‹ La muse au cabaretChapitre 53 sur 139 · LA QUESTION CULINAIRE · texte numérisé non relu

LA QUESTION CULINAIRE

Ils inviteront à leur table,

Autour d'un dîner lamentable,

Des convives mal assortis;

C'est, d'ailleurs, le premier reproche

A leur faire. La chère est moche,

Et le vin n'est pas garanti.

Après telle fâcheuse agape, Parfois votre hôte vous attrape :

« Vous êtes gai comme un tombeau!

Dit-il. D'où vient cet air maussade?

Est-ce que vous seriez malade? »

Vous pourriez répondre à ce veau :

« Parbleu! ne t'en prends, misérable!

Qu'à toi-même, à ton affreux vin, Ta maigre chère... Mon cerveau N'est pas ce qu'un vain peuple pense, C'est quand satisfaite est ma panse, Qu'il s'éveille et qu'il fait le beau.

« Et si c'est par pure lésine Que tu grattes sur ta cuisine, C'est compromettre ton dessein :

Car l'argent que l'on ne dispense A son cuisinier — belle avance! — On le donne à son médecin. »

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