‹ La muse gauloiseChapitre 35 sur 60 · VOLTAIRE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE

Gailiardise

« Je cherche un petit bois touffu,

Que vous poortez, Aminthe, Qui couvre, s'il n'est pas tondu,

Un gentil labyrinthe.

Tous les mois, on voit quelques fleurs

Colorer le rivage... Laissez-moi verser quelques pleurs.

Dans ce gentil bocage.

— Allez, monsieur, porter vos pleurs

Sur un autre rivage...

Vous pourriez bien gâter les fleurs

De mon joli bocage; (]ar si vous pleuriez tout de bon,

Des pleurs comme les vôtres Pourraient dans une autre saison

M'en faire verseo: d'autres.

— Quoi? Vous craignez l'avènement

De l'amoureux mystère ?

Vous ne savez donc pas comment

On agit à Cythère ?

L'amant, modérant sa raison

Dans cette aimable guerre Sait bien arroser le gazon

Sans imbiber la terre.

— Je voudrais bien, mon cher amant.

Hasarder, pour vous plaire, Mais dans ce bienheureux moment.

On ne se connaît guère.

L'Amour, (maîtrisant vos désirs.

Vous ne seriez plus maître De retrancher de vos plaisirs

Ce*qui vous donna l'être ! »

Huitain

Quand les Français, à tête folle.

S'en allèrent en Italie, Ils gagnèrent à l'étourdie, Et Gêne, et Naple et la vérole.

Puis ils furent chassés partout.

Et Gêne et Naple, on leur ôta.

Mais ils ne perdirent pas tout.

Car la vérole leur resta.

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