CONFECTION DES ROLES
La communauté, pour éviter une telle lenteur, qu'elle qualifie d'habituelle, dans la confection des rôles, ordonne en 1762 aux capitaines de la milice bourgeoise d'établir les rôles exacts de leur compagnie, et d'y inscrire scrupuleusement les facultés de chacun, en distinguant par des marques particulières ceux des habitants qui sont en état de loger des troupes et de payer la capitation '.*). Mais bientôt, en 1768, les capitaines de la milice suivent le mauvais exemple des conseillers de Recouvrance. Ils ne se croient pas obligés de faire ce travail, et quelques-uns s'y refusent. Sur une plainte du maire, la commission intermédiaire les y contraint, et tous obéissent, sauf un qui prétend ne pas connaître assez les habitants de son quartier pour en dresser le rôle exact, et qui préfère démissionner. La communauté lui répond : elle fonde sur un usage immémorial son droit à réclamer ce travail à chacun des capitaines ; d'ailleurs ceux-ci doivent avoir, au point de vue militaire, un rôle exact de leur compagnie ; et comme on ne peut démissionner pour un prétexte aussi futile, le commandant, comte de Roquefeuil, sera prié de donner des ordres sévères au récalcitrante.
Le corps municipal reçoit, une fois les rôles établis, un certain nombre de demandes de modération ou de décharge complète de la capitation. Leur fréquence va sans cesse croissant, en même temps que la charge des contribuables s'alourdit d'année en année. La communauté doit donner son avis sur ces demandes ; nous remarquons qu'elle le motive toujours sérieusement et montre par là qu'elle s'est renseignée avec soin sur la fortune des requérants. Le plus souvent, d'ailleurs, les commissaires chargés de l'assiette de l'impôt sont priés de répondre, après enquête, aux demandes des contribuables '3). Ces précautions permettent le plus souvent
(1) Arch. mun. de Brest, BB. 20, fol. 111.
(2) Arch. mun. de Brest, BB. 20, fol. 173. Nous retrouvons un fait analogue en 1783 (BB. 24, fol. 100).
(3) Arch. mun. de Brest, BB. 21, fol. 167.