‹ La mthode graphique dans les sciences exprimentales et principalement en physiologie et en mdecineChapitre 171 sur 284 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Représentation graptiique des pliénomènes météorologiques; emploi des courbes d'égal élément, concurremment avec les coordonnées rectangulaires. — Courbes des directions du vent ramenées au système des coordonnées rectangulaires. — Courbes exprimant les variations de niveau des fleuves et des lacs. — Expression graphique du mouvement des pieds dans la locomotion du cheval à diverses allures.

Les météorologistes ont compris des premiers l'importance des représentations graphiques pour exposer et mettre en lumière les résultats si complexes de leurs observations. En France, c'était presque toujours à des moyennes diurnes que se rapportaient les tableaux des variations de la température. Notant d'heure en heure les indications du thermomètre, puis divisant le total par le nombre des observations, les météorologistes établissaient la moyenne de chaque jour. Tout en donnant une grande impulsion à l'emploi des appareils inscripteurs, Marié-Davy a conservé cet emploi des moyennes, qui prend d'autant plus d'intérêt qu'on opère sur un plus grand nombre d'observations. Thermomètre, baromètre, hygroinètre , actinomètre, boussole de déclinaison furent observés de cette manière, et l'on consigna dans les registres le résultat des observatiohs.

Pour exposer ces résultats dans leur ensemble, trois méthodes

se présentaient. Ainsi, pour les variations horaires aux différents mois de l'année, on pouvait employer les tableaux numériques à double entrée, du genre de celui que nous avons indiqué page 98. D'autre part, on pouvait tracer les douze courbes des variations lioraires moyennes du phénomène construites pour chaque mois ; enfin on pouvait employer des courbes d'égal élément semblables à celles que Lalanne a imaginées pour les températures et les hauteurs des marées. VAnnuaire météorologique de Montsouris pour 1878 contient ces trois modes de représentation pour chaque ordre de phénomène, de sorte que le lecteur peut juger par luimême quel est le genre d'expression qui lui fait le mieux comprendre le sens des variations.

Les figures 222 et 223, empruntées à VAnnuaire météorologique, montrent deux expressions d'un même phénomène, les variations horaires moyennes de la hauteur barométrique aux différents mois de l'année. On trouvera peut-être la figure 222 plus claire et plus facile à comprendre, mais elle est assurément beaucoup moins explicite que la figure 223, qui fait mieux ressortir les relations des différentes phases. Une ligne ponctuée M trace les positions des maxima de pression barométrique; m correspond aux minima.

Dans les figures 224 et 225 sont représentées, sous les deux mêmes formes que ci-dessus, les variations horaires de la déclinaison magnétique aux difféi^enls mois de l'année. Les mêmes réflexions s'appliquent à la valeur relative de ces deux courbes.

Enfin, il y a un grand intérêt à rassembler sous le regard les courbes du plus grand nombre possible d'éléments météorologiques. L'annuaire de Montsouris en a groupé un très-grand nombre dans les figures 226 et 227. La première de ces figures exprime la pluie, la pression barométrique, la température de l'air à l'ombre et l'actinomètre. La seconde figure montre la direction et la vitesse du vent, la tension de la vapeur, le degré hygrométrique, la vitesse de l'évaporation, la proportion de l'ozone et le degré de nébulosité.

Dans les courbes de la pluie, chaque interligne correspond à un millimètre d'eau tombée.

Pour les courbes barométriques, l'interligne exprime une variation d'un millimètre de mercuz^e. (La courbe est teintée dans la partie qui correspond à une pression au-dessous de la normale à Montsouris : 755.) La pression est prise à midi.

COURBES MÉTÉOROLOGIQUES

COURBES MÉTÉOROLOGIQUES

La température comprend quatre courbes : la première, pleine, correspond à la moyenne de 60 années; la seconde ligne pleine correspond aux températures moyennes diurnes de l'année courante. Enfin, les lignes poncluées expriment les minima. (C'est à la moyenne des 60 années, prise comme base, qu'on rapporte les variations de la moyenne de l'année ; tout ce qui , dans cette courbe, est au-dessous de la moyenne, a été teinté de hachures.)

Sous le nom à.' actinomètr esoni tracées des courbes où chaque intervalle correspond à 5 degrés rapportés à la constante solaire, 100.

La direction du vent, YO, est pointée sur une série d'interlignes parallèles. Le plus élevé correspond au vent du N; le plus bas au vent du S. Quand le vent est franc N ou S, il est marqué par un cercle vide à l'intérieur. Si le vent incline à l'ouest, "W, il est marqué par un petit cercle noir; s'il incline à l'est, E, il est marqué par une oroix. La hauteur à laquelle le signe est placé indique donc si le vent est au N ou au S; la nature du signe, si le vent incline à l'W ou à l'E.

La vitesse du vent, VV, est marquée au-dessous à raison d'un interligne par 10 kilomètres parcourus par le vent pendant une heure.

La tension de vapeur, TV, est marquée à raison d'un interligne par millimètre.

Le degré hygrométrique, EH, est exprimé en centièmes, un interligne correspondant à 10 centièmes de saturation.

La tranche d'eau évaporée, ÉV, est, comme la pluie, complée ù raison d'un millimètre par interligne.

Pour V ozone, OZ, l'échelle est d'un milligramme d'ozone par interligne.

La nébiilosité, NÉ, est marquée de 0 à 10 èt par demi-interligne.

Courbes des directions du vent ramenées au sj'Stème des coordonnées orthogonales.

Dans les courbes qui viennent d'être exposées, celles de la direction des vents s'écarte seule du type général ; il n'y a plus là que des indications discontinues et par conséquent moins parfaites. Il serait facile de ramener ces indications au système général. On conserverait la môme expression des différentes aires du vent sous forme de quatre zones; mais, au lieu de n'exprimer que certains

COUBBES MÉTÉOROLOGIQUES. 433

points, au nombre de huit dans cette échelle, on les marquerait tous dans une courbe continue.

Il est vrai que l'insuffisance de la courbe par points tient à l'insuffisance même de l'appareil anémographe, qui ne fournit que les huit indications consignées sur les figures. Mais rien ne serait plus facile à exécuter qu'un anémographe traçant de lui-même la courbe continue des directions du vent.

Un cylindre, solidaire de l'axe d'une girouette et tournant comme elle, présenterait les différents points de sa circonférence à un

Minuit 1 II m IV V \n vil \n] a X XI r/iidi i a m w v vi vu mu k x xiMin.

Fig. i-'S. Variations horaires de la direction du vent ramenées au sysième des coordonnées orthogonales.

style traceur qui se mouverait de haut en bas avec une vitesse régulière, de façon que le style passât, à chaque heure, en face de la division qui porte le chiffre correspondant.

Je serais étonné que cette disposition ne fût pas réalisée déjà dans quelque observatoire de météorologie. Il est à croire que ces tracés présenteraient parfois une certaine confusion, dans les cas où la direction du vent changerait d'une manière très-fréquente; mais dans les expériences de courte durée, où l'on pourrait donner au style une plus grande vitesse, cet inconvénient disparaîtrait.

Courbes exprimant les -variations du niveau des fleuves.

Les phénomènes métécologiques dont nous venons de parler relenlissent d'une manié e plus ou moins immédiate sur le cours des eaux dans les fleuves et leurs affluents, ainsi que sur le niveau des lacs. En traduisant par des courbes ces variations de niveau,

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