BOURSAULT
La soubrette qui rit
Dans une ollicialité, V Ces jours passés, une soubrelle
Passablement belle et bien faite
Et d'une robuste santé, Avec la bienséance, ayant fait plein divorce, Dit f[u'un vieux médecin, l'avait prise de force, Qu'il fallait ou le pendre, ou qu'il fut son mari. « Et comment, dit le jvige, a-t-il pu vous y prendre ? Vous êtes vigoiureuse, il fallait vous défendre. L'avoir égratigné, dévisagé, meurtri ?
— J'ai, monsieur, répondit-elle.
De la force, quand je querelle.
Mais je n'en ai pas quand je ris ! »
^ ^ ^ Les cornes
Un bonhomme, époux d'une Agnès, Contraint d'aller aux champs, la pria d'cUc hcnncte. « Si quelque autre que moi jouit de tes attraits, Il me viendra, dit-il, des cornes sur la tête. — Des cornes ! Que dites- vous là ?
Revenez comme vous voilà J'aime bien mieux être fidèle. ^i îl part. A son retoiu- qu'elle trouve trop prompt, Ne lui voyant rien sur le front :
a Que vous êtes menteiu" dit-elle ! »
SENECE
Epigrarnmes
« Que pensez-vous de mon sonnet ?
Me dit une belle écolière,
Vous paraît-il passable, ou comme dit Molière,
N'cst-il bon seulement qu'à mettre au cabinet ?
— Moi, repris-je en riant, soit -dit sans vous déplaire, Je l'ai trouvé si vif, si tendrement tourné,
Qu'en le lisant, j'ai soupçonné...
— Quoi ! — Que vous vous 1 étiez fait faire. »
Lycas, qui partageait le lit
D'Armide, qu'il croyait fidèle,
La surprit en flagrant délit,
Avec un amant beau comme elle.
D'abord, prompt à brutaliser,
Il lit un éclat authentique,
Mais la belle sut l'apaiser
Par cette raison «.ans réplique :
« Ah, mon cher, lu dois m'excuser.
Et ma faute n'est pas si grande :
Quel moyen de le refuser ?
Il pleure quand il le demande ! »
Arcas, aux maux aecoulumé,
Porte de dures chaînes; Pendant qu'il ne fut point aimé
Il soull'rit mille peines ; Mais quand sa belle a consenti
De payer sa tendresse, Le niallieureux a ressenti
Des maux d'une autre espèce.
Pliilis, que son bergei réduisit aux abois,
Disait, d'une tremblante voix :
« Si tu n'arrêtes pas ton effort téméraire, Je ferai, de mes cris, retentir tout ce bois. » Mais un loup, qui passait, fit peur à la bergère.
Philis se tut, et laissa faire.
La jeune et friponne Sylvie Un jour s'entretenant avec son médecin, Lui demandait quel temps il trouvait le plus sain Pour prendre le plaisir le plus <loux de la vie. « La question me plaît ; elle est digne de vous. Dit-il, et je vous vais éclaircir ce mystère. On dit que le matin, il est plus salutaire.
Mais le soir, je le crois plus doux ! » Alors, en souriant d'inie bouche si belle. Que le vieil Esculape en fut tout transporté : « J'aurai soin tous les soirs de mon plaisir, dit-elle,
Et les matins, de ma santé ! »
ANONYMES
Stances
Il m'a semblé que celle uuil.
Amour aveugle, à petit bruit M'a conduit, près de votre couche.
Où, vous voyant ainsi sans yeux, Je dérobais, tout glorieux, Un doux baiser de voire bouche.
Ce baiser, si doucement pris.
Ravissant d'aise mes esprits Me forçait de passer plus outre.
Et lors, pour suivre mon dessein.
Passant la main sur votre sein.
J'enrageais tout vif de vous f...tr€.
Mais la crainte de vous fâcher, Qui tout à coup me vint toucher, Versa dans mon cœur tant de glace.
Que privé de tout sentiment, Je ne pus pas, tant seulement.
Démarrer un pied de la place.
Cependant le j^esant sommeil
Peu à peu sortait de votre œil,
Chassé par la douce lumière!
...Et lors, Amour, mon doux vainqueur
Prenant place dans votre cœur
Vous fit exaucer ma prière.
Lors, pour ma langueur apaiser, Je vous pris un nouveau baiser.
Qui ralluma ma flamme éteinte.
Et, me glissant entre vos draps, Vous BQie reçûtes dans vos bras, Blessé d'une i»ouveIle atteinte.
Que de mignards embrassements, Que d'amoureux ravissements.
Et que de diverses pointures Rendirent heureux mon destin.
Jamais le folâtre Arétin Ne le fit en tant de postures.
Je n'eus jamais tant de plaisir
A contenter votre désir
Que j'eus pendant ma rêverie.
Car je sais bien, que de mes coups,
Vous eûtes du sucre plus doux,
Que celui qui vient de Candie.
Mais je m'éveillai là- dessus
Etonné, penaud et confus,
Ainsi qu'un matou que l'on châtre.
Trouvant mon linceul (drap) tout souillé
Et mon pauvre v... barbouillé
De sucre plus blanc que l'albâtre.
Et pour alléger mon émoi, Tâtant, tout à l'entour de moi.
Je vis que c'était un mensonge.
Lors, il me sembla que l'Amour Me promit que j'aurais un jour En oflTet. "*» que j*éus en songe.
Epigramme
/Elle est sourde, ainsi comme un souinI
A ceux qui lui parlent d amour ;
Mais toucliez-lui sou petit centre,
Cela s'endure doucement,
Et pour écouter un amant,
Elle a l'oreille au bout du ventre.
Epigramme
Un jour, le bon vieillard Thibaut Encor vaillant de sa personne, Ayant le v... et le cul cliaud.
Fourbissait la belle Alizonne.
Or, comme le galant l'en... ne, Lui dit, d'assez bonne façon :
« Vraiment, mignonne, je m'étonne, Que vous n'ayez de poil au c... »
Lors en grondant, comme un coclion, La belle répond toute émue, « Hé, qu'est-il besoin d'un bouchon, Où la taverne est bien connue ! »
Epigramme
L'autre jour, un certain Gascon
Embrassait une chambrière
Et la fourbissant par derrière,
Ne mettait pas dedans son c...
La garce, dont la grâce accorte
Fuyait de semblables appas,
Lui disait : « Ce n'est point ma porte,
Mo-nsieur, je loge un peu plus bas ! »
Epigramme
Jean, ce fonteur invaincu, Au soir, dans une taverne.
Foutait Lise, à la moderne, C'est-à-dire par le c...
Elle qui veut qu'on l'enf...
Selon sa nécessité.
Disait d'un cœur irrité Qu'im clystère est inutile A qui crève ^e santé.
Epigramme sur une femme
Des éléments ce corps est ^composé.
Mais toutefois, d'une façon étrange, Car chacun d'eux a son siège posé.
Distinctement, et sans aucun mélange.
L'Air a choisi en la tête son lieu, La Terre aux pieds, et l'Eau dans la poitrine, Le Feu qui prend sa part vers le milieu, Brûle le c... et la place voisine.
D'un fUs de p-Jtaîn qui se fait gentilhomme
Il se dit gentilhomme, étp.nt fils de putain, Et voici le sujet, où sa noblesse, il fonde. Que sa mère, f...iant avecque tout le monde. L'a bien pu faire noble, aussitôt que vilain.
Epigramme
sur les femmes qui montrent
leurs seins
Les filles, qui, au temps passé
Soûlaient (avaient l'habitude de) découvrir leur visage, Cette coutume ont délaissé, Pour de leur sein nous taire homimage.
Si elles continuent l'usage, Découvertes jusqu'à l'arson, Sus, sus, enfants prenons courage.
Nous leur verrons bientôt le c... !
Epigramme
Crois-tu, Philis, que pour t'aimer, Cliacun doive se captiver?
Ton visage est plus jaune et pâle Que l'aigre fruit d'un citronnier.
Et sans cesse, ton corps exhale Une vapeur de vieux fumier.
Or, tes attraits ne font envie A pas un de tous les mortels, Et tu n'e? propre, dans la vie, Que de paillasse de bordels.
Tes yeux, enfoncés dans la tête.
Et tes bras secs co>mme un fuseau Ne peuvent avoir pour conquête Que quelque aveugle maquereau.
Epigramme
Voyez la grande trahison Des ingrats c. lions que je porte :
Lors que leur maître est en prison, Les galants dansent à la porte.
Epigramme
Un médecin, brusque et gaillard, Fit à son fermier, telle enquête :
« Viens ça, qui t'a mis en la tête Ce gentil cliapeau de cornard ? »
De ce, le manant étonné, Répondit : « Monsieur, par mon âme, C'est un de vos vieux que madame M'a de votre grâce, donné. »
Epitaphe d'une demoiselle qui mourut de la petite vérole
N'appelez la Parque meurtrière, O beaux esprit?, dedans vos vers, De ce que la belle Chartière Est le repas de mille vers.
Que cette raison vous console.
Qu'au moins la petite vérole
A mis ce flambeau de l'Amour Dedans le creux de cette fosse, Puisque sans doute quelque jour, Elle fut morte de la grosse.
Epigramme
Un médecin, déjà sur l'âge.
Commande un jour à son valet
Que sans retarder davantage,
Il allât brider son mulet.
Le garçon, se montrant habile.
Court à l'étable de ce pas.
Et voulut prendre à la cheville
La bride, qu'il n'y trouva pas.
Il n'y eut coin, détour, ni place
Qu'il ne tâtonnât de sa main.
Faisant une horrible grimace
De voir son labeur être vain.
Il monte à la chambre du maître.
Etourdi, comme un hanneton.
Qui vis à vis d'une fenêtre
De sa femme tâtait le c...
Regardant comme à l'ébaye
Sa landie et ses landrions,
n lui disait : « Hélas, ma mie,
Voici bien des brimborions. »
Le garçon, entrant en furie,
Lui dit, ayant ouï cela :
« Regardez, monsieur, je vous prie,
(( Si votre bride n'est pas là. »
Epitaphe d'une femme lubrique et putain
Sonnet
Elle avait consacré et son corps et son âme A toi, roide Priape, à toi, chaude Vénus, Et les justes loyers qui lui en sont venus, C'est cette mort infecte et le sépulcre infâme.
Hé, Bon Dieu, que de pleurs sur cette bonne dame ! Mille dessus son corps, elle avait soutenus ; Son mari le sachant, et qui ne l'aimait plus, S'en arracha le poil, et sa tête diffame.
O mari, bon mari, vrai portrait d'amitié. Après avoir perdu ta publique moitié.
N'estime d'en trouver une qui la seconde :
Car elle seule avait plus de chaleur au c...
Que toutes les putains cmi se trouvent au monde ;
Aussi t'a-t-elle fait un sublime cocu !
Ep «gramme
Une dame allant dans son coche Aux champs, avecque son amant.
Hors des faubourgs, il vous Fembrcche Et vous l'enf... allègrement.
Elle qui se voit détenue Crie, pendant un si doux jeu :
a Ha, Dieu, si cela continue, Le chemin nous durera peu ! »
Oracle d'amour portant sa recette Acrostiche
L ors que la Belle avait la pâle maladie
E lie fit consulter aux oracles divers,
V oir quel remède était pour garantir sa vie.
I 1 lui fut répondu : « Belle fille, m'amie,
T on remède est écrit au côté de ces vers.
Epigramme
Un amoureux, près de sa dame.
Ne disait mot, de trop d'ennui.
Quand son cul prêt à rendre l'ânie.
Prit haleine et parla pour lui.
« Fi, le vilain ! » ce lui dit-elle, Oyant son derrière éclater.
Alors cet amoureux fidèle. Répond, se voyant picoter, « Je ressemble au laurier, ma belle.
Je ne puis brûler sans péter. »
Epigramme
Un frais mari dit à sa demoiselle, « Souperons-nous, ou ferons le déduit ? — Faisons lequel, qu'il vous plaira, dit-elle. Mais le souper n'est pas encore cuit ! »
Sonnet
Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne Duquel on ne saurait estimer la valeur ; S'il vous vient quelque ennui, maladie ou douleur, Il vous rendra soudain à votre aise et bien saine.
Il n'est mal d'estG«mac, colique, ni migraine, Qu'il ne puisse guérir, mais surtout, il a l'heur Que contre l'accident de la pâle couleur. Il porte avecque soi la drogue souveraine.
Une dame le vit dans ma main, l'autre jour, Qui me dit que c'était un perroquet d'amour. Et dès lors m'en offrit bon nombre de monnaie.
Des autres perroquets, il diffère pourtant : Car eux fuient la cage, et lui, il l'aime tant Qu'il n'y est jamais mis, qu'il n'en pleure de joie.
Epigramme
Un coanpagnon, par charité.
Fourbissait le bas d'urte dame.
Et la dame de son côté Levait le c... pour sauver l'âme.
Elle se pâme de plaisir Quand elle eut fait mainte bricole.
Et s'écrie : « Hélas, mon désir !
Sauvez-moi, mon âme s'envole ! «
Lui qui la voyait aux abois, Immobile comme une souche, Poux fermer deux trous à la fois.
Lui mit la langue dans la bouche.
« Beaux yeux, dit-il, remplis d'appas.
Mettez toute crainte en arrière ; Votre âme ne s'enfuira pas.
Si vous bouchez bien le derrière !
Epigramme Secret pour amollir les bottes
Un avocat, voulant aller aux champs.
Dit à son clerc qu'il lui graissât ses bottes.
Qui, au grenier, avaient été longtemps
Pleines de poudre et couvertes de crotte.
Alors son clerc lui dit tout prompteinent :
« Si l'on les veut faire amollir en hâte.
Il les faut mettre au trou tant seulement,
De votre femme, où hier, mon instrument
Las 1 devint mou comme un morceau de pâte. »
Epigramme
Margot s'endormit sur un lit.
Une nuit, toute découverte, Robin, sans mot dire, saillit :
Il trouva sa lanterne ouverte.
Mit sa chandelle au plus profond :
« Robin, ta chandelle se fond.
— Non fait, dit-il, c'est une goutte Qu'en allumant, elle dégoutte Qui fait ta lanterne animer.
— Viens, Robin, quand on ne voit goutte Souvent ta chandelle allumer! »
Epigramme Vœu d'une dame a Vénus
A toi, Déesse, qui as soin De nous secourir au besoin.
Mère des Amours ensucrée, Douce riante Cythérée :
Si ce gros Priiipe charnu Je peux voir une fois tout nu, Roide, sonder jusques au centre Le profond de mon large ventre, Et d'une abondante liqueur, M'arroser le flanc et le cœur.
Tandis qu'une froide impuissance Retient mon Vulcain en silence.
J'ornerai de beaux myrtes verts Ton autel, à jours tous divers.
Et là, te faisant humble hommage.
Au pied de la si belle image.
Je t'appendrai, fort humblement Le portrait de cet instrument, Pour servir d'honneur et d'exemple Aux sacrifices ide ton temple.
Epigramme
Attendant que mon bon destin Fasse que bientôt, je te voie.
Mon cher La Roche, je t'envoie Les postures de l'Arétin.
Mais en contemplant les peintures Où tu verras, en cent postures Multiplier le genre humain.
Empêche que ton v... ne dresse Et qu'il ne te crache en la main En l'absence de ta maîtresse.
La vraie médecine de maître Grimache
qui guérit tous les maux
et plusieurs autres
Pour garder vos filles d'être oisives
Si vos filles, mal averties, N'ont aucune occupation, Frottez-leur bien le c... d'orties :
Elles auront au c... passion ; Et croyez que sans friction Temps passeront à se gratter.
Et trouveront l'invention De souvent leurs fesses frotter.
Pour écrire dessus le luth d'une demoiselle
SONiVET
Si votre main blanche et légère Anime et donne au luth la voix.
Jugez ce qu'elle pourrait faire, D'un autre instrument que de doigts.
Croyez, belle ménétrière.
Pendant que vous avez le choix, Remuez un peu le derrière.
Et c^v pas si souvent les doigts.
Le luth, pour un temps peut vous plaire Mais ce plaisir ne dure guère, Il ennuie et lasse parfois.
Mais un V... fait tout le contraire.
Car son entretien ordinaire
Fait que les ans semblent des mois.
Epigramme
C'est un beau mot qu'envi tailler!
Mais qu'il soit parti entre nous :
Et que me donniez à tailler Et prenez le reste pour vous.
Epigramme
Un poète foutereau abordant une fille, Alors qu'elle enfilait sa délicate aiguille : « Comme vous enfilez, lui dit-il, votre fil Ainsi j'enfilerais, si vous le vouliez, belle. Votre c... de mon v... » Mais ce poète subtil. Fut contraint aussitôt d'enfiler la venelle.
De Gatin
J'allais près d'une rivière, Quand Catin me dit tout bas :
« Tii as l'âme casanière De ne prendre ici mon cas ! »
Aussitôt la soulevant, Dessus riierbe, je la jette.
Et lui troussant son devant, Je défis mon aiguillette.
« Tout doux, tout doux, me dit-elle, Ah î ne poussez pas si fort !
Mais choyez ime pucelle Qui meurt d'une douce mort. »
Disant cela, ses genoux Elle ouvrit d'un grand courage.
Et moi, je doublai mes coups Pour m'y faire un chemin large.
« Hé bien ! Ai-je le cœur lâche Lui dis- je, qxiaiid je fus las?
— Non, dit-elle, si tu tâches Trois fois d'embourrer mon bas. »
t^tmtamtt^ttk
Epigt-amme
François aime Françoise, et Françoise aime aussi
Cet amant pour lequel son œil est adouci :
Mais on dit que François a chevauché Françoise.
Qui ne voit que c'était leur seule ambition,
« Afin que l'on dit d'eux : « Grand v... gi-ande mortaise
Ne manquèrent jamais de grande affection ! »
Sur un nouveau marié
Epigramaîe
Four avoir trop fringue ma belle Mon v... s'est crevé la prunelle.
Et m'a rendu l'œil chassieux; Le pauvret plus rien ne distille.
Je suis au lit tout inutile, Ne pouvant f..tre que des yeux.
Questions diverses
Un gros pitaud, mourant de trop d'envie De chevaucher Catin par amitié, Catin l'accorde et le fait par pitié.
Fut-ce péché ou bien une oeuvre pie ?
Ce gros pitaud jette à bas sa co-mmère.
Et de la f..tre il ne fut négligent ;
Elle lui prit en f..tant son argent.
Que fut le pis le furt [vol] ou l'adultère.
Une putain, sommeillant d'aventure, Songeant manger du fromage et du lait, Se trouve au c... un v... gros et refait. Fut-ce péché de gueule ou de luxure.
Une putain, aux pauvres charitable.
Fit de son corps largesse à tous venants, Pom: aumôner les biens en provenant.
Le cas fût-il déshonnête ou louaible.
Epigramme
Ci-dessous gît Jeanne Pré>dit Qui f...tant trépassa tout outre Cherchez-lui un poisle de foutre Pour lui faire un tombeau de v..
Epigramme
Voyez ce valet an gros râble Qui rit de tous ces amoureux ?
Encor qu'il les serve à la table.
Il f... Madame et se rit d'eux.
ir -» ^
Sonnet
Une matière verte, en mes c... formée Par mon v... tout baveux distille incessamment. Qui m'écorclie le bout et me cuit tellement Que j'égoutte avec peine une urine enflammée.
Mon V.,. dont la fureur est toujours animée, Plus qu'il ne soûlait (1) pas, roidit obstinément. Cordé par une ardeur au conduit allumée Que j'étuve d'eau tiède et de lait vainement.
Je n'entends plus parler sinon de turbantine D'onguent, d'incussions, de l'art de médecine. Pour rafraîchir les reins et l'humeur dessécher.
Les accidents fâcheux me font bien du martvre, Mais je m'en moquerais et ne ferais que rire Si l'on me permettait au moins de chevaucher.
(i) Avait rmitiimc.
Epigramme
Cette douce Sainte Nitouche
Par inégar<fe nonuuant un v...,
Fut une heure à laver sa bouclie,
Afin d'expier son délit.
Et si néanmoins, ce dit-on,
Voyez comme elle est débauchée :
Elle ne lave pas son c....
Quand huit ou dix l'ont chevauchée !
Epigramme
Ce petit chien fait un mystère Que toutefois je n'ai pas vu.
Mais on dit qu'il lèche mi ulcère Où vous avez toujours le feu.
A une malade des pâles couleurs Sonnet
Jeune et pâle beauté, qu'une foutue envie De f... à eu levé tourmente incessamment, Donnez-nous du bon temps et f... librement. De ce plaisir d'amour rendez-vous assouvie.
Tout ce qae voua voyez à l'Amour vous oonvie Les poissons vous f... dans l'humide élément, Les oiseaux parmi l'air f... lascivement. Et t)Out autre animal par ce plaisir prend vie.
Ainsi l'on f... partout et en haut et en bas. Etant bien assuré que ces foutus ébats Conservent Pornement de la Machine ronde.
Et si quand vous f... par hasard quelque sot Vous en voulait blâmer, répondez en im mot Que si l'on n'eut f... il ne fut point au monde.
Tombeau &une vieille courtisane
Sous ce foutu tombeau, gît l'impudique cendre De la plus grand putain, qui jamais ait été. Pluton, pour s'en servir, l'a fait là-bas descendre, D'autant qu'elle f... en âne débalé,
O toi, foutu passant, si quelque envie lubrique
Des plaisirs de Vénus t'émeut aucunement,
Arrête un peu ici, et viens branler la pique.
Ou bien à tout le moins, pisser au monument.
Des femmes Epigramme
Femme n'est que tempête, Et orage indompté ; Le torrent de sa tête Ne peut être arrêté.
Sans cesse on la bataille, De revers et de taille, Et d'être sur son eu, Et bien qu'on la transperce.
Qu'on la navre et reperce.
Ne peut être vaincu.
-î -* ^ A Nicole
Quand vous venez me voir dedans ma chambre. Ce n'est point, non, pour me donner confort. Pour m'enrichir, ou prolonger ma mort.
C'est pour vider et ma bourse et mon membre.
^ ^ ^ De Jeanne en sa grossesse prétendue
Jeanne, cfui son ventre portait Boursouflé de plus de neuf lunes.
Le mal d'Amory ressentait, Coimme sont ses douleurs communes.
La sage-femme là était.
Donnant du linjje à la nourrice
Pour venir faire son office ; Mais quand du lit elle approcha, Jeanne toute fière et dépite, Son fessier large délâcha, Et criant « Sainte Marguerite ! »
De quatre gros pets accoucha.
% ^ ^ Epigramme
Gombault, qui une vieille aimait,
S'avise, un jour de le lui faire
Doucement, car il estimait.
Ainsi faisant, de lui complaire.
Mais la vieille qui nullement
N'aimait une telle manière :
« Frappez, lui dit-elle, hardiment
Jusqu au fond de ma pénillicre.
— IMon, no«, dit-il, tout bellement.
Bois sec se fend trop aisément. »
Epigramme
Quelque croquant, en se voulant gausser. Disait un jour à Lise, non revêche :
« J'aurais désir, Lise, de vous ibaiser ; Mais votre nez, qui est si long, m'empêche. » Lise répond : « Hé bien ! Monsieur, tenez : (Montrant son cul)... un visage sans nez. »
De Jane
Devinez comme Jane rend
Son cas ore étroit, ore grand,
Et par quelle ruse et fallace.
Elle Taccounnode à tout catze (v...) ?
Cette garce ayant entendu
Que son cas était trop fendu.
Voire tant que le plus grand membre
N'y montre non plus qu'en sa chambre.
Et qu'il allait à tâtons,
Elle y attacha des boutons
Au côté droit, et puis fit mettre
Des boutonnières au senestre (gauche),
Tellement que quand il lui plaît
Elle l'augmente ou décroît
Ainsi Jane pour toute sorte
De membres virils un cas porte.
A Marizée, sur la mort de sa fille
Celle dont vous fûtes la mère Repose ici, en ce cercueil :
Toute la Cour en est en deuil, Car chacun pense être le père.
D'une Juive
Mara, juive de nation,
Approuve notre baptême.
Plus que leur circoncision :
ce Car, dit-elle, on devrait même
Au membre de l'homme ajouter
Plutôt que d'en vouloir ôter ! »
Epigramme
Quand Marion, tendre épousée Sentit l'assaut du mariage, Pria Robin, tout éplorée.
D'être plus doux en son bagage.
Robin se tut, fit le passage.
Puis dit : « M 'amour, suis- je trompeur Marion dit : « Ce n'est pas charge, Recommence, je n'ai plus peur ! »
Epigramme
Maeette est femme très honnête.
Et si ce n'est un jour de fête.
Elle a toujours l'aiguille en main, Mais c'est une aiguille marine Qui sert à trouver le chemin Sur l'océan de eon urine.
Epigramme
Je ne veux plus aimer Lavalle, Car elle ne t'ait que trotter, Et qui i^lus est, cette cavale .Voudrait, à toute heure porter.
Epigramme
Tu es entré en mariage
Trop jeune et trop soudainement,
Sans attendre l'esprit et l'âge.
Est-ce faute de jugement ?
Ami, je te dirai comment
Pour mettre un de tes membres à l'aise.
Tu as inconsidérément
Tous les autres mis en malaise.
Epigramme
Un homme d'une humeur gaillarde Appela quelqu'un maquereau, Que lui répliqua bien et beau :
« Que votre femme est babillarde ! :
Hier, en me promenant, je vis <jiie par hasard La blonde Catlierine ramassait une aiguille ; Je m'écrie aussitôt : « Belle, je retiens part », Elle me souffrit alors d'iuie grâce gentille, Et la pressant toujours de partager nous deux, Témoignant qu'elle était d'un chaud désir épointe, Elle me dit soudain : a Mon ami, je le veux. Prenez pour vous le cl, et me donnez la pointe. »
Epigramme
Cette camuse qui s'enfuit Quand je lui présente ma bouche, Si je lui présentais mon v...
Elle ne serait point farouche.
Autre
Margot, un soir à la brune, En trayant sa vache brune.
Tenant le pot à la main, De son lait à demi-plein.
Disait : « Semble que la sO'Urce De Jacques a même course.
Je la tire tous les jours Et elle renaît toujours. »
Autre
Iris, allant au bois ramasser du branchage. Trouve le caleçon d'un homme de son âge,
Auprès d'un petit coteau.
Le prend d'abord, et partout le visite. Mais de dédain, tout aussitôt le quitte, S 'écriant : « Fi du nid, j'aimerais mieux l'oiseau.
Autre
Belle dont les yeu:s m'ont vaincu De savoir si Jean est cocu.
Voua avez une forte envie.
S'il est cocu, je n'en sais rien, Mais je sais bien que cle sa vie, U m'a b... femme de bien.
Epigramme
Je ne veux point, pour mon plaisir, Femme qui soit par trop lubrique.
Je ne veux point aussi choisir Femme par trop chaste et pudique.
Car en l'amoureuse pratique Toutes deux n'entendent point l'art.
L'une trop tôt veut qu'on la pique, L'autre le veut faire trop tard.
Epitaphe
Je suis mort, d'amour entrepris.
Entre les jambes d'une dame.
Bien heureux d'avoir rendu l'âme.
Au même lieu oti je la pris.
Epigramme
Celle de qui chacun se joue Et qui n'en refuse pas un.
Ne mérite pas qu'on la loue.
Je la prise moins que Ju boue Puisqu'elle passe sous chacun.
^ ^ ^ Epigramme
Lysandre disait à Doris
Qu'il craignait que son fils fut pris,
S'il allait si souvent chez elle.
« Non, non, lui répondit la belle.
Mon pouvoir n'est pas si fatal,
Je ne lui ferai point de mal.
— Ce qui rend ma peur nécessaire.
Dit Lysandi'e, sans s'étonner,
N'est pas le mal que tu peux faire,
Mais celui que tu peux donner ! »
Phillis dit l'autre jour à une bonne bande :
« Je n'ai point un mari difficile au repas.
Il mange comme moi toute eorte de viande. »
Mais comme il l'entendit, il arrêta ses pas,
Et dit en souriant : « Cette belle friande
Se sert bien d'une chair dont je ne goûte pas. »
Epigramme
Je vois l'amoureuse Isabelle Qui, du cœur et des yeux, mi'appelle.
Disant : k Eteins mes feux ardents ; Mets-y ton gros doigt et bouche Bien hardiment ma basse bouche, Car elle n'eut jamais de dents. »
Epigramme
Isabelle est molle au milieu.
Où se loge le petit dieix :
Cependant la bonne Isabelle
A durs les tétins et les bras :
« C'est pour ce que le haut, dit-elle.
N'est point battu, comme le bas. »
Epigramme
Un homme gît sons ce toniibeau, Qui ne fut vaillant qu'au boirdeau, Mais au reste, plein de ditlanie ; Ce fut, pour voois le faire coiurt.
Un Mars, au combat de l'Amour, Au combat de Mars, une femme.
Epigramme
Ma foi, Margot me fait rire.
Alors qu'elle vient me dire Que son mari n'est qu'un veau.
D en a passé les bornes, Car, puisqu'il porte des cornes.
Jugez s'il n'est pas taureau.
Epigramme
Le médecin n'est qu'un railleur, Car pour la do'uleur qui vous presse.
Le lait d'un viédaze est meilleur Que non pas le lait d'iuie ânesse.
Epigramme
Perinelle a le cœur haut.
Elle est de fort bonne race, Elle n'a point de défaut, Que celui de la culasse.
« Il t
Epigramme
Iris, de qui la face feinte
Semble celle-là d'une sainte.
Qui fait sa demeure au bordeau.
Entrait sur un pont de la Seine,
Mais elle y était presque à peine
Que l'on la cou\-rit d'un seau d'eau.
Iris en est émerveillée.
Mais, se voyant ainsi mouillée,
Se fo'Urra dedans la maison.
D'où était venu l'orage.
Tant pour sécher son équipage.
Que po'Ur en tirer la raison.
En quoi elle ne fut déçue,
Car étant au logis reçue,
Philon, qui avait fait le fait.
Parut, bientôt, dans une cliambre.
En tenant dans sa main le membre
Qui avait causé le forfait.
Iris, lors, connaissant l'afifaire.
Dit qu'il ait à la satisfaire.
Sur ce, Plîilon se dépêcha Et tenant en sa main sa torche, D'Iris, il la rendit si proche.
Qu'en la couvrant, il la séclia.
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XVÏII' SIÈCLE