VOITURE
Stances sur une dame dont la jupe fut retroussée en versant dans un carrosse de campagne
Pliilis, je suis -dessous vos lois, Et sans remède à cette fois, Mon âme est votre prisonnière; Mais sans justice et sans raison, Vous m'avez pris par le derrière; N'est-ce pas une trahison ?
Je m'étais gardé de vos yeux;
Et ce visage gracieux,
Qui peut faire pâlir le nôtre,
Contre moi n'ayant point d'appas,
Vous m'en avez fait voir un autre
De quoi, je ne me gardais pas.
D'abord, il se fit mon vainqueur ; Ses attraits percèrent mon cœur ; Ma liberté se vit ravie ; Et ]e méchant eu cet état S'était caché toute sa vie Pour faire cet assassinat.
11 est vrai que je fus surpris.
Le jeu passa dans mon esprit, Et mon cœur autrefois superbe, Humble se rendit à l'Amour, Quand il vit votre cul sur l'herbe Faire honte aux rayons du jour.
Le soleil confus dans les cieux En le voyant si radieux Pensa retourner en arrière.
Son feu ne servant plus de rien Mais ayant ru votre derrière, n n'osa pas montrer le sien.
En découvrant tant de beautés, Les Sylvains furent enchantés ; Et Zéphire, voyant encore D'autres appas que vous avez, Même en la présence de Flore, Vous baisa, ce que vous savez.
La rose, la reine des fleurs.
Perdit ses plus vives couleurs ; De crainte, l'œillet devint blême Et Narcisse, alors convaincu.
Oublia l'amour de soi-même Pour se mirer en votre c...
Aussi rien n'est si précieux ; Et la clarté de vos beaux yeux.
Votre teint qui jamais ne change Et le reste de vos appas, Ne méritent point de louanges Qu'alors qu'il ne se montre pas.
Ou m'a dit qu'il a des défauts Qui nie causeront mille maux :
Car il est farouche à men'eille ; 11 est dur comme un diamant ; Il est sans yeux et sans oreilles Et ne parle que rarement.
Mais, je l'aime, et veux que mes vers Par tous les coins de l'Univers En fassent vivre la mémoire.
Et ne veux penser désormais Qu'à chanter dignement la gloire Du plus beau cul qui fut jamais.