POULS DANS L'ENDOCARDITE
se Iradiiit par de très-fail)les pulsations, tandis que, si la réaction
l-'ig, 2'Jl. Eiidopcricaiil.te rliuiiialismale. l''ui ni(.-s i!u |juuls recueillies à des jours successifs, d'après P. Loraiii.
se fait, l'amplitude du pouls reparait, le dicrotisme s'accentue. La
figure 292 montre qu'après une réaction très-prononcée, une nouvelle période algide a reparu, ligne 6. La ligne d'ensemble du tracé présente des ondulations ^correspondant aux- ,!mouvements respi-
i'ig. '^y.'. Courbes du pouls dans le choléra. Une seconde algidité se produit, ligne G; elle est suivie de mort.
raloires; elles élaienl produites par une congestion du poumon. En cas de retour de l'algidité, c'est un pronostic de mort à peu près certain.
Fig. 293. Pouls dans l'empoisonnement par le plomb, d'après P. Lorain.
Le mal de mer rappelle, en petit, une attaque de choléra ; le pouls y revêt les mêmes caractères pendant les périodes d'algidité et de chaleur; on peut donc renvoyer à la figure 292, pour la série des phases par lesquelles passe la forme du pouls.
L'empoisonnement chronique par les sels de plomb donne au pouls des caractères particuliers dont les figures 293 et 294 représentent les principaux types.
Bien qu'il n'y ait encore aucune théorie valable sur les condi-
Fig. 294. Funiie lyiii(|ue du poiiU dans renipoisuniiumeiit par le plomb.
lions dans lesquelles se produisent ces caractères du pouls, la valeur clinique de ce^i^ formes est expérimentalement constatée; il n'en faut pas davantage pour qu'elles aient une valeur diagnostique réelle.
Dn pouls dans les atfections organiques du cœur.
Ainsi qu'on pouvait s'y attendre, le pouls présente des formes très-particulières dans les affections organiques du cœur et surtout dans le cas de lésions des valvules. Le plus souvent on peut reconnaître le siège d'une lésion d'orifice à la seule inspection du tracé; mais comme on ne doit, en pareil cas, négliger aucun élément de diognoslic, l'emploi du spliygmographc doit être combiné à celui de l'auscultation et de la percussion. Les formes du pouls que nous allons décrire correspondent aux principales lésions des orifices du cœur.
Nous allons représenter les formes qui caractérisent ces quatre genres de lésions, en choisissant les cas les plus simples : ceux où un seul orifice du cœur est altéré et où sa lésion consiste soit en un rétrécissement du passage du sang, soit en une insuffisance des valvules.
Insuffisance aoriique. — La série (fig. 295) représente des types du pouls dans cette maladie. Partout on observe une grande brusquerie du début de la pulsation. La régularité est parfaite toutes les fois que cette lésion est pure. Le dicrotisme manque si les valvules sont fortement insuffisantes. A V auscultation^ souffle diastolique à la base du cœur.
Rétrécissement aortique. — La période d'élévation du pouls (fig. 296) est lente, ou se fait en deux temps, surtout si le rétrécissement est accompagné d'ossification et de dilatation de l'aorte.
Le pouls présente ordinairement un sommet ascendant, ou tout au moins horizontal; cela signifie que le ventricule gauche se vide avec lenteur. Peu ou pas de dicrotisme, car l'onde sanguine
NvM\
Fig. ■iyi. Pouls dans riiisiillisance .lorliLiuo.
Dénètre sans vitesse dans les artères. A V auscultation, souffle systolique à la hase du cœur se propageant dans les artères.
Fig. 'iiJB. Formes du pouls dans le rétrêdsseiiieiil aortique très-proiioiiee.
Insuffisance mitrale, irrégularité du pouls qui présente des pulsations fortes ou faibles sans périodes régulières. — Les pulsations faibles présentent un dicrotisme prononcé (fig. 297), ce qui montre que les petites ondées qui les constituent sont lancées avec
vitesse clans les artères. La digitale modifie beaucoup ces formes du pouls et les régularise en augmentant l'amplitude des pulsations.
Ces types sont recueillis sur des sujets de] différents âges, de sorte que tantôt ils étaient modifiés par l'influence de l'élasticité
Fig. 297. Pouls dans l'i
isuflisaiicc milrale.
artérielle (lignes 1 et 2), et tantôt par la perte de cette élasticité à des degrés de plus en plus prononcés de 3 à 6,
A l'auscultation, souffle systolique à la pointe du cœur, c'est-àdire au lieu où se produit la pulsation.
Rétrécissement mitral. — Enfin le rétrécissement mitral se traduit par un pouls régulier, peu altéré dans sa forme ; les pulsations
présentent ordinairement un sommet plus aigu que dans le pouls normal; leur période de descente offre un dicrotisme moins arrondi que dans les cas ordinaires. On voit que cette lésion se caractérise surtout par des signes négatifs du côté du pouls.
A V auscultation, souffle diastolique ou présystolique à la pointe, c'est-à-dire souffle occupant la fin de la diastole.
Les caractères du pouls dont nous venons d'indiquer les formes les plus ordinaires, prennent encore plus de valeur lorsqu'on les rapproche des signes fournis par l'auscultation. C'est en combinant ces deux sortes de signes qu'on arrive aisément au diagnostic des lésions franches des orifices du cœur. En effet, si l'auscultation laissait un doute sur la nature de l'affection, ce serait dans les cas où elle fait entendre les mêmes souffles aux mêmes temps de la révolution du cœur. Or, dans ces cas litigieux, oii l'oreille fournit des renseignements insuffisants, le pouls présente des caractères assez tranchés pour lever tous les doutes. Entre le rétrécissement mitral et l'insuffisance aortique, qui tous deux donnent naissance à des souffles diastoliques, la forme du pouls lève les doutes, s'ils étaient possibles; le crochet du sommet de la pulsation et l'absence de dicrotisme caractérisent suffisamment l'insuffisance des valvules sigmoïdes de l'aorte.
Fiy. 2'J9. Pouls ilaii
is les cas de li'sion des deux orifici s.
D'autre part, entre l'insuffisance mitrale et le rétrécissement aortique qui donnent des souffles systohques, le pouls établit aisément la distinction, en montrant l'irrégularité caractéristique de l'insuffisance mitrale.
Nous ne parlons pas ici des cas où deux et parfois plusieurs lésions des orifices existent concurremment ; il se produit alors
des modifications du pouls qui, par leur complexité, expriment la complexité des lésions cardiaques. On trouve alors, dans un même tracé, les caractères des diverses lésions dont le cœur est atteint. La série figure 299 montre quelques-uns de ces types.
Certaines formes de la pulsation peuvent induire en erreur et imiter des lésions cardiaques, principalement l'insuffisance aortique.
Quand le cœur ralentit le rhythme de ses mouvements, il arrive d'une manière nécessaire, que la pression dans les artères est basse au moment de chacune des systoles, car pendant le long repos du cœur, l'écoulement qui s'est produit des artères aux veines a eu le temps de faire baisser la tension.
Alors on voit la pulsation offrir une grande brusquerie dans la première période; mais comme les systoles ralenties sont en général des systoles qui envoient beaucoup de sang dans les artères, dès que ces vaisseaux s.ont remplis, la pénétration du sang devient difficile et la période d'ascension du tracé se termine par une partie qui s'élève d'une façon très-lente, ainsi qu'on le voit figure 300. C'est un de ces types qui ont été appelés anacroles; on les observe dans les cas suivants :
Dans l'état sénile des artères, quand le pouls est rare, parce qu'alors le ventricule rencontre successivement deux résistances
' Fig. 300. Pouls sénile rare à phase ascendante saccadée.
d'intensités variables, l'une très-faible au début et l'autre de valeur croissante, vu que les artères séniles peu extensibles se laissent difficilement dilater par l'arrivée du sang.
Ce type s'observe encore dans l'insuffisance aortique sénile, pour la même raison que nous avons donnée ci-dessus. La brusquerie de l'impulsion que le sang reçoit du cœur au début de la systole produit parfois un petit soubresaut du levier, une sorte de pointe ou de crochet qui est presque caractéristique de l'insuffisance aortique et du pouh de Corrigan. On a vu de nombreux exemples de cette forme du pouls à propos des formes qui caractérisent les lésions des valvules aortiques (fig. 295).
Du pouN dans les anévrysines.
Quand il existe un anévrysme sur le trajet d'une artère, on observe, au-dessous de la tumeur, une modification importante du pouls : la brusquerie de la pulsation fait place à une lenteur extrême, et souvent le toucher est incapable de sentir cette puisa-
Fig. 301. Modifications du pouls en aval d'une tumeur anévrysmalo.
tion, à cause de la lenteur avec laquelle le doigt est soulevé. Dans la figure 301, S correspond au pouls du côté sain; A au pouls de l'anévrysme. I/élasticité de la poche anévrysmale est la cause de cette transformation.
Or, tandis que le pouls est supprimé ou transformé au-dessous de la tumeur , il est au contraire exagéré dans son amplitude si on l'observe sur la tumeur elle-même (fig. 302). Gela tient à la surface très-étendue sur laquelle se fait sentir la pression du sang