‹ La mouche ou La chrysomèle des patates (chrysomela decemlineata) [microforme]Chapitre 9 sur 13 · SEULES METHODES DE COMBATTRE LE FLEAU · texte numérisé non relu

SEULES METHODES DE COMBATTRE LE FLEAU

Les seuls moyens certains de combattre l'insecte, et ces moyens n'ont de complète réussite que lorsqu'ils sont employés avec persévérance et sans relâche, sont la cueillette suivie naturellement de destruction, pour l’insecte parfait, l’écrasement pour les œufs, et surtout l'usage de Varsénite de cuivre (vert de Paris), pour les larves, moyen dernier qui réussit seul et le seul qui soit complet. Sans doute qu'un moyen quelconque, en dehors de ceux-ci, qui aurait pour résultat de faire périr ou de tuer l'insecte à tous ses états et degrés de croissance, sans nuire à la plante, serait un moyen efficace, pourvu qu'il s’offrit encore dans des conditions de débours et de travail acceptables pour lagriculteur ; mais des essais innombrables de tout espèce imaginable de remèdes ont été faits, depuis plus de quinze ans, par des centaines de mille personnes, soumis au contrôle des savants et tentés dans la pratique en grand sans succès. En matière de pareille importance, n'est-il danc pas désolant de voir, après cela, la recommandation d'expédients souvent ridicules, de drogues de charlatans, trouver place, même dans des journaux d’agricuiture ? N'est-il pas pénible de voir la presse soulever, contre le seul remède reconnu efficace jusqu'à présent pour combattre un fléau qui, à distance, fait trembler l'Europe, des objections e: des préjugés cent fois combattus et réfutés, au lieu de chercher à précaniser les méthodes maintenant passées en pratique, sans conteste désormais, dans les régions où les mêmes objections et les memes préjugés ont dû, forcément, sous le dur fouet de la nécessité, céder à la raison des choses!

Avant d'aborder les détails de ce sujet, je vais citer quelques autorités américaines, où l’on trouvera résumées les conclusions de l'expérience de plusieurs annéeset les prescriptions de la science appliquée, prescriptions dont la mise à effet permet seuie aujourd'hui, aux Etats de l'Ouest, de cultiver la patate en quantités suffisantes, en qualité acceptable, et à un prix accessible aux populations,

# Pour conclure, dit M. Riley, alors que personne ne nie “ le danger que présente l'emploi san$ précautions du Vert ‘“ de Paris, alors que tous ceux qui en ont recommandé “ l'usage ont mis le public en garde contre ce dange: des ‘“imprudences, l'examen attentif des faits produits par l’'expérimentation technique vient à l'appui de l'expérience ‘en grand poursuivie pendant des années par les cultivateurs du pays, à savoir: qu'il n'y a aucun danger présent ou futur dans le prudent emploi de cette substance, étendue, soit à l’état de poudre soit à l’état de liquide, en la manière maintenant universellement recommandée. Il en est de ceci comme de beaucoup d'autres choses, l'usage sagement fait de ce poison a été et sera d’un immense avantage, l'abus qu'on en ferait serait mauvais. La signification du mot poison est relative ; la substance la plus décidemment poisonneuse à certaines doses est souvent inoffensive et même avantageusc à l'économie animale à doses plus petites... Je dirai donc aux cultivateurs de l'Est à qui certains écrits auraient pu causer quelqu'alarme et qui hésiteraient à faire usage du Vert de Paris : profitez de l'expérience acquise par vos frères * de l’ouest, et ne permettez pas à la vorace Doryphore de détruire vos patates, quand vous avez sous la main un remède aussi simple que peu coûteux.” (*)

Dans leur rapport au Commissire de l'agriculture d'Ontario, MM. Saunders et Reed, après avoir dit que leurs expériences, sur le Vert de Pas appliqué à la destruction de la mouche des patates, confirment l'opinion exprimée par les expertsdes Etats-Unis, et après en avoirrecommandé

- l'usage aux cultivateurs canadiens, disent : ‘“ Comme ce mé- “ Jange est poisonneux, il faut prendre certaines précautions “ dans l’usage qu'on en fait, éviter d’en aspirer la poussière, ‘avoir le soin de se laver les mains après les opérations ‘“ du mélange ou de l'emploi, tenir la substance en dehors “ de l'atteinte des enfants, et empécher les animaux de “ Sénétrer dans le champs soumis à son application. Avec “ ces précautions, il n'y a point de danger à appréhende: ; ‘“ le vert de Paris ne fait aucun tort aux feuilles à moins “d'y être mis en excès, et ne peut en a‘une marière affecter la patate elle-même. Nous faisons ces remarques parce que nous avons rencontré plusieurs personnes imbues de préjugés ridicules contre l’ernploi de cette

(*) ‘ Potato Pests,”” pages 74 et 75.

‘“ substance, imaginant que les patates peuvent en être ‘ affectées.” (*):

Un des principaux journaux d'agriculture des Etats- Unis, pubiié à la capitale de l'Etat de New-York, consacre chaque année, depuis plusieurs années, un espace important de ses colonnes à la question de la mouche des patates ; il réfute, en divers endroits, les arguments élevés contre l'usage " du vert de Pa is; il répond invariablement, à toutes les questions qui lui sont faites sur le sujet, en faveur de l'emploi de cette substance. Il ouvraït la campaghe de l'année 1876 par les mots suivants : “ Nous conseillons aux “ cultivateurs de tenir une provision de vert de Paris toute “ prête et de les (les insectes) combattre vigoureusement “du moment qu’on les verra commencer leurs dépréda- “tions.” (+)

Le Commissaire de l’agriculture de Washington, donnant compte des rendements des champs des diverses régions des Etats-Unis, pour 1876, a souvent, dans le cours de son rapport, des phrases comme celle-ci :—“ Patates ; — “ Bonne récolte où on a combattu la mouche (#e beetle) “avec le vert de Paris.”

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