BERTHELOT
Sonnet
J'avisai, l'autre jour, auprès d'une lumière. Une médaille antique, un corps sans mouvement Et croyant que ce fut quelque vieux monument, Pitoyable passant, marmotte une prière.
Tirai mon vipaillon, et dessus cette bière La tenant à loisir, sentis incontinent Quelque douce liqueur : par tel arrosement Cette carcasse un peu remua le derrière.
Je tombe épouvanté, tout -de même surpris
Qu'un qui, le jour des morts, pense voir des esprits.
Lors, pour me consoler, me 'dit en cette sorte :
« Tu peux facilement connaître en seul point Que j'honore les v..,, que je ne suis pas motte : C'est que je f..s toujours, les morts ne f..tent point, n
Sonnet
Je f..taîs, l'autre jour, une vieille et mon v... Me dit : « Tout beau, monsieur, ma foi, je suis de noe©; Je ne puis cheminer, louez-moi un carrosse. Autrement je ne veux f..îre que par dépit.
Si je me fâche un coup, par Dieu, le cas est cuit. Je fourbirai si bien qu'elle en deviendra rosse,
— Voir, voir, dit la vieille, il fait sa maie bosse, Qui a tant de babil souvent manque d'esprit. )>
Alors j'ai laissé là et mon v... et la vieille
Disputer l'un et l'autre à qui ferait merveille.
Mon V... dit : « Je re veux fourbir qu'un jeune c... !
— Tu te trompes, mon fils : qui fait apprentissage, Qui s'adresse au plus vieux, il s'adresse au plus sage. En fait de sûre chasse, il n'est qu*un vieux faucon. »
Philis veut <ie ce roc être précipitée
Si jamais à crédit berger l'a culetée.
Non pas même Daphnis que son cœur aimait tant.
Je ne révoque pas cette assurance en doute,
Elle a tant de laideur, qu'il n'est gueux qui la f..te
Si plus tôt que le faire, il n'**=^ -lyé comptant.
Du plaisir champêtre Sonnet
J*aîme dedaiiâ tin bois, à trôuvef ê^arentnté
QTi'iï attaque si bien, et l'escarmouche tant Qu'ils meurent à la fois du combat de Nature.
J'aime à voir dans les champs, non la belle peinture, Mais im bélier cornu sa femelle foutant, Et le bouc échauffé sur la sienne montant Par un si doux plaisir oublier &a pâture.
J'aime à voir dans un pré, à un pareil effort,
Le taureau qui se joint à la vache, si fort,
Qu'il voudrait, s'il pouvait, la percer d'outre en outre.
I/C f..tre est à nos veux un printemps diapré. Au cœur, un paradis ; mais si je ne vois f..tre Je n'aime point jii champ, ni campagne, ni pré.
Demande d'une courtisane à une maquerelle
Chloris, un jour, demande à sa maîtresse,
Si l'on pavait une chambre de v...,
Par où faudrait passer, à son avis.
Sur le plancher, sans que les v... on blesse.
A mioi, elle répond, comnip en cela bien sace : (( ïl faut lever la cotte et leur montrer le c... ; Caf si ton? ppn V,., îà sont d'im naturel bon, Al«fa ils df^ss-rewi pour "^^ua Wr© pa»Mif?fi. »
Epigramme
Cette vieille sempiternelle Qui n'a que les o« et la peau A bien le naturel fort beau Mais sa nature n'est pas belle.
'ï ir -»
Autre
Ses c. ne sont que volume.
Madame, on vous l'avait bien dit Qu'il ne f..tait pas de son v...
Comme il écrivait de sa nlume.
Autre
Ci-gît, qui n'a point de manche.
Le corps de mon vieux pourpoint !
D'un corps qui n'a point de manche.
Ma maîtresse n'en veut point.
t '^ IF
SIGOGNES.
Tombeau
Ci-gît l'amoureuse Isabeau, Morte en l' amoureuse mêlée; Passant, foulez bien son tombeau Puisqu'elle aimait d'être foulée.
Ëpigramme
Si selon la loi divine On épouse sa cousine Comme s'elle n'était rien, Sans penser à Lévitique, Emjbraaser on la peut bien Quand elle est putain publique.
Médisanoe
Le pot où l'on met les plumes, Les lieux où sont les enclumes.
Les coffres semés de clous. Les chemina, lea cimetièree.
Les monts et les fondrières Ont bien plus d'aise que vous.
Les catalogues, les houppes.
Les plumes et les étoupes.
Les oreillers de velours, Les heures et les mitaines, Les peaux de vautour, les haines Sont bien plus fermes que vous.
Les vieils caques de morue.
Les tanneries et les rues.
Les privés communs à tous.
Les dents à moitié pourries.
Les fumiers et les voieries Sentent bien meilleur que vous.
Une chienne, inie tigresse, Une chatte, une singesse, La femelle entre les loups, Un maquereau passé maître.
Les novices, hors du cloître.
Sont bien plus chastes que vous.
Une veuve, une nourrice,
La tripe d'une saucisse,
La chausse d'un vieux jaloux
Et les gaines roturières
Des couteaux de ces tripières
Sont pucelles comme vous.
(HaBaâeMMBftitfa
Epigramme
Je ne vis jamais bateleur, Bohême, avocat, emballeur, Guillaume, Gautier, ni Garguille, Causer comme fait cette fille :
C'est un digne appeau de cocu.
Mais si quelque amoiireux la touche.
Elle repartira du c...
Encore mieux que de la bouche.
Epigramme
L'amour, le désespoir, la rage.
Agitent son faible courage, Par de si violentis efforts, Qu'elle en est toute forcenée.
Et la pauvrette s'est donnée D'un v... par le milieu dn corp*.
Epigramme
Lise, cette insigne punaise.
Me faite montre de ses ducats Et c'est afin que je la b..8c.
Mais qu'elle ne Tespère pas.
Elle n'a de charme qui me touche, Puis jamais il n'est arrivé Que mon c... donnât à ma bouche La charge d'aller au privé.
Epigramme
Jeanne, si belle et si jolie, A tout f..tu fors un écu
Que si souvent elle manie.
Qu'il est plus usé que son c...
Encore ne l'emploira-t-elle, Comme j'entends ; la demoiselle,
A quelque chose de friarwl.
Mais si elle voyait près d'elle Quelque v... joyeux et riant,
Qui portât fort haute sa tête.
C'est bien pour lui qu'elle l'apprête.
Le ventre qui meurt cependant,
De maie faim en attendant,
Pète, rechigne et se tempête.
Et voyant du en les repas.
Il se dififorme et devient blême
De se voir toujours au Carême,
L'autre toujours au Mardi-Gras.
Le godmiché des filles
L'on m'a dit que le plus souvent, L'Amour vous contraint en rêvant, De faire à l'envers la grenouille.
Et que faites mille regrets Pour les doux mystères secrets Du mal eaclié qui vous chatouille.
Mais, je me plains, que tout le jour, Fuyant même le nom d'Amour, Vous contrefaites la doucette, Cependant que toutes les nuits Vous prenez <ie nouveaux déduits Avec tui manche d'épouoette.
Mais tm clou qui se détacha Ces jours passés vous écorclxa, Dont vous fites si triste mine.
Que vous allez tout dédaignant.
Pouvant à peine en rechignant Retenir l'eau de votre urine.
Une autre fois, il faut choisir Le lieu, le temps et le loisir Pour vous réjouir à votre aise.
Usant de ces hâtons polis, Dont vous arrangez les gros plis El leâ bouillouA de votre fraise.
Ceux de velcius ne coulent pas.
Ceux de satin deviennent gras Et sont rudes à la couture, Et ceux de verre, en leur chaleur, S'ils se cassaient, par un malheur Vous pourraient blesser la nature.
Si vous en prenez un de fer Avant qu'il se puisse échauffer Il ne fera rien qui vous plaise ; Mais je nie trompe en cet endroit.
Car aussitôt, il se fondrait, Comme dedans ime fournaise.
Mais il vaut bien mieux pratiquer L'amour même, sans se moquer, Sans aimer l'ombre de son ombre, Et sans, par un ébat nouveau, \'ous jouer de quelque naveau Ou d'un avorton de concombre.
Ce n'est pas ainsi qu'il vous faut Refroidir un endroit si chaud.
Qui d'une feinte ne s'abuse.
Et qui pourrait en- un moment Allumer, dans un régiment, Toutes les mèches d'arquebuse.
Ni se troanper de la façon De celle, qui pour un garçon (1) Embrassait souvent une femme.
Et qui mourant de trop aimer.
Ne trouva qu'au fond de la mer Un remède à sa triste flamme.
(i) Sapho.
Vous n'attendez qu'un mari neuf, Quelque veau, pour devenir bœuf, Qui vous ôte ce nom de fille ; Et tenant clos votre vallon.
Craignant l'enflure d'un ballon, Vous vous ébattez d'une quille.
Mais quiconque soit le damné,
Votre mari prédestiné.
Bien qu'il n'épouse qu'une bête,
Heureux il sera le cocu.
Au moins si vous avez le c...
Aussi léger comme la tête.
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