‹ La mthode graphique dans les sciences exprimentales et principalement en physiologie et en mdecineChapitre 146 sur 284 · Voyez Travaux dv. laboratoire, 1875, p · texte numérisé non relu

Voyez Travaux dv. laboratoire, 1875, p

La vitesse d'une onde quelconque se déduit du temps qui s'écoule entre l'instant de son apparition sous le 1" explorateur et le moment où elle apparaît sous le second. Comme le début d'une onde se distingue moins facilement que le sommet, c'est de ce dernier point qu'on a mesuré les positions successives de l'onde. A cet effet, on abaisse une perpendiculaire du sommet de chaque onde 1 a, 2 a, etc., sur l'axe des abscisses et le tracé du chronographe.

La vitesse des ondes peut encore se mesurer d'après l'inclinaison d'une ligne qui joindrait entre elles les bases de chacune des perpendiculaires abaissées du sommet de la courbe sur l'abscisse de celle-ci. Dans le cas où cette vitesse serait uniforme, on aurait ainsi une ligne droite, ce qui n'a pas lieu dans la figure 182.

La longueur d'une onde se déduit de l'espace qui sépare les origines ou les sommets de deux ondes successives à un même instant. Comme les sommets des courbes sont plus faciles à saisir, nous les choisirons comme repères. 11 s'agit donc de mesurer la longueur de tube qui sépare le sommet de l'onde a de celui de l'onde b qui marche derrière elle. Dans le tracé n" III, le sommet 3 a de la première onde se trouve verticalement au-dessus du sommet b, du tracé n" 1. Ces deux sommets sont donc signalés au même instant par des explorateurs distants l'un de l'autre de 0™,40; l'intervalle des deux ondes qui suivent a donc 0"',40 de longueur. On constaterait de même que du sommet 5 a, au sommet 3 6, la même longueur existe aussi.

Le transport d'une ojule négative est représenté dans la tigure 183. Cette sorte d'onde, avons-nous dit, est obtenue en aspirant le liquide au moyeh de la pompe, au lieu de le pousser dans le tube.

Lé phénomène est entièrement inverse du précédent, mais se transporte de la même manière, suivant la longueur du tube.

Pour faciliter l'analyse de cette tigure on a donné la même signification aux lettres qui expriment les numéros d'ordre des ondes, et aux flèches qui en indiquent la direction.

J'ai varié les conditions de l'expérience de différentes manières en changeant l'épaisseur des tubes et leur calibre, la nature du liquide employé, le volume et les brusqueries des ondées lancées dans ces tubes; d'autres fois j'ai opéré en me servant de tubes branchés sur un conduit principal. 11 suffit de donner ici les conclusions de celle série d'expériences.

Fig. 183. Tniiisiiort d'une onde négative dans un lubi; clasln|ne

Conclusiuns. — 1" Lorsqu'un liquide pénètre avec vilessie et d'une manière intermittente dans un conduit élastique déjà plein, il se forme, dans la colonne liquide tout entière, des ondes positives qui se transportent avec une vitesse indépendante du mouvement de translation du liquide. Ces ondes semblent soumises aux lois générales des mouvements ondulatoires; des appareils spéciaux permettent de les étudier.

2° La vitesse de transport d'une onde est proportionnelle à la force élastique du tube; elle varie en raison inverse de la densité du liquide employé; elle diminue graduellement pendant le parcours de l'onde; elle croît avec la rapidité d'impulsion du liquide.

3" L'amplitude de l'onde est proportionnelle à la quantité de liquide qui pénètre dans le tube, et à la brusquerie de sa pénétration ; elle diminue peu à peu pendant le parcours de l'onde.

4" Quand un afflux de liquide dans le tube est bref et énergique, il peut se faire, sous l'influence de cette impulsion unique, une série d'ondes successives qui marchent les unes à la suite des autres. Ces ondes secondaires, formées suivant les lois du mouvement vibratoire, ont des amplitudes graduellement décroissantes; en outre, elles peuvent être suivies plus ou moins loin sur le trajet du tube : les dernières formées, étant les i)lus faibles, s'éteignent les premières.

5» Quand une onde est suivie d'ondes secondaires, on peut mesurer la distance à laquelle elles se suivent d'après l'intervalle qui sépare deux sommets consécutifs.

6" Si, au lieu d'introduire du liquide dans le tube, on en retire au contraire une petite quantité, il se forme une onde négative qui est soumise aux mêmes lois que l'onde positive, et peut être suivie d'ondes négatives secondaires.

7° Lorsque le tube dans lequel se forment les ondes est fermé, ou suffisamment rétréci à son extrémité, il se forme des ondes ré/ïéchies qui suivent un trajet rétrograde et reviennent à l'origine du tube. Ces ondes réfléchies se distinguent des ondes directes en ce que la compression du tube en aval du point exploré augmente l'intensité des ondes directes et supprime les ondes réfléchies. Au lieii où se fait la réflexion, l'amplitude des ondes augmente, ainsi qu'on l'observe à la surface d'un bassin, quand des ondes viennent en frapper les parois.

8» Si le liquide i)énèlrc ave*' une grande rapidité dans un tube ûparois jteu extensibles, on voit se foriner ce (ju'on j)Ourrait a|>-

peler des vibrations harmonujues ; elles soiil surajoulées aux oncles principales; leur nombre est un multiple de celui des ondes. Ces harmoniques n'apparaissent pas à l'orifice d'entrée du tube, mais seulement un peu plus loin, et disparaissent près de l'extrémité opposée.

9° Quand le liquide pénètre dans le tube, en grande quantité et pendant assez longtemps, son afflux prolongé s'oppose à l'oscillation rétrograde qui fait naître les ondes secondaires. Toutefois, celles-ci peuvent apparaître à une certaine distance de l'orifice d'entrée du tube.

10° Dans les tubes branchés, de calibres et d'épaisseurs semblables, il se fait un mélange très-compliqué d'ondes qui passent d'un tube dans l'autre. Mais, dans les conditions de la circulation du sang, l'aorte ne permet pas le passage des ondes d'une artère dans une autre. L'aorte a ses propres ondes qu'elle envoie dans toutes les artères où elles se transforment plus ou moins, mais elle éteint et absorbe, comme un réservoir élastique, les ondes que chaque artère lui apporte et ne les envoie point aux autres.

11° Quand de petits tubes de longueurs inégales sont branchés sur un tube plus gros, comme les artères le sont sur l'aorte, chacun de ces tubes est le siège d'ondes qui lui sont propres, qui se forment à son intérieur et dont la longueur varie avec celle du tube.

Partant des données expérimentales que j'avais obtenues, M. Résal a calculé les mouvements d'un fluide incompressible, dans un tuyau élastique, et est arrivé à cette formule :

La vitesse de propagation des ondes est égale à la racine carrée du produit du coefficient d'élasticité et de l'épaisseur du tuyau, divisé par celui du diamètre du tuyau et de la densité du liquide.

Inscription de l'onde ninsculaire.

L'inscription simultanée des gonflemenls d'un muscle, en différents points de sa longueur, a permis à iEby' de reconnaître l'existence d'une onde musculaire assez analogue à celle qui se produit dans le mouvement d'un liquide à l'intérieur d'un tube élastique. Il sera intéressant de rapprocher ces deux ordres de phénomènes, dont ja comparaison peut éclairer le mécanisme intime de la contraction des muscles.

J'ai répété en les simplifiant les expériences d'Jîby, et les résultats ont été les mêmes^que ceux qu'avait annoncés ce savant.

Quand l'onde apparaît dans le muscle, elle constitue une cause de raccourcissement. Pendant toute la durée du transport, le raccourcissement persiste, et quand, arrivant au bout de la fibre musculaire, l'onde s'évanouit, le raccourcissement disparaît avec elle.

Ces faits se rapprochent de ceux que le microscope révèle dans une fibre musculaire qu'on examine pendant qu'elle est encore vivante. Sur un insecte, qu'on prenne un faisceau de fibres musculaires (les pattes de coléoptèi-es se prêtent très-bien à ce genre d'étude) et qu'on le place sous l'objectif du microscope; on constate d'abord la belle striation transversale de ces fibres, et l'on aperçoit sur leur surface un mouvement ondulatoire, souvent alternatif, qui rappelle le mouvement des vagues à la surface de l'eau.

En examinant de plus près ce phénomène, on voit que les stries transversales de la fibre sont, en certains points, très-rapprochées les unes des autres, ce qui, dans la silhouette, se traduit par un gonflement de la fibre. C'est l'onde vue au microscope ; la condensation longitudinale dont le muscle est le siège en ce point lui donne une opacité plus grande que dans les autres régions (fîg. 184).

Cette onde opaque chemine le long de la fibre ; en d'autres termes, les points où la striation est serrée ne sont pas toujours les mêmes ; la condensation longitudinale disparaît en un endroit, tandis qu'elle se produit dans les parties contiguës.

1. Untersuchungcn ueber die Vorlpflanzungsgeschwindigke'd dcr Reizung in der quergestreiften Muskelfaser, Braunschweig, 1862.

ONDE MUSCULAIRE. ' 355 Puisque le raccourcissement du muscle s'accompagne de son gonflement dans le sens transversal, on peut étudier, d'après ce gonflement, les caractères du mouvement qui se produit dans un muscle. Nous avons réussi à enregistrer ces changements de diamètre du muscle comme on avait enregistré les cliangements de longueur. Dans ces conditions, on pouvait étudier l'action mus-

Fig. 184. Aspect de l'onde musculaire vue au microscope d'après JEby.

culaire sur l'homme lui-même, car il n'est plus besoin de mutilation.

Qu'on suppose un muscle serré entre les mors aplatis d'une pince ; à chacun de ses gonflements, le muscle écartera les mors, et ce mouvement pourra être enregistré.

Cette méthode permet d'étudier le phénomène de l'onde musculaire et la vitesse avec laquelle se fait son transport sur toute la longueur du muscle.

La figure 185 montre un faisceau musculaire saisi en deux points de sa longueur entre les mors des pinces myographiques 1, 2. Ces instruments sont faits de telle sorte que, si leurs mors sont écartés, le mouvement comprime une sorte de petit tambour qui, par un tube en caoutchouc, envoie une partie de l'air qu'il renfermait dans un autre petit tambour semblable. La figure 185 représente deux de ces instruments montés sur un pied. Le gonflement de la membrane soulève un levier enregistreur et donne ainsi le signal du gonflement du muscle au point oii il est comprime par la pince n" 1. Le mouvement se traduit sur le tracé par une courbe analogue à celles que nous avons déjà vues précédemment.

Supposons qu'on excite électriquement le muscle au niveau de la première pince, on a le signal de la formation de l'onde à cet endroit du muscle, mais la pince n" 2 ne donne pas encore le signal. Pour qu'elle fonctionne, il faut que l'onde, dans son transport le long du muscle, soit arrivée jusqu'à elle ; à ce moment, elle donne à son tour son signal, et l'on voit, sur le tracé, que le deuxième mouvement retarde sur le premier d'un certain espace que l'on peut évaluer en temps, d'après la vitesse connue de la rotation du cylindre.

356 INSCRIPTIONS MULTIPLETS.

Les influences qui modifient l'intensité et la durée de la secousse musculaire nous ont paru modifier l'intensité et la vitesse

Fig. 183. Passages de l'onde musculaire explorés au moyen de deux pinces myogi'apliitiucs.

de propagation de l'onde ; ainsi les deux courbes inférieures représentées sur la figure 186 montrent que le transport de l'onde est ralenti par le froid.

L'expérience a été faite sur les muscles de la cuisse d'un lapin

Fig. I8G. Tracés du passage de l'onde musculaiie.

Les pinces étaient placées aussi loin que possible l'une de l'autre : à ,7 centimètres environ, l'excitation électrique est appliquée à Vexlrémité inférieure du muscle. On obtient les deux courbes suiiérieures de la figure 186, L'intervalle qui sépare ces courbes mesure

CARDIOGRAPHIE. 357 la durée du transport de l'onde musculaire. Après avoir refroidi le muscle avec de la glace on obtint les courbes placées au bas de la figure. On voit que le transport de l'onde est ralenti, car il y a plus d'intervalle entre ces courbes qu'entre les premières.

Cardiographie physiologique.

Ces expériences avaient pour but de fixer la pbysiologie et la médecine sur la succession véritable des différents actes d'une révolution cardiaque, et particulièrement sur la signification du choc du cœur. La plupart des auteurs admettaient, avec Harvey, que le cœur bat au moment de la systole ventriculaire, mais

Fig. 187. Dispositions des appareils pour la cardiograpluo physiologique.

l'idée opposée avait ses adhérents ; enfin, un nombre considérable de théories avaient régné ou régnaient encore à cet égard.

C'est avec le concours de mon collègue et ami Chauveau que ces expériences furent faites en 1861. Le plan consistait à inscrire simultanément la pression du sang dans l'oreillette et dans le ventricule, en même temps qu'on enregistrerait la pulsation cardiaque. La superposition des tracés de ces différents actes devait trancher la question litigieuse.

En effet, il est clair que le moment où se fait la systole des ventricules doit être reconnaissable par la haute pression que supporte alors l'ampoule manométrique plongée dans ces cavités. Il restait donc à savoir si le choc du cœur coïncidait ou non avec le moment de la systole des ventricules.

Les trois leviers représentés dans la figure 187 devaient inscrire : le premier, lo, la pression du sang dans l'oreillette droite d'un cheval ; le second, Iv, la pression dans le ventricule droit ; le troisième levier, le, devait tracer la pulsation du cœur contre les parois thoraciques.

Les extrémités de ces trois leviers, exactement superposées les unes aux autres, traçaient en même temps, sur une bande de papier conduite par le mouvement d'horlogerie H.

A chacun des trois tambours à levier se rendait un tube mis en communication avec une ampoule manométrique.

Les deux ampoules qui devaient explorer la pression du sang dans les cavités du cœur di'oit étaient réûnies en un seul instrument que nous avons nommé sonde cardiaque droite et qui s'introduisait par une veine jugulaire jusque dans les cavités droites du cœur.

La sonde cardiaque droite représentée figure 188 est une sorte de sonde à double courant qui porte l'ampoule du ventricule V et celle de l'oreillette 0. Ces deux ampoules sont formées d'un tube de caoutchouc soutenu par une carcasse de fil d'acier qui l'em-

Fig. 188. Sonde cardiaque droite avec les détails de sa structure.

pêche de s'affaisser entièrement sous la pression du sang, tout en lui permettant de changer légèrement de volume sous l'influence des variations de cette pression. Des tubes séparés mettent chacune de ces ampoules en communication avec les appareils

CARDIOGRAPHIE. 359 inscripleurs. On peut voir sur la coupe de la sonde cardiaque droite les détails de sa construction. L'ampoule V, destinée au ventricule droit, communique par son tube TV avec le levier Iv (fig. 187). L'ampoule 0, destinée à l'oreillette, communique par le conduit extérieur avec le tube TO et le levier lo- La sonde s'introduit par la veine jugulaire du cheval J (fig. 189), jusque dans les cavités du cœur droit. La longueur qui sépare les ampoules Y et 0 est telle, que, lorsque V est dans le ventricule, 0 occupe l'oreillette. Il suffit donc, pour ari'iver à une bonne position des ampoules, de les enfoncer par la veine jugulaire jusqu'à ce qu'on éprouve une résistance absolue due au contact de l'ampoule Y avec le fond du ventricule droit.

La figure 189, qui représente le cœur du cheval, vu par sa face

Fig. 189. Positions occupées par les ampoules de la sonde cardiaque droite dans le cœur du clieval, elles sont marquées par de petites croix.

droite, montre la position précise de ces deux ampoules. Cette position est indiquée par deux petites croix.

L'ampoule initiale, destinée à transmettre la pulsation cardiaque au levier sphygmographique qui l'enregistrera, est à peu

près semblable à celle que porte la sonde cardiaque. Placée

à l'extrémité du tube te, elle est représentée en c (fig. 187).

CARDIOGRAPHIE. 361

Cette ampoule, pour être mise en place, nécessite une incision de la peau et un décollement des muscles intercostaux internes et externes dans l'intervalle desquels elle doit être enfermée. On peut indifféremment la placer à droite ou à gauche, pourvu que l'on choisisse le quatrième espace intercostal au niveau duquel la masse ventriculaire n'est pas recouverte par le poumon.

Dans la figure 189, le chiffre 4 (quatrième espace intercostal) indique le point où l'ampoule doit être appliquée.

La figure 190 représente les tracés de l'oreillette droite (n° 1), du ventricule droit (n° 2) et de la pulsation cardiaque (n° 3) pris simultanément pendant quatre révolutions complètes du cœur. Une échelle permet de mesurer, en fractions de seconde, la durée des moindres mouvements de l'organe. La figure se lit de gauche à droite; à mesure que les ondulations de ces tracés sont expliquées, elles sont marquées au trait plein, au lieu de l'être au trait ponctué. .

l" révolution. Deux lignes verticales a, b indiquent le déhut de la systole auriculaire o et de celui de la systole ventriculaire v. Prolongées sur le tracé inférieur, ces lignes montrent que la contraction de l'oreillette précède le choc du cœur, et que celui-ci commence avec la contraction du ventricule.

2'' révolution. On y voit la durée et la forme des systoles auriculaire et ventriculaire et delà pulsation cardiaque, ainsi que le mode de réplétion des cavités du cœur pendant leur pério(Je de relâchement. La systole de l'oreillette n'a qu'une durée trèsminime; presque instantanée, elle finit en o', au moment même où elle arrive à son maximum, et avant que le choc débute. La systole du ventricule a une durée beaucoup plus longue. Arrivée à son summum, en v\ la pression qu'elle développe se maintient à peu près au même degré jusqu'au relâchement. La pulsation cardiaque p^e'sen^e exactement la même durée que la syslole ventriculaire, preuve que ce sont deux phénomènes connexes. La forme toutefois est un peu difierente, car la courbe delà pulsation, à partir du moment où elle est arrivée à son maximum, en c', subit un abaissement continu jusqu'au moment où survient le relâchement vcntriculair»; cet effet est le résultat de la déplétion graduelle du ventricule en contraction. Un effet inverse se produit pendant la période de relâchement du cœur: l'ascension graduelle des trois courbes qui se manifeste alors indique la réplétion progressive des cavités cardiaques par l'afflux du sangqui revient des

veines. Une petite ondulation ff, placée à l'extrémité de cette ligne de réplétion diastolique, exprime, dans la courbe ventriculaire et dans la courbe de la pulsation, la contraction de l'oreillette.

3^ révolution. Elle montre l'effet des mouvements valvulaires dans les tracés. La valvule auriculo-ventriculaire, au moment oîi elle est fermée, éprouve des oscillations qui se traduisent par de petites ondulations, en /idans le tracé de l'oreillette, en h' dans le tracé du ventricule, en h" dans le tracé du choc. Une petite ondulation analogue i i' i" est produite, dans les tracés, par le claquement des valvules sigmoïdes.

4" révolution. Tous les mouvements du cœur s'y trouvent marqués au trait plein, c'est-à-dire qu'ils sont tous précédemment décrits et expliqués.

La disposition ci-dessus indiquée du cardiographe avait surtout pour objet d'établir expérimentalement la théorie du cœur, c'est-àdire de fixer la succession réelle des trois phénomène^ principaux dont nous avons parlé. Mais il fallait prouver, en outre, que les deux ventricules exécutent leurs mouvements systoliques et diastoliques d'une manière parfaitement synchrone.

A cet effet, nous construisîmes une autre sonde qui devait être placée dans le ventricule gauche et signaler la concordance ou l'alternance des mouvements de ce ventricule avec les mouvements indiqués par l'appareil pour les cavités droites.

La sonde cardiaque gauche est représentée figure 191.

Son ampoule a, un peu plus résistante que celle de la sonde droite.

Fig-. 191. Sonde cardiaque pour le vciUricule gauclie.

puisqu'elleMoit subir un effort plus énergique, est montée sur un tube de cuivre a f. Ce tube s'adapte en g au tube de caoutchouc qui se rend à l'appareil sphygmographia[ue. C'est par la carotide de l'animal qu'on introduit cette sonde; on l'enfonce doucement jusqu'à la rencontre des valvules sigmoïdes de l'aorte, et profitant du moment d'une systole ventriculaire où ces valvules sont ouvertes, on la pousse vivement dans le ventricule. Pour se diriger

CARDIOGRAPHIE. 363 dans l'introduction de cette sonde, il faut savoir de quel côté est orientée l'ampoule qui fait, avec l'axe du tube métallique, un angle de 135» environ. A cet effet, une tige c, servant de repère, est implantée perpendiculairement à la direction du tube et tournée du même côté que l'ampoule dont elle permet de connaître la direction dans l'aorte du cheval.

Rapports des systoles de cavités droites et gaiiehes.

En enregistrant les mouvements du ventricule gauche avec ceux de l'oreillette et du ventricule droits fournis par la sonde cardiaque droite, on obtient la figure 192, qui montre le parfait synchronisme du mouvement des deux ventricules. Toutefois, une différence doit être signalée dans la forme de ces deux mouvements. Le maximum

j Or.D,

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Fig. 192. Tracé de l'oreillette droite, du ventricule droit et du ventricule gauche.

de l'effort développé par la contraction correspond au début du mouvement, en m, dans le ventricule droit, et se manifeste à la fin, en m', dans le tr^icé du ventricule gauche. Ajoutons que le claquement des valvules sigmoïdes v v' est plus accentué à gauche qu'à droite, ce qui est dû à ce que la pression aortique est plus forte que la pression de l'artère pulmonaire.

Rapports de la systole ventrictilaire avec la pulsation aortique.

Ligne n" 1. Une sonde placée dans le ventricule gauche donne le tracé de deux révolutions du cœur. Au point a, cette sonde est retirée dans l'aorte; elle donne alors la forme de deux pulsations aortiques (une ligne ponctuée indique la forme qu'aurait le tracé si la sonde était restée dans le ventricule à partir du point a).

Fip. 193. Courbe n" 1. Pression dans le ventricule gauche d'un cheval ; à l'instant a on retire la sonde dans l'aorte. — Ligne 2, pression du sang dans l'aorte.

Cette courbe montre que de b en c, c'est-à-dire'pendant la systole ventricHlaire, la pression présente à peu près les mômes caractères dans le ventricule et dans l'aorte qui, à ce moment, communiquent largement l'un avec l'autre.

Ligne n" 2. Une autre sonde, placée à demeure dans l'aorte, montre que la pulsation aortique ne se produit qu'à un certain moment de la contraction ventriculaire : lorsque la pression du sang dans le ventricule est devenue assez forte pour soulever les valvules sigmoïdes. Le premier effet de la systole ventriculaire ne produit qu'un ébranlement de ces valvules, ce qui se Iraduit par la petite ondulation b'.

Dans les deux tracés, les ondulations c et c' correspondent à la

CARDIOGRAPHIE. 365 clôture des valvules sigmoïdes. La ligne descendante qui suit exprime l'abaissement de la pression dans l'aorte par suite de l'écoulement du sang entre deux afflux consécutifs.

Évaluation inanomélriqiie de l'elTort développé par les différentes cavités du cœur.

Le cardiographe indique, d'après la hauteur croissante ou décroissante des courbes qu'il trace, l'énergie plus ou moins grande des systoles des oreillettes ou des ventricules; mais ce ne sont là que des indications relatives dont on ne saurait rapporter la valeur à une commune mesure. Le manomètre à mercure, au contraire, fournit immédiatement la valeur réelle des pressions qu'il signale; mais nous avons vu que cet appareil, très-bon pour indiquer les pressions constantes, ne saurait signaler fidèlement des pressions qui éprouvent des variations brusques. En effet, la colonne de mercure de l'instrument, mise en mouvement par un brusque changement de pression, prend une vitesse acquise en vertu de laquelle son niveau ne s'arrête pas au maximum ni au minimum réel de la pression qu'elle devrait signaler, mais les dépasse tous les deux. Cet effet est produit par l'inertie du mercure ; il serait moindre pour des manomètres construits avec des liquides moins denses ; il est sensiblement nul pour les appareils dans lesquels les pièces mises en mouvement par les changements de la pression n'ont que très-peu de masse; le cardiographe est précisément dans ces conditions.

11 s'agit donc de mesurer, avec le manomètre à mercure, la valeur des différentes pressions que le cardiographe exprime par des hauteurs plus ou moins grandes de la courbe enregistrée. En un mot, il faut graduer les indications du cardiographe en prenant pour étalon le manomètre à mercure. (Voir Technique, chap.viii.)

Lorsqu'on a construit l'échelle des indications du cardiographe, on détermine aisément lâ valeur absolue des pressions à tout instant, dans les ditïérentes cavités du cœur. Dans nos mesures nous avons trouvé avec Chauveau des valeurs très-variées; ainsi dans un cas les maxima de la pi-ession étaient les suivants :

Oi'eillclte droite. . .

Ventricule droit. .

Ventricule gauclie,

Sur un autre animal, nous avons obtenu les valeurs suivantes :

Ventricule droit 30""° *

Ventricule gauche 95

Chez un vieux cheval, l'écart était énorme entre les maxima de pression des deux ventricules :

Ventricule droit 19"""

Ventricule gauche. .. : 140

De la pression dans les différentes cavités splanchniques; expériences de Lnciani.

Une série de manomètres inscripteurs du modèle de Fick étant disposés pour tracer sur un même cylindre, Luciani conduit à chacun de ces instruments la pression prise dans une des cavités splanchniques : thorax, abdomen. Un tube explore la pression latérale de l'air dans la trachée par la méthode de Hering et Breuer ^ D'autre part, on fait respirer l'animal dans un vase de grande capacité où l'on explore la pression avec un manomètre inscripteurs

Enfin, deux prises de pression sont établies, l'une dans l'œsophage, l'autre dans la vessie ou le rectum, pour fournir la valeur des pressions intra-thoracique et intra-abdominale. Cette disposition qui permet d'agir sans mutiler l'animal semble destinée à fournir d'importants résultats. C'est une sorte de sonde manométrique analogue à celles de la Cardiographie physiologique que l'on introduit dans l'œsophage ou dans le x^ectum. La pression agit alors d'une manière médiate, suivant l'expression de l'auteur, soit pour dilater, soit pour comprimer l'ampoule de cette sonde.

Les résultais obtenus par Luciani diffèrent sensiblement de ceux que j'ai obtenus moi-même dans des conditions assez analogues, et je ne serais pas éloigné de croire que dans la dis-

1. Tube bifurqué; une branche s'ouvre à l'air libre, l'autre se rend à un manomètre de Fick ou à un tambour à levier. (Hering et Breuer, Wiener Sitzungsberichte 1868-69.)

2. J'ai employé le même procédé, en 1 865, pour rechercher la concordance entre les mouvements respiratoires et ceux de l'air. [Pneumographie, in Journal de l'Anat. et de la Phys. de Robin, 1865.)

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