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MOUVEMENTS RESPIRATOIRES ANORMAUX

Il s'établit donc, dans ces circonstances, une sorte de compensation entre la fréquence diminuée et l'amplitude augmentée, de telle sorte que la fonction respiratoire soutfre le moins possible de l'obstacle au passage de l'air. Il y a comme une tendance à la fixité des volumes d'air mis en mouvement en un temps donné, de sorte que la fonction d'hématose doit conserver sensiblement son état normal. Nouvelle analogie avec ce qui se passe du côté du cœur dont les systoles lancent en général des ondées d'autant plus abondantes qu'elles sont rares.

La compensation de la diminution de fréquence par la plus grande amplitude des respirations n'est assurément pas constante; l'étroitesse exagérée des voies respiratoires amène une gène et une anxiété que tout le monde connaît, et qui se traduit par une diminution évidente de l'hématose, ce qui prouve qu'à ce moment la quantité d'air qui pénètre dans les poumons est insuffisante.

Rhythme. — La respiration, sous l'influence de l'étroitesse du passage de l'air, change de rhythme, c'est-à-dire que le rapport de durée entre l'inspiration et l'expiration se modifie. C'est l'inspiration qui gagne en longueur.

B. Effets d'un obstacle an passage de l'air n'existant que dans un seul sens, celui de l'inspiration ou, célui de l'expiration. — Les expériences précédentes ont été faites en respirant, soit librement, soit par un tube étroit; l'obstacle au courant d'air était donc le même dans les deux périodes : dans l'inspiration et dans l'expiration. Nous avons voulu étudier l'influence qu'aurait sur le rhythme de la respiration une résistance qui tantôt s'opposerait seulement à l'arrivée de l'air dans les poumons, tantôt en gênerait seulement la sortie.

A cet effet, nous avons pris un tube de cuivre de douze millimèlres de diamètre et de dix centimètres de longueur, assez large par conséquent pour qu'on puisse i-espirer librement par son ouverture. À l'intérieur, hous avons placé une soupape qui présente à son centre une ouverture de trois millimètres de diamètre. Dans un sens, le courant d'air ouvre la soupape et passe sans résistance; dans l'autre, il la fernie et n'a d'autre passage que l'orifice étroit dont elle est percée.

Suivant qu'on place dans la bouche l'une ou l'aùlre extrémité du tube, le plus grand obstacle au passage de l'air correspond à l'inspiration ou à l'expiration.

Des tracés oui été recueillis dans chacune de ces conditions et ont révélé les modifications suivantes dans les mouvements respiratoires.

La figure 279 représente quatre tracés de la respiration obtenus dans des conditions différentes.

Le tracé A est formé par la respiration libre ; le tracé 0, ponctué, est produit en respirant à travers un tube étroit, c'est-à-dire avec un égal obstacle aux deux périodes de la respiration; les tracés B et C, dont l'un est formé par une ligne pleine, l'autre par une ligne ponctuée, sont obtenus en respirant par le tube à soupape. L'obstacle se trouvait dans le sens de l'inspiration pour le tracé B. Il se trouvait, au contraire, dans le sens de l'expiration pour le tracé qui est représenté par la ligne ponctuée C.

Si l'on compare le tracé de la respiration libre H, aux tracés B et C, on voit que ces derniers, quel que soit le sens de l'obstacle, présentent moins de fréquence et plus d'amplitude; en superposant ces deux tracés qui ont à peu près la même fréquence, on voit nettement la différence de rhythme qui se produit suivant le sens de l'obstacle au passage de l'air.

L'obstacle en un seul sens ralentit toujours la période de la respiration sur laquelle il porte. Ainsi, dans la ligne C, l'expiration est prolongée.

C. Influence d'une compression extérieure de la jjoitrine. — Si l'on comprime le tronc avec une large ceinture fortement sanglée, de manière à produire des changements notables dans la fréquence, le rhythme et l'amplitude de la respiration, contrairement à ce que produisent les autres obstacles, la compression thoracique accélère les mouvements respiratoires.

Cette compression produit une grande diminution de l'amplitude de ces mouvements, ce qui se conçoit facilement d'après la nature de l'obstacle qui était, dans nos expériences, une ceinture inextensible s'opposant énergiquement à l'ampliation de la poitrine. Enfin, elle modifie le rhythme, en rendant plus égales l'inspiration et l'expiration, la première gagnant en durée aux dépens de la seconde. Nous n'ayons pas jusqu'ici étudié les influences que produiraient des ceintures plus ou moins élastiques substituées à la sangle inextensible qui nous a servi; ces recherches seront continuées ultérieurement.

Il m'a paru intéressant de grouper dans un tableau synoptique

MOUVEMENTS RESPIRATOIKES ANORMAUX. 557

les modifications que produit sur la respiration l'existence de tel ou tel obstacle au passage de l'air. Nous noterons seulement les changements en plus ou en moins que subit la fréquence générale des respirations, ou la durée relative de chacune de leurs périodes par rapport au type normal.

Obstacle

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