SIGNAUX ÉLECTRIQUES
anlagonisle relèvera le levier qui tracera la ligne supérieure jusqu a la prochaine clôture du courant de pile. Ces alternatives d'élévation et d'abaissement de la ligne tracée semblent se traduire par des ascensions verticales, si l'on recueille les signaux sur un papier animé d'une translation peu rapide, un ou deux centimètres par seconde. Mais si la vitesse de translation est grande,
Fig. 245. En haut, la ligne du signal électrique; l'ascension du tracé est le signal de désaimantation ou de rupture du courant. — Au-dessous, tracé du diapason à transmission par l'air ; 10 vibrations doubles. (Tracés recueillis sur un axe rapide.) En bas, même signal et même tracé chronograpliique recueillis sur un axe plus lent.
comme dans les cas où on emploie un cylindre à rotation rapide, on constate que le passage du style d'une position à l'autre se fait lentement.
Outre que ce signal met à s'accomplir un temps appréciable, il retarde sur le moment de la clôture ou de la rupture du courant. Ce retard, il faut le connaître pour estimer le véritable instant du début ou de la fin d'un phénomène; de plus, il importe de le réduire autant que possible, afin de multiplier le nombre de signaux que l'appareil peut exécuter en un temps donné.
Dans le cas où les signaux devraient se suivre à très-court intervalle, il faut abréger la durée des périodes de désaimantation et de réaimantation dans les appareils. C'est ce que Deprèz a réussi à obtenir en perfectionnant les appareils électro-magnétiques. Ce savant a réduit à 4^ de seconde la durée de la désaimantation et du mouvement qui l'accompagne; il a réduit seulement à de seconde celle de la réaimantation, de sorte que ses appareils peuvent donner de 400 à 450 signaux dilférents en une seconde, avec un seul élément de Bunsen'. En plaçant .dans un
1. Pour arriver à une grande rapidité dans les signaux, l'auteur diminue considérablement la masse du fer doux qui sera soumis à la traction de réleclro-aimanlj il donne
circuit dérivé sur le couinant de la pile une bobine munie d'un fer doux, Deprèz abrège encore la durée des signaux^; il en peut obtenir de 700 à 800 par seconde.
Les signaux électriques de Deprèz doivent, pour s'appliquer aux usages physiologiques, présenter la même longueur et la même dimension que les autres appareils inscripteurs. La figure 209, page 395, montre un signal de Deprèz, disposé à côté d'un tambour à levier; les deux appareils sont de même longueur, de sorte que leurs indications peuvent s'écrire simultanément et concorder d'une manière parfaite.
Une disposition assez utile pour régler la position de la pointe d'un signal électrique et pour l'amener rigoureusement dans la même verticale que les autres instruments, consiste à remplacer la tige à longueur fixe qui, dans la figure, porte le signal et l'unit à la virole, par une tige à longueur. variable contenant une crémaillère qui avance ou recule au moyen d'un bouton de réglage.
Lorsqu'on dispose d'une place suffisante pour installer un appareil un peu plus volumineux, on peut recourir à la disposition représentée figure 246, dans laquelle un fil de caoutchouc C, enroulé sur un treuil T et s'attachant à un petit crochet qui fait pai'tie de l'armature, lutte avec plus ou moins de force contre l'attraction des électro-aimanis.
D'autre part, au moyen de la vis V, qui porte un petit disque K contre la face inférieure duquel s'appuie l'armature, on règle la distance qui sépare celle-ci du fer doux et conséquemment la force d'attraction magnétique.
La vis D sert à maintenir ce signal sur un support. Le style oP trace les mouvements de l'armature A sur l'axe o o' de laquelle il est placé.
Il est d'une grande importance, pour donner à un. signal laseii-
aussi une légèroté extrême au style, à toutes les pièces enfin qui doivent être animées de vitesse. D'autre part, il donne une force considérable au ressort qui doit produire l'arrachement de l'armature au moment de la désaimantai ion. Ce ressort exerce une traction d'environ deux cents grammes sur une armature qui ne pèse que 120 milligrammes; il s'ensuit que la vitesse avec laquelle le signal de désaimantation se produit est extrêmement grande. {La vitesse du style, au bout d'un millimètre de parcours, serait de 10 mètres par seconde.)
1. Il se produit alors, aux moments de la rupture et de la clôture du courant de pile, des extra-courants qui favorisent la désaimantation et surtout donnent à l'aimantation . une rapidité considérable; on peut ainsi augmenter la rapidité des signaux.
SIGNAUX ÉLECTRIQUES. 475 sibilité convenable, de pouvoir régler la force altraclive de 1 électro-aimant, ce qui se fait au moyen de la vis de réglage, par laquelle on modifie la distance qui sépare l'armature des fers doux. Il faut, d'autre part, régler l'effort d'arrachement qui devra
Fig. 246. Signal ii treuil pour graduer la tension du ressort.
détacher l'armature du fer doux à la fin de la période d'attraction et lutter contre le magnétisme rémanent.
L'aimantation et la désaimantation varient dans leurs durées, suivant la nature du courant employé, la distance qui sépare l'armature du fer doux, le diamètre du fil des bobines, la qualité de fer employé, etc. De sorte qu'il faut, de toute nécessité, recourir au tâtonnement pour régler et amener à une valeur connue les retards d'aimantation et de désaimantation. Avant tout, il faut savoir déterminer la valeur de ces retards; c'est le sujet qui. va nous occuper.
Retard des signaux électriques.
Helmholtz a imaginé une méthode qui permet d'estimer, avec une précision extrême, le retard d'un signal électrique. A cet effet, il faut, sur le cylindre, déterminer la position où le signal aurait lieu s'il n'y avait pas de relard, et la comparer à celle que le signal occupe réellement. On dispose l'expérience de telle sorte que le
cylindre lui-même, à un certain moment de sa rotation, rompe ou ferme le courant électrique qui provoque le signal.
Dans une première expérience, on fait tourner le cylindre avec une lenteur extrême au moment où va se produire le signal électrique. Dès lors, la vitesse du cylindre pouvant être considérée comme nulle, le signal ne subira aucun déplacement. Dans une autre expérience, on donne au cylindre son mouvement rotatif et l'on fait inscrire le signal. Le tracé, dans ce deuxième cas, se trouve inscrit un peu plus loin que la première fois, ce qui tient à ce que, depuis le moment oii la rupture du courant de pile s'est faite, jusqu'à celui où le signal s'est écrit, le cylindre a tourné d'une certaine quantité. Cette quantité, mesurée au chronographe, donne exactement le retard du signal.
Marcel Deprèz a déterminé, par la même méthode, le retard d'aimantation et le relard de désaimantation de ses appareils à signaux électriques. Pour cela, il a incrusté dans l'un des fonds du cylindre tournant un secteur de caoutchouc durci. Deux frotteurs métalliques, en contact avec le fond du cylindre, ferment le courant tant qu'ils touchent les parties métalliques ; lecourantest rompu quand le secteur isolant passe au-dessous d'eux. Après avoir déterminé, sans vitesse, la position des signaux de clôture et
Fig. 247. Tracé supérieur, chronographe de 500 -vibrations simples; les chiffres 1, 2, 3, 4 marquent les temps correspondant à l/jOO de seconde. — Ligne 1, R, instant de la rupture du courant de pile. La courbe qui partant de la ligne inférieure, s'élève obliquement à la ligne supérieure, est le mouvement du style au moment oii la désaimantation se produit. La durée du retard mesuré sur le chronographe dépasse 1/600 de seconde; c'est le retard de désaimantation. C, clôture du courant de pile : le moment où la ligne supérieure redescend au contact de l'intérieure correspond au signal d'aimantation ; son retard est de 1/200 de seconde environ. — Lignes 2 et 3. Diminution graduelle des retards de désaimantation et d'aimantation.
de rupture du courant, on cherche la position nouvelle de ces signaux quand le cylindre a toute sa vitesse.