TEMPÉRATURE ANIMALE
position môme des appareils s'est glissée quelque cause d'erreur.
Ainsi, tandis que j'ai toujours obtenu une concordance parfaite entre les mouvements du thorax et ceux de l'air respiré, Luciani trouve un retard des mouvements de l'air sur ceux de la respiration ; d'autre part, tandis que j'observais dans mes expériences une alternance entre les variations de la pression thoracique et celles de la pression abdominale, l'auteur n'observe cette alternance que dans des cas particuliers. Il ne faut pas oublier que la disposition des appareils manométriques influe beaucoup sur le plus ou moins de rapidité de leurs indications et que souvent, dans la transmission même des pressions, il existe des causes de retard qu'on ne saurait négliger.
Inscription simultanée des températures recueillies en diOTérents lieux.
Ce problème, les météorologistes ont à chaque instant à le résoudre. Tantôt il leur importe de connaître la température au niveau du sol et de la comparera celle qui. existe à une certaine altitude; d'autres fois, c'est à une certaine profondeur qu'on explore la température ; ailleurs, c'est au soleil ou à l'ombre qu'on l'évalue. Dans tous ces cas on doit ramener, s'il est possible, à un même appareil inscripteur, les tracés de ces différentes températures; les thermomètres à transmission se prêtent fort bien à cette inscription simultanée.
On a vu, page 313, que la température du thermomètre sec comparée à celle du thermomètre humide permet d'évaluer approximativement l'intensité des effets de l'évaporation ; cette intensité est proportionnelle à l'écart des deux températures inscrites.
L'actinomèlre consiste en deux thermomètres; dans l'un la boule est nue, et dans l'autre elle est couverte de noir de fumée.
Iiiscription simultanée de la température en plusieurs points de l'organisme.
La température animale varie, en chaque point de l'organisme, sous un grand nombre d'influences diverses. Dans les régions superficielles elle varie beaucoup, dans les régions-profondes, trèspeu; on a même pu croire à la fixité de la température centrale. Nous allons montrer que l'intérêt dominant de l'inscription de la température animale est de nous faire savoir si la variation est de même sens ou de sens inverse dans les régions profondes ou à la surface du corps; c'est donc par l'inscription simultanée qu'on arrivera le mieux à ces constatations.
La source de la chaleur animale est encore mal connue, mais ce que l'on sait i)ien, c'est que cette chaleur se communique au sang et circule avec lui dans toutes les parties du corps. Quand on soustrait un membre à la circulation en liant son artère principale, on voit bientôt le membre se refroidir à des degrés divers, suivant l'état de la température ambiante; qu'on enlève la ligature, et le membre se réchauffe aussitôt par la chaleur du sang qui lui arrive.
Ces variations exagérées de la température que l'on provoque dans un membre où l'on supprime et rétablit tour à tour le cours du sang se produisent avec une intensité moindre, mais d'une manière aussi constante quand on se borne à modifier la vitesse de la circulation dans un membre. Une compression incomplète de l'artère du bras, en ralentissant le cours du sang, refroidit le membre supérieur. L'élévation du bras produit le même effet en neutralisant par l'action de la pesanteur une partie de la pression qui fait circuler le sang dans l'artère.
Cl. Bernard a montré que l'action de certains nerfs, qu'on nomme vaso-moteurs^ entrave ou facilite la circulation dans les organes en en l'esserrant les vaisseaux ou en les faisant relâcher. A l'état normal, sous l'influence de ces nerfs, la circulation des organes change continuellement de vitesse et fait varier conséquemment la température tantôt en une région limitée, tantôt dans une grande partie de l'organisme.
Mais la rapidité plus ou moins grande de la circulation n'est pas la seule condition nécessaire pour que la température d'un
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organe s'élève ou s'abaisse; il faut que cet organe soit soumis, d'autre part, à des influences de déperdition de chaleur. Cette condition n'existe que pour les régions superficielles du corps, et surtout pour celles qui sont nues et présentent une grande surface exposée à la température ambiante. J. Hunter, dans ses recherches sur l'inflammation, a vu que la rougeur des tissus ne s'accompagne d'échauffement que pour les parties superficielles du corps, celles qui, normalement, sont moins chaudes que le sang, et qu'un courant sanguin rapide peut réchauffer. Mais les parties profondes peuvent être le siège d'une circulation rapide ou lente sans que leur température varie, car, normalement soustraites aux causes de refroidissement, elles ont pour température celle du sang luimême.
D'autre part, Cl. Bernard a vu que.si l'on coupe le nerf grand sympathique au cou d'un lapin, l'oreille, privée de ses nerfs vasculaires, rougit et prend une température plus élevée que celle du côté opposé. Or, l'écart entre les températures des deux oreilles est d'autant plus grand que la température ambiante est plus basse. Quand on place l'animal opéré dans une éluve portée à la température du sang, leg deux oreilles prennent les mômes températures, parce qu'alors le sang, quelle que soit là rapidité de sa circulation, ne peut réchauffer un organe déjà aussi chaud que lui.
Si nous considérons le rôle des nerfs vasculaires par rap|jort à la température locale et par rapport à la température générale, nous serons conduits à admettre que ce rôle est inverse, que toutes les fois que le cours du sang, plus rapide en une région, vient y élpver la température, cet échauff'ement doit s'accompagner d'un abaissement de la température centrale. En effet, c'est à la chaleur du sang qu'est dû le réchauffement de la région exposée aux influences extérieures de refroidissement.
Enfin, si nous admettons que la production de chaleur au sein de l'organisme soit continuelle, il s'ensuivrait que réchauffement du sang serait indéfiniment croissant si les causes de refroidissement qui agissent à la surface du corps n'intervenaient pour limiter cette élévation de la température. La circulation favorise beaucoup cette déperdition en amenant continuellement aux régions superficielles du corps du sang échauffé qui vient s'y refroidir.
Or, on peut démontrer que la vitesse de la circulation, réglée
par les influences nerveuses, change sous l'influence de la chaleur du sang lui-même, de telle sorte que l'action des nerfs vasculaires constitue le régulateur de la température animale. Mais, pour bien faire comprendre le mécanisme un peu compliqué de cette fonction régulatrice, il faut réduire le phénomène à des conditions plus simples. Le schéma suivant me paraît propre à expliquer le mécanisme de cette régulation de chaleur.
Le trajet circulaire du sang est représenté figure 194 par un tube refermé sur lui-même, véritable thermo-siphon dans lequel le courant du liquide se fera toujours dans le même sens. Une source de chaleur, un bec de gaz, échaufle continuellement l'eau dans une partie déclive de l'appareil et le liquide échauffé s'élève, tandis que du liquide ' froid vient constamment le remplacer et se soumettre à un nouvel échauffement.
La partie inférieure du circuit est enfermée dans une caisse où elle est à l'abri de toute influence de l'air ambiant qui tendrait à la refroidir; l'au- ' tre partie R, située en dehors de la caisse, est seule exposée au refroidissement.
Enfin, un robinet situé sur le trajet du tube permet d'y régler la vitesse du courant de liquide, tandis que deux thermomètres placés en t ^ et t'^ permettent de connaître à tout instant l'état de la température dans les deux points du circuit, celui où le refroidissement se produit et celui qui est à l'abri du i-efroidissement.
Cet appareil va nous montrer comment les deux températures varient l'une par rapport à l'autre dans toutes les conditions pos- ' sibles : suivant qu'on fait varier l'intensité du refroidissement, celle de la source de chaleur ou la vitesse du mouvement du liquide au moyen du robinet. Au moment où l'on fait agir la source de chaleur sur l'appareil supposé plein d'eau froide, réchauffement se fait d'une manière graduelle, le mouvement du liquide commence, s'accélère et porte la chaleur en plus grande abondance au point R, où elle se perd par refroidissement. A un moment donné, la température cessera de s'élever; la déperdition sera
Fig.