‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 9 sur 120 · LES CORSAIRES · texte numérisé non relu

LES CORSAIRES

procédure, ayant coûté 66.837 1. 15 s., il reste à l'équipage 64.524 1. 5 s. 7 d., réduits par les versements à la Caisse des Invalides à 59.238 1. 2 s. 4 d. ; l'armateur et ses associés reçoivent 129.048 1. 11 s. 4 cl.; ils vendent le navire 13.252 1. 15 s., ce qui leur lait en tout 142.301 1. 6 s. 4 d., somme réduite à 85.992 1. 16 s. 4 d. par suite des irais d'armement, mise hors relâche, etc. Le bénéfice est, cette fois, fort appréciable.

L'armateur, alléché, achète une seconde Marquise d'Aubeterre et recommence la course. Mais son navire est pris et le résultat de la dernière liquidation est une perte de 21.984 1. 3 s. 1 d. Si Ton considère l'ensemble des opérations, on constate que les intéressés ont fait un bénéfice net de plus de 60.000 livres en deux années de course M.

A côté des négociants de vieille souche brestoise vivent et prospèrent, comme dans toute ville neuve d'accroissement rapide, des commerçants étrangers à la cité, à la province et même à la France <3). Nous verrons plus tard quelle différence les anciens Brestois faisaient entre eux et ces hommes nouveaux.

Ainsi, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'agglomération brestoise comprend de 20.000 à 27.000 habitants. Elle est partagée par la Penfeld, artère vivante et bordée de maisons de commerce, en deux parties de population à peu près égale, Brest et Recouvrance.

L'étude des rôles de la capitation nous fait connaître une profonde inégalité économique et sociale entre ces deux

1) Le registre des' mouvements du port en 1782 nous signale la sortie de plusieurs corsaires. En janvier et en juin, mois que nous avons relevés, nous en trouvons quatre : deux sont de Brest, un troisième y est venu faire des vivres; le quatrième, navire marchand, a apporté à Brest du vin de Bordeaux, et y prend une commission en guerre pour faire la course en s'en allant sur lest.

(2) Par exemple les Borgnis-Desbordes, originaires de Gravagia en Lombardie, d'après B. de la Boglrie, op. cit., p. clxvi.

I l SITUATION ECONOMIQUE.

parties de la ville : Brest, plus riche, possède les plus gros contribuables, les artisans aux métiers les plus relevés ; Recouvrance abrite la plupart des contribuables occupés aux constructions navales.

Cette inégalité sociale a pour corollaire l'inégalité politique: sur trois maires, deux sont pris à Brest, un seul à Recouvrance.

Une partie des artisans de Brest sont organisés en corporations; celles-ci se donnent surtout pour mission de défendre leurs privilèges matériels, et en cela elles ne diffèrent pas sensiblement des corporations du reste de la France.

Brest ne possède pas d'autre industrie que la construction et la réparation des navires de guerre ou de commerce.

Le commerce brestois a presque exclusivement pour objet l'alimentation de la ville, des troupes et des marins. Celui qui se fait par mer apporte à Brest surtout du vin ; de là l'importance sociale des marchands de vin en gros. La course, soit par l'armement de corsaires, soit par la spéculation sur les prises et sur leur cargaison, est un accessoire du commerce et contribue à l'accroissement de quelques fortunes brestoises.

En somme, Brest, sans grande activité commerciale, sans industrie, vit surtout de la marine militaire, dont le développement aux XVIIe et XVIIIe siècles est la cause presque unique de l'augmentation de la population et de la prospérité économique de la ville.

Tableau I.

Métiers organisés. — Nombre de personnes qu'ils occupent d'après les rôles de la capitation de 1750 w.

METIERS

ouchers

Boulangers, fourniers . .

Boulangères. . . .

Boutonniers. . . .

Caharetiers, traiteurs . .

Cafés arec billard

Pâtissiers

laitiers (cartes à jouer) . Chandeliers

Ciriers

Chapeliers

Charpentiers (2> .

Chaudronniers..

Fondeurs

Chirurgiens Apothicaires . . .

Médecins

Cloutiers

Cordonniers ....

Couteliers.. • . . .

cri

METIERS

Couvreurs

Maîtres de danse

et violons. .

Urapiers-soieriers. . .

Entrepreneurs Droguistes et épiciers Maîtres d'école Fourbisseurs

et armuriers

Graveurs

Horlogers ....

Jardiniers. . . .

Lanterniers . .

Libraires, papetiers. .

et imprimeurs . . .

Maçons

et tailleurs de pierres Maréchaux .

et forgerons (3 Menuisiers.

PS

METIERS

Merciers

et quincailliers Orfèvres . ...

Peintres

Perruquiers . .

Potiers d'étain

et Plombiers Selliers

et malletiers Serruriers. . . .

Taillandiers . .

Tailleurs

Tapissiers. . . .

Tourneurs.. .

Mds de Tins eu gros.

Vitriers

Négociants <41.

Hommes de loi<5)

(1) Tableau dressé au moyen de Levot, t. 111, p. 262, et Areh. mun. de Brest, BB. 29, n° 11, et fC. 64 et 65.

(2) Impossible de distinguer les charpentiers travaillant aux maisons de ceux qui construisent des ateaux. Ceux-ci sont sans doute de beaucoup plus nombreux, au moins 300 si l'on examine, à titre e comparaison, le nombre des maçons.

(3) Le plus grand nombre des forgerons est sans doute occupé aux constructions navales.

(4) Les négociants forment la partie aristocratique de la corporation des marchands.

'5) Nous avons réuni en un seul corps les diverses catégories d'hommes de loi. Sur les sept que ious trouvons à Recouvrance, trois sont attachés à la juridiction seigneuriale du Châtel.

Tableau II.

Métiers non organisés. — 1° Constructions navales.

MÉTIERS

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MÉTIERS

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