‹ La muse au cabaretChapitre 123 sur 139 · LA POLITESSE EST MORTE · texte numérisé non relu

LA POLITESSE EST MORTE

A Adrien Sporck.

Politesse de nos aïeux,, vous êtes morte,

Il paraît. On le dit.

Vous êtes tout au moins, chez nous, en quelque sorte

Tombée en discrédit.

Je parle de la politesse envers le sexe,

Il est bien entendu.

L'autre, de celle-ci, n'est guère qu'une annexe

Sinon du temps perdu.

On peut se demander pourtant, non sans tristesse,

Et pour se consoler, Si les femmes toujours — en fait de politesse —

Ont le droit de parler?...

■2$i LA MUSE AU CABARET.

Pas toujours. Tenez, hier, et par des temps infâmes,

J'étais dans un tramway Archi-complet, rempli de jeunes gens, de femmes,

Plus un vieil homme, moue.

Or, à l'un des arrêts de notre itinéraire,

Le chauffeur s'arrêta.

Et personne ne descendit. Bien au contraire,

Une dame monta,

Qui dut se contenter de l'humble plate-forme,

En attendant que l'un De nous voulût bien lui céder, selon la norme,

Sa place assise... Aucun

N'y songeait, surtout moi, je dois le reconnaître.

Par un temps hivernal, Pensez- vous?... Mes voisins, de même, affectaient d'être

Plongés dans leur journal.

Est-ce qu'elle était jeune ou mûre, ou davantage...

Je n'en sais, ma foi, rien, a Le sexe, dans ce cas. direz-vous, n'a pas d'âge. »

Eh! parbleu! J'entends bien...

Oui, mais, je me trouvais, ce jour-là, d'aventure,

Grippé jusqu'à la mort, Et je n'avais sur moi, pour toute couverture,

Que l'âpre vent du Nord.

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