CABARETS DU DIMANCHE
Par les déesses et les Dieux !
Est-il rien de plus odieux Que les cabarets, le dimanche, Ou tout autre jour férié?
On rêve d'être expatrié De l'autre côté de la Manche.
Tous les cafés de bas en haut,
Jusqu'au moindre, sont pris d'assaut
Par une folle clientèle,
Dont c'est le seul jour de gala,
Et qui, justement pour cela,
Y trouve un agrément — dit-elle!
Je veux bien que pour les patrons
Ce supplément de biberons
Soit une appréciable aubaine;
Mais les clients habituels,
Quotidiens, essentiels,
C'est ceux-là qui n'ont pas de veine
Voyez comme ils ont l'air marri.
Ils n'ont pas leur coin favori. Il est pris par une famille.
Et leur manille, alors?... Bonsoir!
Ils pourraient boire sans s'asseoir, A la rigueur, mais... la manille?
Et les clients affluent toujours.
L'atmosphère, sans nul recours, Devient irrespirable, immonde.
Est-ce que, d'ailleurs, un café, Serait-il dix fois occupé, A jamais refusé du monde?
L'huis ne cesse donc de s'ouvrir, Et les courants d'air de courir.
Le patron, tout à sa recette, Installe les nouveaux clients Sur vos genoux conciliants...
Il vous en mettrait sur la tête.