‹ La muse au cabaretChapitre 9 sur 139 · CABARETS DU DIMANCHE · texte numérisé non relu

CABARETS DU DIMANCHE

J'entends des gens me dire : « Mais, Sale égoïste que tu es, Est-ce qu'un café, somme toute, N'est pas une façon d'endroit Neutre, où tout le monde a le droit De pénétrer? » Eh oui! sans doute.

Je le regrette, voilà tout.

Je voudrais que ce fut surtout

Le lieu réservé, solitaire,

Où viennent leurs chagrins noyer,

Ceux-là qui n'ont pas de foyer,

Les obstinés célibataires.

Et j'ajoute encore ceci :

Au célibataire endurci

Le café tient lieu de famille.

Et voilà d'où vient son ennui;

Il se croit harcelé chez lui,

Quand le dimanchard y fourmille.

Certes, si tous les caboulots Etaient inflexiblement clos, Il se marierait davantage, Quitte — comme je sous-en tends A divorcer de temps en temps...

Mais, Piot, le triste avantage !

Page 1