‹ La mthode graphique dans les sciences exprimentales et principalement en physiologie et en mdecineChapitre 14 sur 284 · VV · texte numérisé non relu

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Fig. 14. Courbes représentant la théorie des courants inducteurs et induits de différents ordres avec leurs phases, leurs durées et leurs directions.

teur, on voit diminuer l'intensité des induits, tandis que leur nombre augmente.

Sans une pareille figure, il serait difficile de se représenter la direction des courants dans un circuit d'un ordre quelconque et de comprendre comment, par exemple, dans un circuit de troisième ordre, deux courants de même sens s'observent de deux en deux.

Statistiques graphiques de la mortalilé.

Les statistiques sur le mouvement de la population, suivi d'année en année, empruntent à la méthode graphiqu^e une clarté singulière. Les compagnies d'assurances usent de ces courbes pour exprimer la mortalité d'après laquelle se règlent leurs tarifs.

Enfin, certaines épidémies ont été réprésentées en courbes d'une manière saisissante. Tarbé publia, en 1833, la courbe du choléra qui avait sévi l'année précédente; sur cette courbe (fig. 15) on peut suivre, jour par jour, les ravages du fléau, son accroissement rapide, son déclin, sa recrudescence et enfin sa disparition, sans qu'une parole soit nécessaire pour en expliquer les détails. Cette courbe est assimilable aux courbes de vitesses dont nous avons

mars I avril 1 mai 1 juin I juillet 1 août sept.

Fig. 15. Statistique du choléra de 1832.

parlé ci-dessus (note de la page 26) ; les aires mesurées au planimètre donnent la mortalité totale pour la durée de l'épidémie.

S'il est encore quelques auteurs qui publient des statistiques sous forme de colonnes de chiffres, on doit constater cependant que le nombre de ces travaux incomplets diminue chaque jour, tandis que le trésor des statistiques graphiques s'acx:roît rapidement*.

1. Du reste les statistiques clliffrées contiennent tous les documents nécessaires pour construire des courbes; tôt ou tard les conclusions enfouies dans ces entassements de ciiiffres pourront ôlrc mises en lumière.

COURBES MÉTÉOROLOGIQUES

Conrbes météorologiques.

Les météorologistes qui notent sans cesse dans leurs observations l'état de la température, de la pression barométrique, de la pluie, du vent, etc., tracent des courbes qui leur permettent de suivre facilement et de comparer entre elles toutes les perturbations de l'atmosphère. Mais, comme presque toutes ces courbes sont tracées par des appareils, leur indication trouvera sa place dans une autre partie de ce travail.

Nous ne citerons ici qu'un exemple de courbes météorologiques; il est très-propre à faire voir que sans leur emploi on n'eût jamais saisi les relations que présentent entre eux certains phénomènes cosmiques, tandis que cesrelations jaillissent pour ainsi dire de la comparaison des courbes.

Il y a environ cinquante ans que Schwabe de Dessau, étudiant les taches du soleil, constata que ces taches présentaient périodiquement un maximum d'intensité. Le cycle qui ramène ces maxima des taches solaires dure onze années environ. D'autre part, sir E. Sabine constata que les perturbations du magnétisme terrestre ont aussi des maxima périodiques; enfin les aurores boréales qui se produisent aussi à certains intervalles avaient été considérées comme coïncidant avec les perturbations du magnétisme terrestre.

Elias Loomis * eut l'idée de comparer les changements diurnes' de la déclinaison magnétique avec la fréquence des aurores boréales, dont il avait reconnu la périodicité, et en même temps avec l'intensité des taches du soleiP. 11 a observé lui-même la déclinaison et les aurores boréales en se servant également des catalogues et des tables publiés par différents observateurs. Les documents relatifs aux taches solaires sont empruntés au docteur R. Wolff de Zurich."

L'auteur constate un parallélisme complet entre les courbes de ces trois phénomènes représentées figure 16.

1. Voir un article de M. Angot, in « Journal de Physique », théor. et applic, 1874 p. 101.

2. Pour estimer l'intensité relative des taches solaires par des courbes, on prend pour ordonnées des longueurs proportionnelles à la surface des taches que présente le soleil aux différentes époques d'observation.

On y remarque un retour périodique des maxima et des minima des trois courbes, période dont le retour est d'environ 11 années. Il est clair qu'un lien de commune origine doit présider à une pareille coïncidence dans les variations de ces trois phénomènes.

Tout récemment a paru un travail de M.Balfour Stewart sur le même sujet' ; l'auteur y passe en revue les principales hypothèses capables d'expliquer la coïncidence de ces variations périodiques. Il est probable que sur ce sujet se feront de grandes découvertes en astronomie et en météorologie; constatons seulement que ce champ nouveau ouvert à la science est dû à l'em-

Fig. 16. Tableau graphique des relations que présentent les variations périodiques des taches solaires (ligne T), des aurores boréales (ligne A), et de la déclinaison magnétique (ligne D).

ploi de la méthode graphique, seule capable de mettre en lumière les relations étranges dont nous venons de parler.

Partout où des variations se produisent, il est important d'en tracer la courbe, afin de savoir si quelque loi encore inconnue ne préside pas à leur retour. Les médecins peuvent, comme nous Talions voir, tirer un grand parti de la méthode graphique pour représenter la marche des maladies, c'est-à-dire la manière dont se succèdent et s'enchaînent les variations du pouls, de la respiration, de la température, etc., pendant les différentes phases d'une maladie.

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