CROQUIS
La scène est dans un bal de la barrière. Alphonse Entre, coiffé de sa casquette, — qu'il enfonce Très peu, pour ne pas nviire à ses accroche-cœurs. Les garces, sous le feu de ses regards vainqueurs, Tressaillent. Mais il est rejoint par sa maîtresse, Qui le contemple avec des yeux pleins de tendresse. Heureuse que son homme ait Tair si comme il faut. Ils s^attablent. On leur sert un bol de vin chaud. Et rhomme liche, et dit à sa largue : « Allons paye, Et tu me passeras ensuite la monnaie. >
Insouciant, encor qu'il ait le ventre creux.
Un vieux pauvre, à travers la foule des heureux
Promène ses haillons immondes par les rues
Des quartiers chics. — Passant auprès de lui, les grues
Se .détournent. — Il rôde autour des beaux cafés
Où boivent les gommeux, ineptement coiffés,
A la porte des grands hôtels, autour des gares.
Il ramasse des bouts, mordillés, de cigares.
Les met dans sa profonde, et, tout en baladant,
— S'il ne dégotte rien à foutre sous sa dent.
Pas même un croûton sale et flairé des caniches, -•
Trompe sa faim avec les bons mégots des riches.
^ilig.;3iligSi^^