LA CRÉMERIE
La crémerie, où, tous les matins, je déjeune Pour douze sous, a dans sa clientèle un jeune Et turbulent essaim d'ouvrières. — Printemps ! Aurore! beauté! grâce InefFable! ~ Vingt ans. Est rage de la plus vieille de ces fillettes. Toutes, dans le casier elles ont leurs serviettes; Et c'est avec un ton qui sent bien son Paris Que vous les entendrez commander c Deux de riz! » Quand un consommateur entre, ces demoiselles Le dévisagent, puis chuchotent bas entre elles, Et Ton voit, dans le vol des rires étouffés, Trembler sur leurs cous leurs cheveux ébouriffés. — C'est un spectacle auquel les yeux les plus moroses S'éclairent, que ce lait mouillant ces museaux roses; Et c'est pourquoi toujours pour déjeuner je vais Dans cet endroit, où tous les plats sont bien mauvais.
f§§l§$M§§f$iff$§ff