‹ La mthode graphique dans les sciences exprimentales et principalement en physiologie et en mdecineChapitre 189 sur 284 · PEROT · texte numérisé non relu

PEROT

Fis-'.242. Deux chronograpi es en viljration sous l'influence d'i n même diapascn interrupteur, les styles vibrent tous deux dans le même espace sans se rencontrer jamais.

rons que les deux Y peuvent être amenés à se pénétrer l'un l'autre sans qu'il se produise de choc entre les deux styles; cela prouve que les deux mouvements sont parfaitement synchrones.

Quand on éclaire vivement un chronographe et qu'on imprime à cet instrument un mouvement de translation, suivant le plan dans lequel il vibre, on voit les images du style se dissocier et donner l'apparence d'une série de styles immobiles (flg. 243), disposés les uns à la suite des autres, sur le trajet parcouru par l'instrument, et d'autant plus écartés les uns des autres que la translation a été plus rapide.

Soit un slyle qui vibre cent fois par seconde et qui subisse un mouvement de translation uniforme d'un mètre par seconde, on verra une série d'images semblables à celles qui sont représentées à gauche (fig. 243), et l'écartement de ces images sera de 1 cen-

Fig. 243. Images du style vibrant du chronographe, dissociées par une translation plus ou moins rapide de l'appareil.

timètre. Au commencement ei à la fin du mouvement, les images seront plus rapprochées les unes des autres, parce qu'alors le mouvemant a moins de vitesse.

La théorie du phénomène est la suivante.

Dans la translation du chronographe, le mouvement communiqué au style de l'instrument s'ajoute à celui qui résulte de sa vibration même, quand ces deux mouvements sont de même sens;, la translation du style est alors trop rapide pour qu'il ait le temps d'impressionner notre œil d'une manière sensible. Mais, chaque fois, la période inverse de la vibration du style lui donne un mouvement de sens contraire à celui delà translation; ces deux mouvements se retranchent l'un de l'autre, d'où il résulte une période d'immobilité passagère pendant laquelle le style apparaît distinctement. Cette période se produit une fois à chaque vibration, c'est-à-dire à chaque centième de seconde. Or, il est clair que si un mètre est parcouru en une seconde avec une vitesse uniforme, cent images du style apparaîtront sur cette longueur d'un mètre, et ces images seront équidistantes, c'est-à-dire situées à un centimètre les unes des autres.

Quand la translation est moins rapide, les images sont pour ainsi dire géminées comme au milieu de la figure 243. Un mouvement plus lent encore rapprochant ces images jumelles donnera

SIGNAUX ÉLECTRIOUES. 471

le groupe de droite. U n'est pas nécessaire de développer longuement la manière dont s'engendrent ces difîérenles figures, qui résultent de la combinaison d'un mouvement alternatif avec un mouvement rectiligne.

L'emploi de cette méthode optique est commode parfois, pour juger la vitesse de certains mouvements qui s'exécutent dans la locomotion. Si l'on substituait une lumière électrique, celle d'un tube de Gessler, par exemple, au style vibrant du chronograplie, on obtiendrait, dans l'obscurité, de belles images qui permettraient peut-être d'analyser certains mouvements inaccessibles à d'autres méthodes.

Des signaux électriques.

Il y a bien longtemps déjà que les expérimentateurs emploient des appareils électro-magnétiques pour pointer ou tracer l'instant où se produisent les phénomènes. Il serait difficile de retrouver l'auteur qui le premier a employé ce genre de signaux dont l'introduction a constitué un progrès immense. Mais, à mesure que l'expérimentation devint plus délicate, on s'aperçut que ces instruments, qui semblaient agir d'une manière instantanée; présentaient en réalité un retard appréciable et pouvaient donner lieu à de légères erreurs dans l'estimation du temps.

Bien que l'électricité puisse être considérée comme traversant instantanément un fil d'une longueur énorme, il ne faut pas croire que les efîets moteurs qu'elle produit et qu'on nomme électromagnétiques présentent cette instantanéité. Comme toutes les autres forces, l'électricité ne produit le déplacement d'une masse qu'en lui imprimant un mouvement accéléré', dont le début présente une grande lenteur; en outre, l'attraction magnétique se prolonge sensiblement après la fin du courant, ce qui fait qu'un signal électro-magnétique tend à exagérer la durée apparente des phénomènes.

Marcel Deprèz s'est attaché à combattre les deux influences qui altèrent les indications des signaux électro-magnétiques, c'est-à-

1. La forme de cette accélération doit du reste être fort complexe, car la force d'attraction électro-magnétique s'accroît à mesure que la distance entre les corps attirés diminue.

dire l'inerlie de l'armature et la durée des phases d'aimantation et de désaimantation

Soient (fig. 244) deux bobines électro-magnétiques qui, au moment où le courant passe, attirent le fer doux placé au-dessus

Fig. 24'i. Figure théorique du signal électrique de Dc-prez.

d'elles, et abaissent le style écrivant, de manière à, tracer la ligne horizontale inférieure; dès que le courant sera rompu, un ressort

1 . L'aulcur commence par faire ressorlir les imperfections de certains signaux électriques : ceux qu'on obtient, par exemple, au moyen de l'électrolyse, quand une électrode métallique, frottant sur un papier humide et imprégné de certaines solutions salines, laisse une trace colorée des instants où un courant électrique a passé. Ces signaux sont incapables de marquer avec exactitude le début et surtout la fin d'un phénomène) à cause des traces vagues et dilïïises qu'ils laissent sur le papier.

En balistique, on doit obtenir, sur un cylindre qui tourne avec une rapidité extrême, le signal des instants où le projectile passe au travers d'une série de cibles plus ou moins éloignées les unes des autres. On s'est servi jusqu'ici, pour signaler ces passages, de l'étincelle de fortes bobines d'induction que l'on faisait éclater entre une pointe métallique et un cylindre argenlé recouvert de noir de fumée. Cette étincelle, provoquée à chaque passage du projectile à travers une cible où il coupe les fils d'un circuit de pile, n'éclate pas suivant la normale entre la pointe et le cylindre, mais se dévie en divers sens, suivant le chemin où elle trouve la meilleure conductibilité dans la petite couche d'air qu'elle doit traverser. Même dans les cas où la pointe métallique touche le cjlindre et frotte constamment sur sa surlace, on n'est pas à l'abri de ces déviations. {Journal de physique théorique el appliquée, t. IV, n° 38, p. 39.)

Ajoutons que l'étincelle d'une machine d'induction n'est pas simple, ainsi que l'a montré Nyland par le procédé de Donders (vo-^ez Archives Néerlandaises, t. V, p. 292), et que, sur la surface du cylindre, se trouve souvent une série de traces multiples qui ènent l'eslinialion précise de l'instant du signal.

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