SATYRE
Sur mon lit, emplâtre d'ordure, Je ronfle comme un Epicure, Ou le pourceau sur son étron.
Sentant couler dessus ma cuisse Une certaine ch...-p..sse Aussi jaune que le citron.
Et n'était que, pendant ma vie.
Cette maudite maladie M'a déjà pris deux ou trois fois, Je vous donne toute assurance Que je perdrais la patience Et qu'enragé, je me tuerais.
D'avoir ce mal, c'est raa coutume, Comime frapper sur une enclume Est coutumier au maréchal.
Quand Proserpine sera rousse Et que les chiens iront en houase Je n'aurai plus ce maudit mal.
La chasse n'est point si certaine D'un lapereau dans la garenne Comme je suis toujours certain De remporter la ch...-p..sse Si je descends dessus la lice Pour besogner quelqiie putaii^.
Quoique chacun me dise : « Claude, Ne touche pas cette ribaude Ou autrement tu y mourras, lu y mourras, je te l'assure ! >^ J'aimerais mieux mourir à l'heure <)ue de ne la besogner pas !
Hé Dieu ! Hélas ! Hé Dieu ! que l'homme Pour avoir mangé d'une poimme, Porte de maux dessus les reins !
Tout comme nous piquent les bêtes Et n'ont jamais vérole, peste, Ch...-p..., chancres, poulains !
J'ai vu des chiens plus de dix mille
Lesquels fretaillent, pile à pile.
D'une seule chienne, le Noc,
Mais pour cinq cent mille estocades,
Ils n'en furent jamais malades
Et toujours Hroit est leur estoc.
Encor les chiens ont l'avantage Qu'entrant dedans leur bordelage Ils n'y payent pas un douzain.
Nous autres donnons la pistole Et n'en avons que la vérole Souventes fois pour notre gain !
Marchand qui perd n'aime pas rire;
« Viens ça, laquais, et va-t-en dire
A Soufletruse, médecin.
Qu'il vienne voir mon pauvre zeste (v...)
Qui ne peut plus lever la tête.
Tant il est rempli de farcin. »
Mes boyaux ronflent de colère !
Je sens déjà la casse amère Jouer de l'épée à deux mains ; Gare le coup d'esloc, de tailles Pour débouler jusqu'aux entrailles Mille sortes d'buineur vilain.
Jamais, jamais je n'y retourne.
Je le proteste sur la corne Du plus grand cocu de Paris, Car le renard finet et sage.
Pris deux fois au même passage, Au troisième n'est jamais pris.
Une putain, qui pour ce titre A mille fois porté la mitre Par tous les lieux, aux carrefours, Me la donna pour son Epice, N'étais-je pas un vrai jocrisse De contenter là mes amours ?
Cependant cette putain sale Faisait de sa vierge vestale Et a plus brimbalé de coups.
Que tous les gueux de l'Allemagne.
De France, Italie et d'Espagne, A l'hôpital n'ont pris de poux.
Son corps a soutenu plus d'homme Que toutes les putains de Rome, Et plus mutilé de c. lions Que Venise n'a de pistoles.
Et A donné plus de véroles Que l'océan n'a de sablons.
Elle donne plus de pratiques, Chirurgiens, à vos boutiques.
Que les Co<urs et les Parlements N'ont de pratiques en la France, En décidant tant de sentences.
Tant d'arrêts et d'appointements.
Dedans la grotte de Tolède, Un grand diable qui la possède, Dit l'histoire, faisait leçon.
Ainsi je crois que la vérole Et le chancre tiennent école Dans la caverne de ce c.
O troii, rempli de cli...-p... !
Tu es le trou de Saint-Patrice, Qu'Irlande tient en ses confins.
Car tu as, pour les misérables Dix mille légions de diables, Pleins de pestes et de venins !
Que maudite soit la carogne Qui m'a taillé telle besogne !
Qu'elle aie les estranguillons (asthme) Qu'une lèpre, mais des plus fines Hideusement dès les narines, Couvre son corps, jusqu'aux talons.
Que tes paillards les plus lubriques Ayant leur zest, long comme piques.
D'un fin acier, tranchant, aigu, Transpercent comme des aiguilles Pour te rompre les spopondrilles Et les nerfs qui bandent ton c... î
Que quatre cent mille hommes d'armes , Prennent ce trou rempli de charmes ; Mais avant que sortir du lieu, Qu'ils tirent tous, comme la foudre.
Et si quelqu'un n'a pas de poudre, Qu'il la flanque d'un coup d'épieu.
Mes beaux souliaits ne seraient fables.
Mais je sais bien que tous les diables De l'emporter font du refus, Craignant d'avoir la ch...-p...
Disant qu'ils ont, sans ce supplice, Assez de feu, aux poils ,4'u cul.
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