‹ La muse au cabaretChapitre 116 sur 139 · ETRENNES INUTILES · texte numérisé non relu

ETRENNES INUTILES

A Robert Noir.

Une fillette de quinze ans accusée de coups et blessures, ayant traité le Tribunal de vaches, de tantes et de fumier, a été envoyée dans une maison de correction jusqu'à l'âge de vingt ans.

(Le Temps, 27 décembre 1901.)

0 Juges, mes petits pères, Vous êtes par trop sévères Pour cette jeune houri, De la mère Angot filleule, Encor qu'elle vous engueule Comme du poisson pourri !

Mon Dieu ! son vocabulaire

N'a rien qui vous puisse plaire.

Il est bien certain que si

C'est là toutes vos étrennes,

Vous n'aurez pas les mains pleines,

Au Jour de l'An. Mais aussi,

a66 LA MUSE AU CABARET.

Songez que cette fillette A l'âge de Juliette; Qu'elle attend son Roméo, Qui sait?... Qu'elle ne discerne Pas encore une lanterne D'un nègre de Bornéo?...

Il n'est injure notable Que d'un être responsable, Et celle-ci ne l'est pas.

Elle vous l'a fait connaître, 0 Juges ! qui pourriez être Ses papas et grands-papas.

Tout dans ses propos annonce Qu'elle ne possède une once De saine mentalité.

Donc, ce soi-disant outrage Ne saurait porter ombrage A votre sérénité.

Comme feraient des apacbes, Elle vous traite de « vacbes »

De « tantes » et de « fumier Qu'est-ce que cela veut dire:1.

Ne vaut-il pas mieux sourire A ce jaspin coutumier?

Page 1