RATES
Le Consulat n'avait plus aucune clémence à espérer de la royauté. Il marchait lentement à sa ruine politique. En 1583 (1), il demandait humblement au roi de lui accorder la juridiction et la police sur les rivières du Rhône et de la Saône, il essuyait un refus formel.
Enfin, en 1588, un acte consulaire nous apprend que le 15 décembre, le lieutenant du roi, présent au Consulat, lui fit entendre de prendre garde de n'élire pour la prochaine élection que des gens bien zélés dans la religion catholique et qui n'aient jamais été suspects d'hérésie (Chappe, X, 65).
SECTION III
Le Consulat sous la Ligue
La Ligue a duré à Lyon, du 24 février 1589 au 7 février 1594. Pendant cette courte période, le Consulat se réveille de sa torpeur et recouvre son ancienne liberté politique. Ce tut en quelque sorte le chant du cygne de la Municipalité lyonnaise.
La déclaration des consuls-échevins, le 25 février 1589, qui fut imprimée à Lyon, chez Pillehote, posait avec une hardiesse étonnante les limites du pouvoir royal. Elle distinguait deux sortes de choses : 1° ce qui venait du bon conseil auquel on devait se soumettre ;
(1) Chappe, Il, 411.
2 ce qui venait du mauvais auquel on devait résister (1). « Toutesfois et quantes, que les mandements du roi et ses actes et déportements tendront à la protection et défense de la religion catholique, manutention de l’Estat et notre conservation particulière nous Sommes tenus y obéir, comme à choses qui vient de son bon conseil; mais, quand ses ordonnances et déportements tendront à la dissipation de la religion catholique et de ses sujets nous ne sommes tenus y obéir mais nous y opposer ».
Le Consulat, le lendemain de cette déclaration, envoya deux échevins lire dans tous les quartiers le serment de la Ligue. Le 2 mars une assemblée des échevins et notables eut lieu. Le serment fut prêté à la Ligue et Lyon se constituait en république autonome. Quatre pouvoirs se partageaient la ville : le duc de Nemours en sa qualité de gouverneur, l'archevêque, le Consulat, le Conseil de la Sainte-Union, qui comptait plusieurs échevins. Comme nous le voyons le corps municipal était l’un des pouvoirs les plus largement représentés.
Si l’on parcourt les registres consulaires (2) on voit avec une certaine curiosité l'importance que s’attribue le Consulat pendant ces quelques années. Il a ses ambassadeurs particuliers. Il correspond directement avec le pape et les souverains voisins tels que le duc de Savoie, le roi d'Espagne. Il est en relation constante avec les échevins de Paris.
Ne relevant de personne, il administra pendant cinq années la ville tout à sa guise. Il créa des impôts de sa
(1) Déclaration des consuls, Lyon, Pillehote, 1580. (2) Archives municipales, EE, 428 (correspondance),