‹ La muse gauloiseChapitre 14 sur 60 · DESPORTES · texte numérisé non relu

DESPORTES

Sonnet

C'est à bon droit, belle main, que je dois Priser, vanter, obérir ta bonne grâce; Par ton secours, aisément, je me passe Du sexe ingrat, sans amour et sans foi.

En m'ébattant un quart d'heure avec toi, Les feux d'amour je convertis en glace, Malgré leurs dents, les plus fières j'embrasse. Et fais cocus l'empereur et le roi.

Argent ni temps ne me faut point dépendie (dépenser) , Nouveaux venus ne me font point attendre. Mon temps je passe, et suis chaste tenu;

Tu m'affranchis de chancre et de vérole. De maître Ambroise et de maître Nicole, Et le Gayac par toi m'est inconnu.

Epigramme

Blanche, aux yeux verts, femme du vieux Tityre,

Autant de fois que sa vache elle tire (trait),

Dit bassement, d'un courage marri :

« Je ne vois point que ma tâche finisse.

Car toute nuit, je fais même exercice.

Tirant le bout qui pend à mon mari ! »

Epigramme

Quand par les lochers montagneux Pasiiîhaé, de fiureur contrainte.

Suivait son amant dédaigneux, On dit qu'elle fit cette plainte :

« O Vénus ! fille de la mer, Qui causes ma flamme emagée.

Puisqu'un bœuf, tu me fais aimer.

Qu'en vache ne m'as-tu changée ! ;

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