudoir!... Ah! bien jeunes, ici,
Nous avons débuté, combattu, réussi.
— Tout est remis à neuf — Ce portrait, c'e>t son frère.
— Le mien, dans un album banal... ou funéraire.
— Il faudrait une {rlace où se mirer debout Ici ; là, des fauteuils, un guéridon... Partout
Ces riens donnant au reste un cachet... Mais si lame E.st absente, c'est donc qu'il y manque une femme.
— A quoi pensé-je là ?
(Elle se 7rffafdt' dans la glacr.) Dieu ! que tout est changé En moi !
{EUe met toi peu d'ordre à sa toilette.) Je suis venue en un tel négligé!
(Entendant ouvrir la poie, elle se rassied .) Le voici !
SCÈ.NE III.
FiloilN '!ans l'observer, et ayant en main la lettre d'Hélène.
Je suis libre et tout à vous, Madame.
[Xégli gemment.) Vous avez en province un renom dans le drame, Mais c'est le long chemin que là vous avez pris. l'n succès hors les murs compte à peine, à Paris ; La valeur d'un artiste est toujours contestée Si par la capitale elle n'est constatée.
[Consultant la Idtre.) Paiis connaît le nom de Madame Yvc... Mais Ne l'a-t-il jamais vue à la scène?
iiKi.KNK, embarrassée.
Jamais.
FIRMiN.
Je <lois donc du puldic représenter le doute Et vous m'excuserez si l'examen vous coûte.
{ÎAti montrant sa lettre.) Vous-mêine, vous l'avez, d'ailleurs, sollicité. L'n seul mot suffira, rpiflques fois répété. Que de choses on dit d'un mot bref et suprême ! Ce mot, je ne le veux tenir que de vous-mûmo ; Vous n'en avez dit qu'un, mais d'un ton si frappant ! Nous nous en servirons en lo développant.
m s'assied.) Je ne vous cache point qu'à la mode on province,
Le dramo ici consorvo une vogue assez mince. Ob ! corte, il a repris sur la tradition Sa liberté d'allure et d'observation, Mais il est rare, après ce débarras utile. Que l'artiste ou l'auteur lui rende le grand stylo. — Commençons par des traits légers, dont on sourit; La scène aussi s'égaye aux grâces de l'esprit Et c'est à l'infini que la femme y varie Les travestissements de la coquetterie.
Tantôt, on a guetté de l'œil nos soins constants. Et le bouquet de bal qu'on espéra longtemps, Et ce cher cotillon conquis sur une amie ; Mais, s'il nous prend un jour l'étrange bonhomie De vous interroger : « Ma voix, mes yeux, mes traits, " Ne vous ont-ils dit rien? " on s'étonne... HÉLÈME, jouant l'ingénuité.
Jamais !
FIRMI.X,
D'autres fois, on rougit lorsqu'un cousin, trop tendre, Ne sait à demi-mots, le fat, se faire entendre. Qu'il vous tutoie encore et dit : " vSi tu m'aimais ! >. Cher couteau qu'il vous met sur la gorge.
wÈi.k'SK; joncuit la minauderie.
Jamais !
FiRMix, se levant, toujours négligemment.
Ailleurs, la Galathée, en fuyant, nous agace Et le non vaut cent o««', s'il est dit avec grâce : « De son cœur est-on maître ? Et si je me permets " De vous trouver charmante, est-ce un crime ? «
HÉLÈNE, jouant la coquMterie.
Jamais !
FIRMIX.
Ne supposons plus rien, quittons les ingénues
Et cherchons de grands traits en des œuvres connues.
{Il se case dans un faidcuil.) D'abord, nous conspirons, et vous, amante et sœur, "Vous êtes l'héroïne exaltée à l'honneur. Or, vous avez surpris un entretien sinistre Du faible Louis XIII avec son grand ministre. Et, du premier élan de l'admiration.
Vous avez révélé la conjuration.
Ce sont les conjurés que Richelieu demande ;
Mais vous vous apiM>lez Diane de Mirmande.
• Le sauver pour une heure e>t no le sauver point, «
Dit- il ; mais vous restez inflexible en ce point.
Kn vain, des sentiments sacrt'S de la nature
Il se fait contre vous des engins de torture :
Voti-e frère mouri-a si vous ne parlez... Mais
11 arrive un moment où vous criez : Jamais !
HKi.KNE, Jouant le rôle de Diane.
En vain à me tenter le démon s'évertue : Ma r<"'solution s'est changée en statue!
FIRMIN
Quand Rachel s'arrêtait sur ce vers, on crovait Voir l'obstination qui se pétrifiait.
HKLKNK.
Il est bon d'observer, Monsieur, que sur la scène Le mouvement croissant du sujet nous entraîne. Qu'au lieu d'un directeur, tranquillement assis, Qui résume les faits en quelques mots précis, Nous voyons devant nous se dérouler le drame, Nous y mettons les yeux, la voix, le corps et l'àme, Nous cessons d'être nous, nous sommes une sœur Au supplice, une amante aux pieds de l'oppresseur; Alors, le cœur éclate et l'on crie éperdue :
Ma résolution s'est changée en statue!
KiRMiN, se laissa>it aller à jouer Richelieu.
Quelle tête de fer!
UÉLKNK (Diane).
Monsieur de Riclielieu, Le génie est bien grand que vous tenez de Dieu ; Mais l'histoire diraque dans votre œuvre immense, Il manque une grandeur suprême : la clémence!
KIRMIN l'observant, iiparl.
Ce beau regard, lançant sous le voile un éclair! Ce cœur qui s'ouvre à vous, où l'on semble voir clair! ... Si c'était.. !
(HélAne, ffMt'e, tousse. Il se rrjjrend.)
AL ! j)ard(jn ! Vous disiez : - La clémence. • (Jouant liirlielieu.)
Pas même celle-là : voici la grâce.
iiÉi.KXE (Diane),
Quoi?
FiRMiN {Richelieu).
Votre obstination a triomphé de moi!
— La cl(5mence ! un mot saint dans les vers des poètes,
I\Iadame! — Mais passons... à Venise. — Vous êtes,
Grâce, amour, loyauté, tout ce que Dieu donna
De candeur à la femme. . . enfin, Desdemona.
Mais Othello se prend d'une rage jalouse :
Il a levé la main sur vous, vous son épouse !
Et voilà qu'il brandit de ces tisons moqueurs
Que Shakespeare empruntait au volcan des grands cœurs.
Mais, lorsqu'au dépourvu nous prend la calomnie.
Avant de s'en blesser, on s'en effraye, on nie ;
C'est ce sentiment-là qu'un mot doit exprimer.
Bien souvent, quand l'amant a cessé de l'aimer,
Que l'époux du devoir a rompu l'équilibre,
La femme, abandonnée, a pu se croire libre.
Ici, rien de pareil : l'amour a tous ses droits.
Le More arrive donc, la foudre dans la voix.
Il raille et ses sifflets le lacèrent lui-même.
Il maudit et se brûle à son propre anathème ;
Si rien peut le sauver de sa fougueuse erreur.
Ce sera ce beau cri de naïve terreur.
D'indignation chaste et de pureté d'âme
Que, de vos lèvres, fait jaillir l'outrage infâme.
Il s'avance, bavant les injures :
Eh! mais! (') Ne fûtes-Yoïis donc pas adultère?
HÉLÈNE, j'onani Desdemona.
Jamais, Foi de chrétienne!
FIRMIN (Othello).
Vrai !
HÉLÈNE (Desdemona).
Je jure sur mon àme !
Sur ma part de salut ! Je suis honnête femme !
(A pa7't.) Quel feu dans son regard ! M'interrogerait-il?
(Haut et s'asscyant.) Monsieur, en distinguant, vous fûtes trop subtil :
{1] Traduction d'Alfred de Vigny.
» Quand répoux, tlUiez-vous, a rompu l'équilibre,
La femme dédaignée a pu se croire libre. -
Non. Est-ce qu'on perd tout en perdant le bonheur ?
L'amour n'entralno pa.<; dans sa cbute l'honneur ;
Au droit d'interroger si le mari renonce,
Jo plains celle qui doit esquiver la réponse.
.l'admirais on ceci l'artiste, sans savoir Que la femme y mettait la fierté du devou".
iiâi.KNB, ffi'iiéc, se levant.
Si nous laissions la femme et reprenions l'artiste?
FIR.M1N, après toie hésitation, sclevaul.
Eh bien! vous voilà reine, et dans un temps fort triste.
Reine d'Espagne, mais sous un roi fainéant ;
Vos Etats, votre cœur, tout va dans le néant.
Un homme — il sort du peuple avec un fier génie —
Du p.iys, de la reine, arrête l'agonie :
Don César! Vous l'aimez, car il rend, à la fois,
La vie à votre cœur, à l'Iilspagne des lois.
Mais l'intrigue, qui grouille au fond des décadences.
Distille lâchement le venin des vengeances.
Et, lorsque tout renaît pour le peuple ébloui,
Prend le ministre au piège et la reine avec lui.
Il se révolte et tue, à vos pieds, cet infâme
Qui renverse la reine en insultant la femme.
Mais Kuy Blas — c'est Kuy Blas — pour vous tin-r d'cinnir.
S'est nommé : Vous aimiez un laquais ! Quelle horreur !
Vous vous trouvez, la nuit, seule, devant ce traître
Qui vient, pour vous sauver, d'assassiner son maître.
Pardonner! Il s'accuse, il se traîne, il se tord ;
Vous ne pardonnerez qu'en face de la mort :
Que voulez-vous - — Que vou.s me pardonniez, Mailaine.
llKi.KNE,^"«rn;/ /(/ rritir.
Jamais.
riRMiN {fiai/ nias).
Jamais ! IHen sûr?
HKi.KNE {la reine)
Non, jaiu.iis !
(l'irmin hésite, Ilélî^nc lui sovfjle. snti mie.)
HKI.ÈNi:.
» Triste flamme ! •
KiRMiN, répétant machinahvncnf.
Triste flamme...
Pardon ! Oui, j'ai joué ce drame ; Je m'appelais Firmin, alors, non ce Firmin Si grand qu'il enlevait Molière, haut la main.
HÉLÈNE
Vous avez pu quitter une place si haute.
FIKMIX.
Elle me rappelait des malheurs, une faute Peut-être, un souvenir, enfin, trop douloureux A porter sous le masque.
HÉLÈNE
Oh I oui, l'homme est heureux :
Au ton de ses chagrins il change sa conduite ; Une femme, à jouer en deuil serait réduite.
FIRMIN
Béni soit l'art, s'il peut être pour un grand cœur • L'urne sainte où se boit l'oubli de la douleur !
HÉLÈNE
Reprenons.
FIRMIN, aprcs un effort.
Oui. — D'abord, le vers se précipite, Se heurte ; un vrai torrent, mais où le cœur palpite. {Jouant Ruy Blas.)
Je ne suis pas coupable autant que vous croyez.
Je sens : ma trahison, comme vous la voyez,
Doit vous paraître horrible. Oh ! ce n'est pas facile
A raconter. Pourtant, je n'ai pas l'àme vile.
Je suis honnête au fond. — Cet amour m'a perdu. —
Je ne me défends pas; je sais bien, j'aurais dû
Trouver quelque moyen. — La faute est consommée.
— C'est égal, voyez- vous, je vous ai bien aimée!
HÉLÈNE {la reine).
Monsieur !
FIRMIN, agité.
Bien aimée ! oui !
HÉLÈNE
Vous vous trompez.
FIR.MIV.
r,u-.i..ii:
- Je passe à la réplique, allez :
" Mon cœur se rompt.
HÉLÈNE {la reine).
Que voulez-vous?
IIRMIN (lii'l/ BldS .
'^hie vous me iKirdonniez, Mailame.
HKLKNE {la yeinr).
Jamais !
KlR>riN, Varrrtant.
\'ous y mettiez plus do noblesse dame Tantôt.
Jamais ! bien sur !
HKi.KM-: lit ri'iiii' ").
Non, jamais !
KIHMIN, iaryrtant.
Eh bien, non, Ce n'est pas assez fier, une reine!
HKLKNE.
Pardon A mon tour. J'oubliais de dépouiller la femme.
[Rrprenant h: rôle.)
Jamais \
FIKMIN [Ri'U lilas)
Jamais, hien sur?
HÉLÈNE (la reiii'j.
Non; jamais !
KIHMIN IRl>!/ Dliis).
Triste llammo, Eteins-toi I
HKi.KNK {la reine).
Que fait-il ?
F'RMiN {Ri'ij Blas).
Rion. Mes maux sont finis.
Rien. Vous me maudissez et moi je vous bénis. Voilà tout,
HKi.KNK [la rcùu^.
Don César!
KiRMiN (Rut/ Blas).
Qiiand je pense, paavro ange, Que vous m'avez aimé !
HÉLÈNE (la reine).
Quel est ce philtre étrange?
Qu'avez-vous fait? Dis-moi! Réponds-moi! Parle-moi! César, je te pardonne et t'aime, et je te croi.
FIRMIN {Rl'>/ Blas).
Je m'appelle RuyBlas!
HKLK.NE (la reine).
Ruy Blas, je te pardonne.
FIRMIN, à part.
Quel noble et saint accent! Comme il impressionne!
Je m'appelle...
Firmin.
HÉLÈNE, le reprenant.
Ru}^ Blas.
— C'est votre tour D'oublier le sujet..
FIRMIN
Pour rentrer dans l'amour!
Je vous ai reconnue .
HÉLÈNE, souriant amèrement.
Oh! c'était difficile.
FIRMIN
Hélène, le talent vous distingue entre mille.
HÉLÈNE
Ce que j'attends de vous, c'est un engagement.
FIRMIX.
Vous veniez sans savoir mon nom ?
HÈLEXÈ.
Certainement.
Kl RM IN.
Vous n'avez pu me voir, pourtant, sans reconnaître...
HKI.liNE.
l'n artiste de goût qui peut, qui doit peut-être, R<*parant le passé, rendre à mon avenir La scène de Paris dont j'ai dû me bannir.
KIRMIN.
Mais c'est vous qui pouvez me rendre l'existence. Hélène.
IIKI.K.Nf:.
Madame Yve attend votre sentence.
FIRMIX.
(// hi':iile, va et vient, puis se décide.) KL bien ! un nouveau drame est à l'étude cncor ; Le grand rùle est surtout un mari : le butor,
- Sait-on quel premier pas nous mène &. la iiipture ? — A brisé les plus doux liens de la nature.
Je comprends mieux le but du poète aujourdliui. Ce n'est pas moi qui vais philosopher, c'est lui :
- Khi Madame, sait-on ce qu'on fait quand on aime?
- On se croit tout permis envers l'autre soi-même,
- On se sent tellement liés, ne faisant qu'im,
- Que l'on ne veille plus sur le bonheur commun, '• Et, .si l'on .se quittait, on se dit, 6 folie.
- Qu'on reviendrait tous ,leus l'un vers l'autre, on oublie " Que l'on a devant soi, dans .son intégrité,
- Un être dont le cœur veut être respecté,
- Une âme délicate ou tièro, une i)er.snnno
- Qu'on doit i)lus ménager, plus elle s';.ban.!oruie.
- Vienne l'heure on le couple aux conflits est livré,
- Hier inséparable, aujourd'hui .séparé.
- (Jn s'étonne d'abord, on doute, à peine on .sou/Tre;
- Bientôt on aperçoit la profondeur du gon/rre.
- On veut... Kst-co qu'f.n rioit faire le i)remier pas { • Chaque jour, on attend l'autre qui ne vient pas;
» Lu puiiit iriiounour luL'snuin nous clouo A riinpuissjince
« Et chaque lieui'o perdue euvonimc l'absence ;
« Il faut se résigner ù l'iippaivnt oubli,
« So mettre à vivre seul et comme enseveli,
« Et, comme elle a subi la même lutte en elle,
« La rupture, impossible, apparaît éternelle !
« Pour la première fois alors, on sent combien
" L'amour exige un peu de respect pour gardien ;
« iNIais on trouve partout, toi qu'un douloureux hôte,
» Liiiiportuii souvenir où l'on sent une faute, »
HÉLÈNE
Et la fenune?
FlKMl.V.
« Ali! ses maux ignorés, ses combats, "* Sur le cœur de l'époux, ne ricochent-ils pas? « Leur heureuse habitude était de tout se dire : « Ne plus rien savoir d'elle est un profond martyre. " Sous chacun de ses pas, on suspecte un danger : " On ne peut plus, l'aimant encor, la protéger. »
HÉLÈNE
Ah ! qui dira combien elle souffre ! Je passe
L'isolement qui fait de la vie une impasse,
La carrière ù refaire avec plus de péril.
L'honneur plus difficile à garder dans l'exil,
Le doute qui vous suit en tout lieu ! Mais la femme.
Que devient-elle après ce ridicule drame?
Son cœur — elle a son cœur — devra-t-il comprimer
Tout ce qu'il tient de Dieu pour battre et pour aimer :
Le culte du foyer, le rêve d'être mère.
Et même la clémence, inutile chimère,
Tandis qu'à chaque instant elle a devant les yeux
Comme au mur d'un tombeau le reptile odieux,
Les détails écœurants qui firent la rupture.
Les mots, bourreaux cruels, et, dernière torture,
La crainte du soupçon injuste et peu jaloux
Qui sur tout le passé rassure, au loin, l'époux.
Ah! le poète a-t-il pénétré cette épreuve?
A-t-il peint sur le vrai cette sorte de veuve ?
Je réclame le rôle où s'épanchent ses pleurs
Et j'aurai des accents à déchirer les cœurs.
FIRMIX.
Je jouerai le mari. Daus un regret austère. Il s'enferme au travail, abri du caractère.
Il fuit tous les pluisifs, partagés autrefois ;
Tous le» autres amours lui semblent faux et froids.
Sans chercher à ses torts une banale excuse,
S'il craint d'affreux périls, c'est lui seul qu'il accuse.
Il n'en a plus le droit, il est encor jaloux.
Mourir pour lui sauver l'honneur lui serait doux.
Mais quil la voie un jour, quel rayon de lumière !
Il la retrouve belle et couiageuse et fière ;
L'orgueil dont il souffrit, il en est enchanté,
Il ne lui voiulrait pas moins de sévérité.
Il voudrait... 11 se jette à ses pieds, il lui crie :
" Vi)}ez rhoiiime souffrant et la maison fk-trie :
" Ah ! j'aurais du courir, tomber à vos genoux 1
■ Je ne puis pas aimer d'autre femme que vous,
" Que toi! Pardonne-moi cette stupide ivresse,
" Je réparerai tout à force de tendresse !
" Nous reprendrons, avec une nouvelle ardeur,
•• L'amour dans sa jeunesse et l'art dans sa grandeur,
héi.èm:.
L'art ! Vous improvisiez !
A nous deux, chère Hélène, Nous nous emparerons, en maîtres, de la scène ; Nous la ferons frémir sous nos bonheurs constants. Nous la repeuplerons de héros palpitants; Un passé du tendresse et de succès nous lie. Vois le bel avenir qui nous réconcilie ! Nous revivrons dans l'art et l'amour désormais. Et nous ne cesserons de nous aimer.
(7/ lui tend les bras.) HÉLÈNK se jetant dans ses brus.
Jamais !