EPIGRAMME
Jeaiineton, en la nuit première,
Son mari dessus elle étant,
Remuait des mieux le derrière,
Et puis disait en «'ébattant :
(( Mon doux ami que j'aime tant,
Fais-je pas bien de cette sorte ? »
Le mari, lors qui se transporte.
Lui répond, de courroux épris :
« Oui, mais que le grand diable emporte
Ceux qui tant vous en ont appris. »
Autre
L'almanach dit, pour le certain,
Qu'un prompt rhume doit, cette année,
Ravir la plus grande putain,
Qui depuis que Vénus est née.
Ait mis son corps à l'abandon :
Allez à confesse. Renée,
De peur de mourir sans pardon.
Autre
Tes lèvres ont perdu leurs roses,
Et ton corps est déjà cassé ;
Il te faut mettre au rang des choses.
Qui furent au temps passé.
Jeanne, ton éloquence est forte :
Mais n'attends plus qu'elle me poxte
A plaire à ta lubricité.
MoHti engin, que ta main caresse.
N'a pas assez de charité,
Pour être un bâton de vieillesse.
Stances
Mes ans vont achever leur cours ; Je ne saurais vivre deux jours.
Jeanne, avec un « De Projundis », Soiihaitc-nioi le Paradis.
Ma vie est pleine de langueur, Vénus a fondu ma vigueur.
Et mon engin, ton cher mignon.
Est plus sec qu'vm vieux champignon.
Je bats du flanc comme un bidet.
Qui galope sous un cadet ; Un tremblement prend mes genoux Toutes les fois que je te f...s.
Toute cette inconUttodité Me vient de ta lubricité.
Vénug m'a donne dans ton lit La fièvxê qui m'ensevelit.
Lorsque je devins ton amant, J'étais un homme si charmant, Que pour un fil de mes cheveux Les abbesses rompaient leurs vœux.
Je raidissais comme un ballon.
J'étais un fameux étalon.
Et quand je mettais l'eseaipin, Je bondissais comme un lapin.
Les femmes de bon jugement Me faisaient toutes compliment.
Et devant moi, la chasteté Tremblait au milieu de l'été.
Le bonheur suivait mes amours :
Je faisais les plus beaux atours, Que les coquettes de Paris Mettent au front de leurs maris.
Sans le feu de ton c... paillard.
Je serais encore gaillard, Et mon Priape aurait de quoi Arroser tes femmes et toi.
Travaille et te pourvois ailleurs ; Cherche des reins qui sciciit meilleurs Et sache si ton muletier Voudrait être mon héritier.
Je connais le fond de ton cœur ; Tu demandes un bon piqueur.
Qui pratique soir et matin Les préceptes de l'Arétin.
Tu veux qu'on aille chaque nuit, Au delà du nombre de huit ; Pour sept coups, tu ne penses pas Faire qu'un fort maigre repas.
Tu ne m'as que trop fait savoir, Jeanne, qu'il n'est pas au pouvoir De deux amants frais et nerveux De te b..ser comme tu veux.
Ma mort ne se peut différer.
Et je ne dois pas espérer Tant je suis las et morfondu.
De trépasser le nerf tendu.
Le Parlement aura grand tort, S'il ne te condamne à la mort ; Ton amour est mon assassin A ce que dit le médecin.
Mais j'agis trop cruellement.
Pleure mon destin seulement.
Et ce sera sur mon tombeau Payer du sang avec de l'eau.
Sur la tombe, où je serai mis, Dis : « Ci-gît un de mes amis Qui, sans les fougues de mon c...
Aurait pins longuement vécu. »
Epigramme
Afin de me rendre imité Par toute la race future, Je sacre à l'immortalité.
Ce mien fait, par cette écriture :
C'est que sans forcer ma nature, Sans manger chapons ni faisans.
Ni pigeons aux amours duisants.
Et, sans me mouvoir la pensée, J'ai, debout depuis quatorze ans F.. tu cinq coups, d'une dressée.
Autre
La plus verte dé nos saisons Est déjà bien près de sa borne :
Hâtons-nous de planter des cornes Sur le front des bonnes maisons.
Si la colique ou le catharre Dans le sein obscur de la terre.
Une fois nous ensevelit.
Nos jeux ne passeront pas outre :
Comte, le sépulcre est un lit A dormir, et non pas à f...
Autre
C'est contre toute raison Que Nicole est ennemie Des V... dont la trahison Exerce la sodomie.
Quelqu'un peut-il chevaucher Cette vieille sans pécher Contre l'ordre de nature, Puisqu'im ulcère invaincu N'a rien fait qu'une ouverture De sou cai et de son c... !
Autre
Pierre, ce Gascon enragé, D'un si beau v... est partagé Et d'ime mentule si grande Que la nouveauté m'en ravit; Car, ô prodige lorsqu il b...
Il se peut moucher de son v...
Autre
Si un pied giassement poli.
Poupin, rondelet et joli,
Dénote une niottfe profonde Je crois, Margot, certainement Que ton naturel instrument Pourrait contenir tout le monde.
Autre
Iris, >dans les eaux de ses yeux,
Submerge ses lis et ses roses,
Et dit beaucoup d'étranges choses,
Contre l'injustice des cieux.
Ne pensez pas qu'elle se plaigne
D'avoir perdu sa belle enseigne
Son carcan et ses bracelets.
Non, non, la cause de sa peine,
C'est la mort d'un de ses valets.
Qui f...lait six coups d'une haleine.
Autre
Lorsque Antoinette eut vii cpie, malgré son désir, Son drôle à f.,tre en cl prenait tout son plaisir. Et que son en vivait oisif et solitaire : « Que fais-tu, infidèle ? ô perfide assassin ? . J'ai plus besoin d'un v... que non point d'un clystère : Je demande im f..teur, non pas un médecin ! »
Autre
L'Amour est un dieu mercenaire ; Les dames vendent leur beauté Et leur industrie ordinaire Joint le gain à la volupté.
Il faut que la Finance joue, Autrement, elles font la moue Aux amants qu'elles ont vaincus.
Vive, vive la m aquarelle Que vulgairement on appelle Une bourse pleine d'écus.
Autre
Des honmies à bonne cervelle Et vieux amis de ta maison.
Assurent qu'avecque raison On peut t'appeler niaquerelle.
Tu jures qu'ils en ont menti Et que jamais il n'est sorti Mot de vérité de leurs bouches.
Mais, Lise, il n'est que trop certain Que près de ton cornard tu couches Toutes les nuits mie putain.
Autre
Poiirquoi perdez-vons tant de peine A vous coiffer <le faux cheveux ?
Vieille, mon amoiu- est vaine, Pour vous honorer de ses vœux.
Le cœur des ans qui tout moissonne Vous fait si laide, que personne Ne se veut mettre dans vos fers ; Mes laquais vous ont refusée Et si l'on ne b... airx Enfers, N'espérez plus être b...sée.
Autre
Lise, je vois que ta finesse
Bute à m'engager sous tes lois,
Mais quoi ? Le règne des Valois
Fut le siècle de ta jeunesse.
Tu m'as beau suivre nuit et jour.
Et me jurer que ton amour
Est au delà de toutes bornes,
Je ne veux point d'un corps si vieux.
De crainte de planter des cornes
Sur la tombe de mes aïeux.
Sonnet
Lise, tu marches nuit et jour Sous la foi d'une maquerelle.
Et quand je te parle d'amour, Tu baisses les yeux en pucelle.
Je crois bien que tu l'as été
Mais non point qu'il t'en ressouvienne,
Jamais fleur de virginité
Ne dura si peiï que la tienne.
Tu dis pourtant que j'ai grand tort
De te persécuter si fort
Pour te ravir un si beau gage ;
Que tes discours sont imprudents !
Perdis-tu pas ton pucelage Avecque tes premières dents ?
144 La Muse Gauj^oise