‹ La multiple splendeur, poèmesChapitre 20 sur 22 · LA MORT · texte numérisé non relu

LA MORT

— Triste dame, mon âme,

De quel séjour de deuil et d'or, Viens-tu, ce soir, parler encor, Triste dame, mon âme ?

— Je viens d'un palais de flambeaux Dont j'ai brisé les portes closes ;

Je tiens, entre mes mains, les roses Qui fleuriront sur ton tombeau...

— Douce dame, mon âme, Puisque la mort doit survenir, J'ai la crainte de l'avenir, Douce dame, mon âme.

l48 LA MULTIPLE SPLENDEUR

— Ce que tu crains c'est ta beauté .

La vie en haut, la mort sous terre Tressent les fleurs de leur mystère Au front de ton éternité.

— Belle dame, mon âme, Le temps passe en grand deuil Avec sa faulx, contre mon seuil, Belle dame, mon âme.

— Le temps n'est qu'un menspng-e : il fuit ; Seul existe celui qui crée Emprisonnant l'ample durée Dans l'heure où son g-énie écrit.

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