LES SOUFFRANCES I^S
Et qu'importent les couteaux et les g-laives,
En menaces, sur votre rêve,
Et vos larmes et vos sang-lots
Roulant ou résorbant leurs flots,
Et le feu noir des maladies
Couvant, dans vos veines, ses incendies,
Si votre ardente volonté.
Aux lâchetés quotidiennes rebelle.
Sur les débris du mal dompté
Lève ses fleurs toujours plus belles.
Nouez-vous donc, avec de tels liens d'or,
Au mât dardé de votre sort
Que toutes les rag-es de la tempête
Se déchaînent sans vous vaincre la tête ;
Et que la vie, avec ses ourag-ans déments.
Vous reste chère, immensément.
Ainsi qu'une admirable et trag-ique conquête.
0 les pauvres, les vains, les lamentables fous Qui vont droit devant eux, vers n'importe où,
l44 I'^ MULTIPLE SPLENDEUR
A l'heure où le soleil dore la mer lucide,
Rôder, le soir, autour de leur suicide,
Alors
Qu'il reste et flambe encor,
Dans le brasier de leur cerveau.
De quoi forger quelque penser nouveau
Pour en orner leur chimère ;
Et sous leur front deux yeux divins, deux yeux,
Pour voir, là-haut, la merveille des cieux
Et, sur terre, la douce et fervente lumière.