‹ La muse gauloiseChapitre 59 sur 60 · QUELQUES HISTOIRES EXTRAITES DU VOLUME · texte numérisé non relu

QUELQUES HISTOIRES EXTRAITES DU VOLUME

Les Dupont font assez bon ménage, mais dans les bons ménages, aussi bien que dans les plus beaux ciels, il y a parfois de légers nuages.

Dernièrement, donc, le ciel des Dupont s'étant un peu obscurci, Mme Dupont décida de faire pendant quelque temps chambre à part.

Il fallait donc que les raisons de Mme Dupont fussent vraiment sérieuses, car elle tint parole.

Pendant huit jours, le fringant Dupont rongea son frein, mais le soir du dixième jour, il ny tint plus et vint frapper à la porte de sa femme.

— Pan I Pan 1 Pan I... Ouvre, Marguerite '

Et la femme, à qui la pénitence qu'elle s'était imposée commençait cependant à peser, de répondre :

— Non, je n'ouvrirai pas, tu n'avais quà être plus gentil.

— Pan I Pan I Pan I

— Non I Non 1

— Pan I Pan I Pan I

— Non et non I

Dupont continua à frapper de plus belle sans aucun succès du reste.

— Ah 1 Marguerite, s'écria t-il en désespoir de cause, si tu savais avec quoi je frappe...

Et Marguerite ouvrit...

(1) Histoires de commis-voyageurs et de table d'hôte. Histoires faciles a lire, faciles à retenir, faciles à raconter. 1 fort vol. (19x12 cm.), 320 pages, 10.000 lignes. Franco France et Colonies : 10 fr. — Contre remb., France Algérie, Tunisie, Maroc, 1 fr. 25 en plus. — Et rang, recommandé 3 fr. en plus. Paiement en mandat, chèque, billets ou timb. français, à A. Quignon, Editeur, 16, rue Alphonse-Daudet, Paris (14«). Métro : Alésia. Tél. Gobellns 60-65.

— Ma femme, elle est d'une naïveté adorable, nous disait un jour l'ami Nestor, vous ne pouvez pas vous douter combien elle m'a fait rire la première nuit de nos noces.

Comme sa mère la savait très oie blanche, elle lui avait fait la leçon, à mots couverts, s'entend.

— Mon enfant, ne l'effraye pas, fais ce que ton mari voudrai Je ne peux pas t'en dire plus, ton mari t'apprendra ce que c'est que l'amour... l'amour... tu as bien vu des chiens collés dans la rue... ch bien, c'est cela !

Et jugez de mon étonnement lorsque, la première nuit de noces, alors que timidement j'essayais d'apprivoiser cette petite oie blanche, mais un peu sauvage quand même, elle me dit d'un petit ton résigné :

— Mon cher petit mai'i, faites-moi ce que vous voudrez, mais après, de grâce, ne me traînez pas dan? .c couloir 1

A table d'hôte, on parle des femmes; les uns en disent du bien, les autres les égratig ent un peu, mais tous sont d'accord pour avouer qu'elles ne sont pas toujours faciles à manier.

— La mienne, dit un voyageur, fait ce qu'elle veut et, quand le diable y serait, 11 ne la ferait pas changer d'avis. Ainsi elle a toujours refusé de mettre des pantalons ; passé encore autrefois avec les jupes longues, mais maintenant c'est exagéré! J'ai pris tous les moyens pour lui faire comprendre qu'elle avait tort; je lui ai promis des cadeaux, rien à faire. Un jour, pourtant, j'avais eu une bonne idée et je croyais bien être arrivé à m'es fins. Elle était très enrhumée, je l'ai envoyée chez un médecin de mes amis auquel j'avais fait la leçon.

Mon ami la reçoit très bien, lui fait tirer la langue :

— Je vois ce que c'est. Madame, lui dit-il, vous ne portez pas de pantalon 1

Tète de ma femme I Mais c'est une fine mouche, elle n'eut pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre de quoi il retournait !

— Ainsi, docteur, dit-elle, en me regardant la langue vaus avez vu que je ne portais pas de pantalon ?..

— Mais, parfaitement. Madame.

— Eh bien, alors, dit-elle avec son plus gracieux soui'ire| regardez donc dans mon derrière, et dites-moi si mon chapeai est droit 1

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