LE FAUX NEZ
Tout à coup, dans cette foule, Un bras sous mon bras se coule; C'est une marquise, au moins?...
Qui, sans hésiter, me cueille, M'invite à son « portefeuille », Et me veut voir sans témoins.
Elle avait dû, j'imagine, Tiquer sur mon aubergine, Et, dans son illusion, Me jugeant à son échelle, En tirer je ne sais quelle Flatteuse conclusion.
Je suivis la demoiselle.
Mais, en arrivant chez elle.
Mon nez était détrempé, Et pendait comme une loque, Si bien que notre colloque Fut court sur le canapé.
Elle me fit une escorte De coups de pieds, à la porte, En me traitant de feignant...
Ce qui prouve bien, en somme Que le nez ne fait pas l'homme.
Fût-il impressionnant.