LA PRINCESSE DE GONTI
Stances
J'aime bien ces portraits au blanc d'une muraille, Dont seulement l'objet émeut nos appétits, Mais je ris de ces fous, ô la grande canaille, Qui les peignent si grands et les ont si petits.
Ils veulent par l'objet d'une feinte peinture Faire courre après eux, mais ils en sont bien loin. Nos cns ne suivent pas de façon la nature : Ils ne vont pas au lièvre, ils sont oiseaux de poing.
Quelque faim qui les presse, en leiu* humeur gourmande L'oiseau n'est pas niais, il connaît son gibier. Il faut qu'il voie un poing bien garni de viande. Si l'on veut qu'il s'abatte et rende familier.
Les cns et les Autours ont cette i-essemblance. Qu'ils se paissent de cru, et au vif ils vont tous ; Ensemble leur nature a cette différence. Que l'un fond sur la proie, et l'autre fond dessous.
DALIBRAY
Je ne sais qui des deux possédera la dame, Que poursuivent ensemble et Daraon et Thélame. Mais il est tout certain que qui l'aura des deux. Ne sera pas le plus heureux.
Epîgramme
La pauvre Aminthe désespère De ne pouvoir avoir d'enfant.
Et serait femme, pour en faire Par le moyen que Dieu défend.
Elle se sert de tout remède.
Afin de faire enfler son sein ; Mais hélas, rien ne lui succède.
Elle se purge et ba.igne en vain.
Enfin, elle loue un carrosse.
Et s^en va seule aux eaux de Spa.
Je cî-ôi? qu'asile deviendra grosse, flâf àon fH«fî n^f sef4 ftBAi
ANGOT L'EPERONNSERE.
Sonnet
sur le cul d'une demoîsclle S
Beau cul de marbre vif, dont l'Amour fait sa gloire, Cul <lont les doux regards sont d'attraits embellis, Cul qui par sus tout autre obliges mes écrits, De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire ;
Cul qui sur tous les culs remportes la victoire, Cul qui passe en blancheur et la Rose et les Lis, Cul de qui le mérite obliges mes écrits De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire,
Beau cul, bien que tant d'heur se marque assez en vous. Ce n'est pas le sujet qui fait qu'aux yeux de tous. J'étale en ces écrits, vos beautés que j'admire,
Mais surout, je vous aime, beau cul tout divin Pour être le plus proche et l'unique voisin De ce doux Paradis où l'Amour se relire !
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