‹ La mthode graphique dans les sciences exprimentales et principalement en physiologie et en mdecineChapitre 138 sur 284 · TRANSFORMATION DE I/KLECTRKUTK EN CHALEUR · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DE I/KLECTRKUTK EN CHALEUR

dante d'une certaine durée. Or, l'influence du refroidissemeul de l'appareil se fait sentir même pendant cette phase ascendante de la courbe, et l'empêche d'atteindre son véritable sommet : celui qui exprimerait la quantité totale d'électricité transformée en chaleur. On peut déterminer par le calcul ou par une construction graphique ce véritable sommet de la courbe, et vérifier la proportionnalité des ordonnées aux températures.

L'auteur de ces belles expériences pense que la quantité de chaleur est sensiblement proporlionnelle au carré du nombre des étincelles.

En employant des charges constantes appliquées à des batteries

Fis. 169. Courbes des écliautTements produits par une même cliarge, mais avec îles balleries de surfaces différentes.

formées d'un nombre variable de bouteilles, Mascart a obtenu In figure 169, qui montre que l'échauiïement est d'autant plus grand que la surface de la batterie est moindre (les n" d'ordre gravés

\Fig. 170. Réduction des courbes d'échauffements produites par une macliiiie Gramme tournant à des vitesses différentes.

sur chacune des courbes de cette figure expriment le nombre de bouteilles dont la batterie était formée). Cette méthode s'applique à la comparaison de différentes sources

d'électricité les unes aux autres. La figure 1"0 est formée par les courbes d'échauffement produites par le passage du courant d'une machine Gramme que l'on faisait tourner d'un mouvement plus ou moins rapide.

La période d'élévation de ces courbes présente un aspect différent de celui qu'on observe dans les figures précédentes, à cause de la longue durée de réchauffement sous l'influence d'un courant continu.

Inscription des tensions électriques mesurées au moyen tle l'électromëtre de Lippmann.

Lippmann a découvert une propriété remarquable de l'électricité, celle de modifier les phénomènes de capillarité et de changer la hauteur à laquelle s'élève un liquide à l'intérieur d'un tube capillaire. D'après cette propriété, ce savant a construit sous le nom d' électromètre capillaire un instrument dans lequel une petite colonne de mercure se déplace, dans un sens ou dans l'autre, suivant les augmentations ou les diminutions de la tension électrique à laquelle l'appareil est soumis. Quelques mots d'explication sont nécessaires relativement à la construction de cet électromètre.

Soit, figure 171, un long tube de verre vertical se terminant par une pointe effilée; nous faisons tremper cette pointe dans un vase de verre B, contenant de l'eau acidulée et au fond duquel est une goutte de mercure. Remplissons de mercure le long tube de l'instrument. Si la pointe effilée qui plonge dans le vase B est suffisamment fine, le mercure ne s'écoulera pas, même sous une forte charge, mais restera suspendu par la capillarité qui résiste à sa progression dans le tube effilé. Si nous mettons en communication, au moyen des fils métalliques a, b, le mercure du tube et celui du vase B avec une source d'électricité, nous verrons aussitôt changer, dans la pointe effilée, le niveau auquel s'arrête le mercure ; ce niveau se portera dans le sens où le courant tendrait à se produire.

Pour estimer ces variations, il faut se servir d'un microscope M, qui, dans l'appareil, est braqué en permanence sur l'extrémité de la colonne de mercure.

Lorsque, sous l'influence d'une difl'érence de tension électrique.

ÉLECTROMÉTRE DE LIPPMANN. 327

il s'est produit un certain déplacement du niveau capillaire, si, par exemple, ce niveau s'est élevé, c'est-à-dire a reculé du côté de la partie large du tube, il faut, pour le ramener à sa position primitive, exercer une pression plus forte sur la colonne de l'instrument : verser du mercure dans le tube jusqu'à une plus grande hauteur, ou bien comprimer de l'air au-dessus du mercure avec

Fig. 171. Èlectromètre de Lippmann.

une certaine force. C'est à ce moyen que Lippmann recourt de préférence. Une presse T, mue par une manivelle E, permet de comprimer l'air d'un réservoir de caoutchouc et de l'envoyer, d'un côté, au-dessus du mercure dans le grand tube; de l'autre, dans un manomètre H, qui en indique la pression.

On constate que, pour ramener à zéro la colonne capillaire déviée par une certaine tension électrique, il faut une pression proportionnelle à la tension compensée.

Pour bien déterminer la position du zéro de l'appareil, on a adapté au microscope un til de réticule, en face duquel on amène le sommet de la colonne capillaire quand l'appareil n'est soumis à aucune influence électrique. Quand la colonne est déplacée par une certaine tension électrique, le fil du réticule marque la position du zéro et permet de mesurer l'étendue de l'excursion.

On emploie parfois un appareil moins encombrant et portatif, dans lequel un réservoir à mercure, que l'on comprime au moyen d'une vis, remplace la haute colonne de la figure. Dans cet électromètre, la colonnecapillaire apparaît, transversalement dirigée dans le champ du microscope; le fil du réticule est, au. contraire, verticalement tendu, figure 172.

Deux sortes d'expériences peuvent être faites avec cet instrument : la mesure de ^'d^-TkttrrHre'airre^^^^^^ 1^ tcusiou statiquc de l'électricité dont un dans^ le champ du micro- corps est Chargé à uu momeut donné, et la constatation des changements que présenlera la tension électrique à des instants successifs.

Pour la première mesure, il suffit de mettre un instant l'appareil en contact, par l'un de ses fils avec la terre, et par l'autre avec le corps électrisé; aussitôt la colonne de mercure prend une déviation permanente qui traduit la valeur de la tension électrique. Dans les cas où il se produit des changements dans la tension électrique du corps observé, ces changements se traduisent par des déplacements de la colonne dont les excursions sont étendues ou bornées, lentes ou rapides, suivent les phases de la variation électrique elle-même.

C'est cette mobilité qu'il s'agit d'inscrire, car l'œil ne peut l'apprécier avec exactitude. La photographie m'a réussi pour ce genre d'inscription.

On sait, depuis les belles expériences de Matteucci et de du Bois- Reymond, que les muscles vivants sont doués d'un certain état électrique qui se modifie au moment où ils fonctionnent. Le galvanomètre obéit mal à ces variations, à cause de l'inertie de son aiguille ; mais l'électromètre, incomparablement plus mobile, en suit les moindres détails.

A l'oculaire du microscope, mettons une plaque de verre dépoli, nous y verrons une image réelle de la colonne de l'électromètre et

Page 1