‹ La muse gauloiseChapitre 23 sur 60 · MAYNARD · texte numérisé non relu

MAYNARD

Epigrammos

Muses, trêve de modestie, Vous rougissez, toutes les fois, Que je nomme cette partie Qui fait les Papes et les Rois.

Si vous n'êtes im peu lubriques.

Votre raison va de travers ; he f...tre des temps héroïques Fut le sujet des premiers vers, Sachez que la terre n'est pleine Des chansons de vos favoris, Que parce que le c. d'Hélène Hébergea le v... de Paris.

On dit qu'une reine de Crète Dont Dédale fut maquereau.

D'une passion indiscrète Brûla jadis pour un taïu'eau.

.Te le crois certes, puisque Jeanne Soupire aujoiird'hui pour un âne.

La Roche, mon parfait aani.

Je te donne pour ton étrenne

Un y,.. 4jb dei^x pieds et demi

Qui f... six cQiip^ tout d'une haleine

Car pour dire )^ yérité

Une telle félicité N'est méprisable, ni commune, Mêmement en l'âge où l'on vit.

Où maint homme a de Ja fortune A la mesure de son \...

La Cour qui jadis me ravit A cette heure m'est importune :

Je la quitte et de mon seul v...

Je veux attendre ma fortune.

Car Alix en fait tant de cas.

Qu'elle me promet des ducats.

Beaucoup plus que je ne souhaite.

Si dix fois la nuit, je la fous.

« Belle, votre affaire vaut faite, Comptez l'argent, et troussez-vous

Vous me défendez, Madeleine

De retourner jamais chez vous,

Si promptement, je ne vous f...s.

Deux ou trois fois, sans prendre haleine.

En la perte de votre amour.

Qu'en vous chevauchant nuit et jour.

J'ai si chèrement conservée.

Je sens des regrets bien cuisants :

Mais pour une telle corvée.

Je n'ai pins mes reins de seize ans.

Si vos blâmes piquants et faux

Me font plus longuement la guerre.

Je ferai chanter vois*' défauts

A toutes les voix de la terre.

iîien qu'avec ides mots concertés,

V'^ous juriez que les voluptés

N'ont point de ragoût qui vous plaise.

Sans être sorcier ni devin.

Je sais, Perrette, qu'on vous baise

Pour une bouteille de vin.

Dès qu'un jeune valet de chambre

S'offense du nom de valet.

Et met pour cinquante écus d'ambre,

A charger la peau d'un collet,

Qu'à ses parents, il fait la moue,

Qu'il prête, achète, donne et joue

Avecque prodigalité,

Dites que le compagnon sonde

Le trou d'où la postérité

De son maître est venue au monde.

Lise, il n'appartient qu'à des fous De se dire vos tributaires : Un crible est moins percé que vous Votre corps est plein de cautères.

Si le ciel rendait aujouivl'hui Tous vos trous égaux à celui.

Qui conduit à votre matrice.

Que vos désirs aéraient contents !

A'^ous pourriez mettre en exercice Cent priapes, en même temps.

Ton front se ride et ta couleur se plombe ;

Mets bas la honte et la timidité.

As-tu dessein de porter sous la tombe

La triste fleur de ta virginité ?

Ne me dis plus que ta nière est chagrine.

Et que ses mœurs prêchent une doctrine,

Qui te défend de me vouloir du bien ;

Je sais, Philis, qu'elle serait ravie.

Ile faire choir un zest comme le mien

D^ns le vieux trou qui t'a donné la vie.

Voici Jeanne là mal peignée.

Qui n'est jamais sans cprselet.

Et qui faisant l'embesognée Fait d'une bague un bracelet.

Elle est sèche comme une niche, Mal faite, comme une guenuche.

Eloquente comme un Gascon. Ajoutez à tant de merveilles.

Que la belle est pauvre de en Comme un âne est pauvre d'oreilles !

Jeanne, ta miâe et tes discours 9

Ne sont que des afféteries.

Et ta carcasse est, tous les jours.

Ou du Cours ou des Tuileries.

Le bordel même vous méprise Votre c.n a la barbe grise, Et sent le vous-m'entendez-bien.

Cessez de le parfumer d'ambre ; Désormais il ne vaut plus rien Qu'à remplir votre pot de cbambre.

A voir le maintien arrogant De l'incoanparable Uranie, On dirait qu'elle ne manie Jamais un v... qu'avec le gant.

Cependant cette belle altière N'oserait me désavouer, Qu'elle ait tâché de se jouer Au grand mulet de sa litière.

Margot, Inc voici v... en main :

Aimons, le temps nous y convie.

Eli ! que savons-nous si demain

Est un des jours de notre vie ?

La mort nous guette, et quand ses lois

Nous ont enfermés une fois,

Au sein d'une fosse profonde.

Adieu, les amoureux ébats ;

L'Ecriture ne parle pas

Que l'on chevauche eh l'autre monde !

Sur une jeune épousée

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