LES DEUX TROTTOIRS
Et voilà que ces jours derniers, Je fus illuminé d'emblée, En assistant à l'assemblée De ces messieurs les taverniers.
Sachez donc, ô ministre austère, Qu'un trottoir est plus pratiqué, S'il est plus que l'autre flanqué De bistros. C'est tout le mystère.
En doutez-vous? Allez -y voir, Et vous en conviendrez vous-même.
Maintenant, un autre problème :
La question est de savoir
Si l'un n'a que fort peu de monde, A cause du peu de bistros, Ou s'il y a peu de bistros, Parce qu'on y voit peu de monde?
Je penche pour le premier cas, Qui me paraît le plus logique.
C'est même la raison unique Qui fait que je n'y passe pas.
Que ces messieurs ferment boutique A seule fin de protester Contre cet impôt tyrannique Dont Cochery veut les doter;
Si tel trottoir dans l'instant même, N'est pas d'autant plus déserté Qu'il était hier plus fréquenté, Je veux bien tomber d'un cinquième