‹ La muse gauloiseChapitre 5 sur 60 · MOLINET · texte numérisé non relu

MOLINET

Rondeau

Cette fillette à qui le téton point, Qui est tant gente et a les yeux si verts, Ne lui soyez ni rude, ni pervers.

Mais la traitez doucement et à poinl.

Dépouillez-vous et chemise et pourpoint.

Et la jettez sur un lit à l'envers, Cette fillette.

Après cela, si vo'Us êtes en point.

Accolez-la, de long et de travers.

Et si elle a les deux genoux ouverts.

Donnez dedans et ne l'épargnez point, Cette ulletle.

ANONYMES

Ballade

Un cuisinier, qui veut dames servir, FautI qu'il soit prompt, diligent, non pas nîce De loyaument entendre et assouvir [(sot)

Ce mî'il leur faut, et viande propice.

Car l'une veut manger d'une saucisse, L'autre boudin rôti sur les charbons, Et l'autre veut manger pour son service Un pied d'andouille entre les deux jambons.

Et pour ce, faut gouverner et tenir

Le cuisinier sagement, quoi qu'il puisse.

De demander souvent et enquérir

Aux demoiselles du manger la police (le menu)

Disant aussi : « Voulez-vous (ju'on rôtisse

Pour le souper ou perdrix oii pingon (pigeons) ?

— Nous aimons mieux, répond une nourrice.

Un pied d'andouille entre les deux jambons.

Le cuisinier, pour en penser jouir,

Leur fit tantôt un grand brouet d'épices

Et mit dedans pour leurs cœurs réjouir

Sucre, safran, cannelle et réglisse.

Se dit l'une : « Je n'ai point la jaunisse,

Et ne veut point de brouets, tant soient bons,

Mais seulement qui toucbe ton office.

Un pied d'andoruille entre les deux jambons

Envoi

Prince, du tout je renonce à l'office.

Et vous voyez apparentes raisons.

Car trop souvent faudrait que je fournisse

Un pied d'andouille, entre les deux jambons.

Rondeau

La voyez -vous bien, cette noire Qui est assise sur ce banc?

Croyez, si elle a le c... blanc, Qu'on peut lui dire qu'elle est vaire.

Elle se lairait (laisserait) en uneairf Chevaucher pour un petit blanc...

La voyez -vous?

El (le) ressemble bien à sa mère, x\ussi ne peut mentir bon sang.

Si on la chevauche, elle dit franc :

« Abrégez, j'ai ailleurs affaire »...

La voyez -vous?

Randeau

La teneur de cent mille cens Et le dessus de ma maîtresse, Je souliaite pour prendre liesse.

Et ne faire guerre qu'aux c...

Avoir nos ennemis vaincus, Toujours roulé avec jeunesse.

Je souhaite pour prendre liesse, La teneur.

Lors lairrons (laisserons) lances et écus, Pour empoigner tétons et fesses.

Jamais n'engendrerai tristesse Mais chanterai avec Bacchus La teneur.

Rondeau

Quelque pauvre homme que je sois.

Si ma dame tenir pouvais, Entre mes bras, devant un lit.

J'abandonne qu'on me pendît Si bientôt sa grâce n'avais.

Mes cinq sens, je travaillerais Par tel éclat que je ferais La plupart de son appétit, Quelque pauvre homme.

S' elle a chaleur, je l'éteindrais S' elle a froid, je réchaufferais.

Par un très gracieux délit.

Je sais où le mal d'amour gît.

Aussi bien que nul que je vois.

Quelque pauvre homme.

Si vous la baisez, comptez quinze Si vous touchez le tétin, trente.

Si vous avez la motte prinse (prise) Quarante-cinq, lors se présente.

Mais si vous mettez en la fente Ce de quoi la dame a métier, — Notez bien ce que je vous chante — Vous gagnez le jeu tout entier.

Femme qui fait tétons paroir (paraître) Et cl par étroite vêture, A tout homme fait apparoir (apparaître) Que son en demande pâture.

Rondeau

A l'appétit d'une putain.

Faut-il que je mette dehors,

Ce qui me doit nourrir le corps

Pour un trou qui n'est jamais plein?

Je tiens celui bien inhumain Qui pour tels faits fait ces efforts, A l'appétit.

Pourquoi je conclus pour certain Que par tels tours puants et oïds (sales) n se rend du nombre des morts, Qui veut continuer ce train, A l'appétit

Rondeau

Tant qu'il suffit, que veut-on mieux, Qu'en un vert pré tenir sa dame, Et s'y bien joindre, p<ir mon âme, Qu'on lui fasse tourner les yeux?

A toutes heures et tous lieux Qu'on n'épargne travailler femme Tant qu'il suffit.

Aussi bien, quand nous serons vieux.

Les femmes nous donneront blâme S'en notre temps on ne nous clame, Confits en amours et joyeux, Tant qu'il suffit.

XVr SIECLE

JEAN DROYN.

Ballade sur la grosse vérole

Plaisants mignons, gorriers, esperrucats. Pensez à vous, amendez votre cas !

Craignez les trous, car ils sont dangereux. Gentilshommes, bouigeois et avocats, Qui dépensez écus, saluts, ducats, Faisant banquets, ébattements et jeux!

Ayez regard que c'est d'être amoureux Et le mettez en votre protocole ; Car pour hanter souvent en obscurs lieux. S'est engendrée cette grosse vérole.

Menez amours sagement, par compas.

Quand ce viendra à prendre le repas Viie ayez nette devant vos yeux.

Fuyez soucis et demeurez soûlas Et de gaudir jamais ne soyez las.

En acquérant haut renom vertueux.

Gardez-vous bien de hanter gens rogneux Ni gens dépits qui sont de haute colle : Car pour bouter sa lance en aucun creux, S'est engendrée cette grosse vérole.

Hantez mignonnes, qui portent grands états Mais gardez-vous de monter sur le tas

Sans chandelle : ne soyez point honteux Fouillez, jetez, regai-dez haut et has Et en après, prenez tous vos ébats.

Faites ainsi que gens aventureux, Comme disent un grand tas de baveux, Soyez lettrés sans aller à l'école.

Car par Lombards, subtils et cauteleux, S'est engendrée cette grosse vérole.

Envoi

Prince, sachez que Job fut vertueux.

Mais si fut-il rogneux et grateleux,

Nous lui prions qu'il nous garde et console!

Pour corriger mondains luxurieux

S'est engendrée cette grosse vérole.

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