POETE PRIX DE ROME
Une résidence choisie Sous un ciel pur, t'attend là-bas.
Un atelier de poésie Egalement t'y tend les bras.
On y voit toute une série De lyres, prêtes à £rémir.
Un Pégase dans l'écurie, T'espère... je l'entends hennir :
Songe que l'on t'envoie à Rome,
Non pour y faire ton lézard,
Mais pour devenir un grand homme.
Ni plus ni moins que tout « QuatYArts ».
Tu feras, en littérature, Ce que ces messieurs, tes copains En peinture comme en sculpture, Font chez les maîtres Transalpins.
Et, de même que l'un copie Raphaël, l'autre Léonard. . .
Toi, poète, d'une âme pie, Tu devras t'inspirer de l'art,
Et de l'Arioste et du Tasse.
Sinon du divin Arétin.
Tu rimeras, d'après Boccace, Quelque vieux conte libertin.
Il conviendra que tu t'escrimes, Gela va sans dire, pardi 1 Sur Dante et sur ses tierces rimes.
Un peu moins sur Leopardi.
Entre temps, je ne doute mie Que tu sauras — je te connais — Rimer sur ta petite amie Quelques platoniques sonnets,
Tel Pétrarque ! Et donc, quatre années,
En cette villa Médicis,
Tu rouleras tes destinées.
Et tu nous reviendras, mon fils,
De la terre Yirgilienne, Ivre de gloire et de succès, Expert en langue italienne, Mais ne sachant plus le français !