‹ La muse au cabaretChapitre 129 sur 139 · IBSEN · texte numérisé non relu

IBSEN

A Charles Maurras.

L'œuvre entière du « géant du Nord » m'apparaît comme un cadavre dans une chambre d'hôtel meublé, au bas crépuscule de l'hiver.

Léon Daudet.

Ibsen n'est plus I Sa mort évoque

En moi cette bizarre époque

— Voilà bien des ans... quelque vingt

Où la plupart de nos critiques

Firent à son art dramatique

Le succès que l'on sait. « Enfin!

Disaient-ils — Voici du théâtre Profond, tour à tour et folâtre, Et lumineux comme l'Eté. »

Alors que c'était, au contraire, Un vrai magma d'ennui polaire Et d'impénétrabilité.

aga LA MUSE AU CABARET.

N'importe. Ce théâtre sombre,

Compris ou non par le grand nombre,

Fut adopté d'un cœur léger ;

Au surplus, que de gens, en France,

Vont admirant, de confiance,

Tout ce qui vient de l'étranger.

Ceux-là — je parle du Vulgaire — De ceux qui ne comprenaient guère, Et disaient : je n'ai pas compris, Etaient renvoyés à leurs douches, Par nos Ibséniens farouches, Et traités de poissons pourris.

On voyait de puissants esthètes,

Des « Art nouveau », de fortes têtes,

Qui se découvraient tout à coup

Des affinités Scandinaves,

Et bouillonnaient comme des laves,

Quand on n'était pas de leur goût.

Ibsen... ce fut là son sort pire !

L'emportait autant sur Shakespeare.

Qu'ils n'avaient peut-être point lu, Comme fait le Vin sur la lie, Ou bien, ma petite chérie, Sur un nègre d'Honolulu...

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