‹ La muse gauloiseChapitre 31 sur 60 · THEOPHILE DE VIAU · texte numérisé non relu

THEOPHILE DE VIAU

Sonnet

Je songeais que Philis, des enfers revenue Belle, comme elle était à la clarté du jour. Voulait que son fantôme encore fit l'Amour, Et que, commie Ixion, j'embrassasse une nue,

Son ombre, dans mon lit, se glissa toute nue, Et me dit : ce Cher Tircis, me voici de retour. Je n'ai fait qu'embellir en ce triste séjour. Où, depuis ton départ, le sort m'a retenue.

Je viens pour rebaiser le plus beati des Amants ;

Je viens, pour remo-urir dans tes embrassements ! »

Alors, quand cette idole eut abusé ma flamme,

Elle me dit : a Adieu, je m'en vais chez les Morts ; Comme tu t'es vanté d'avoir f... mon corps, Tu pourras te vanter d'avoir f... mon âme ! »

Sonnet

Saturne aime le Ciel, et Jupin, son tonnerre, Junon, les cœurs hautains, Cyprine, les ébats, Mercure, les discours. Mars, les cruels combats, Diaue, les forêts, Cérès, toute la terre.

Neptune, son trident, Bacchus son vert lierre. Minerve, la sagesse, et Pluton, les lieux ibas, Viilcain, le feu ardent. Mégère, les débats, Flore, les belles fleurs que Printine desserre.

Pan se plaît dans les bois, et Priape aux jardins, Paies aime les prés, et Tliéniis, les humains, Pliœbus, sa douce lyre, et Cupidon ses flèches,

Les Parques, leurs fuseaux, la Lune, son éclat. Hercule, sus labeurs, les fou leurs, toutes brèches, Et Lise n'aime rien que mon v... délicat.

Epigramme

Personne ne me veut baiser :

Je sens moi-même un mauvais air, <^)ui sort avecque ma parole.

J'ai lies fistules par le corj)s.

Je me deuils dedans et dehors.

Assurément, j'ai la vérole !

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