‹ La muse à BibiChapitre 31 sur 40 · LE COUCHANT · texte numérisé non relu

LE COUCHANT

Paris a des couchers de soleil bien à lui.

Ceux qui vivent ployés sous un pesant énnuî, Souvent, pour oublier un instant leurs misères, Vont sur le pont des Arts ou le pont des Saints-Pères S*accouder ; et leurs yeux se tournent du côté De Neuilly; cependant qu'au fond de la cité La brume du soir grimpe aux tours de Notre-Dame. Ils voient à Thorizon se dérouler la gamme Radieuse des tons rouges...

Mais le Soleil, Globe de pourpre dans cet Océan vermeil, Leur semble être le cœur de la triste Nature, Qui, tout à 'coup, reçoit la grande flèche obscure Du Sort, palpite encore une ou deux fois et sent De sa blessure, à gros bouillons, couler du sang !

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CROdUIS

Cette mendiante farouche, Adossée à Tangle d*un mur, Contemple un morceau de pain dur Avant de le mettre à sa bouche.

Pour elle, pauvre, ou pour un chien Cette croûte, aumône bourrue Du hasard, gisait dans la rue; Cette croûte vaut mieux que rien.

D*ailleur8 Midi flambe et Tinonde. — — Car Midi luit pour tout le monde. ■ Il étale un rayon vermeil

Sur ce pain; et la vagabonde, Dans un iiot de lumière blonde, A Tair de manger du soleil !

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