‹ La muse au cabaretChapitre 60 sur 139 · LE SENS DE L'HEURE · texte numérisé non relu

LE SENS DE L'HEURE

A JacqHes Madeleine.

Le Voyageur. — Le train de ] h. /17? s. v. p.

Le Chef de Gare. — Oh ! vous avez le temps. Il n'est que 9 h. i5.

Je le dis tout à trac, je considère comme

Une calamité Que l'on soit à ce point rebelle à ce qu'on nomme

La ponctualité.

N'importe où vous allez — mettons dans une gare — On vous dit : tel train part

A sept heures vingt-cinq, qui souvent ne démarre Qu'à huit heures un quart.

Ou bien, vice versa : l'on en attend un autre,

Annoncé pour midi, Qui n'arrive... jamais. Et telle est l'humeur nôtre,

Que l'on lui fait crédit.

Au théâtre... voyez... c'est la même romance :

Vous avez remarqué Qu'il est rare de voir spectacle qui commence

Dans l'instant indiqué.

Qu'est-ce que c'est que ça que telle heure précise, Che& nous? Vous savez bien

Que cette heure précise est une heure indécise, Et qui ne rime à rien.

Ils vous répondent tous, directeurs, chefs de gare..

Que si, par un hasard, Ils étaient ponctuels, c'est le public ignare

Qui serait en retard!

Il en va tout ainsi quand vous allez en ville,

Dîner chez l'habitant.

C'est bien plus grave. Ici, la négligence est vile.

On voit, à chaque instant,

Un repas n'être prêt, convenu pour huit heures, Qu'à neuf heures un quart,

On vous dira pour des raisons supérieures?... Peste de ces écarts !

Vous maugréez tout bas. Vous avez une envie

Folle de vous enfuir.

Quand on vient annoncer que Madame est servie,

Loin de vous réjouir,

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