‹ La muse gauloiseChapitre 60 sur 60 · QUELQUES HISTOIRES EXTRAITES DU VOLUME · texte numérisé non relu

QUELQUES HISTOIRES EXTRAITES DU VOLUME

La scène se passe pendant la guerre, en territoire occupé. Prévoyante, l'administration allemande a fait réunir toutes les femmes de mauvaise vie, et l'une derrière l'autre, elles attendent à l'entrée de la mairie l'arrivée du médecin qui doit leur délivrer la carte qui leur permettra d'exercer cette professicm que la police tolère et que la morale réprouve.

Justement la vieille Justine (76 ans), une ancienne bonne de curé, vient à passer par là. A la vue de toutes ces femmes. elle reste étoimee et se renseigne auprès d'un gamin facétieux.

— Mais elles attendent leur carte de sucre, ma petite mère.

— Leur carte de sucre, mais alors, moi je vais y aller aussi.

Et voilà la vieille Justine qui prend sa place en tin de file.

Passe M. le curé, l'ancien patron de Justine. En apercevant son ancienne banne avec toutes ces filles perdues, il reste un moment effaré, puis n'hésite pas à lui adresser de vifs reproches.

— Mais malheureuse, que faites-vous là ? Votre place n'est pas ici I

— Et pourquoi donc, M'sieur le curé, interrompit Justine... Si j'croque pus... J'suce encore.

Une i)énltente attend M. le curé près du confessionnal. Est-ce l'émotion ou toute autre chose, qu'importe I La jeune femme laisse échapper un... soupir étouffé et odorant.

HISTOIRES DE CURES recueillies par Jan de Bauvais

— Un fort volume (19 x 12 cm.) — 320 pages — 10.000 lignes. Franco France et Colonies : 10 fr. Contre remboursement France et Colonies 1 fr. 25 en plus. — Etranger recommandé : 3 fr. en plus. Paiement en mandat, chèque, billets ou timbres français, à A. Quignon, Editeur, 16, rue Alphonse-Daudet, Paris (14«),

Le prêtre arrive et, toute de suite, il pointe du nez et fr c le sourcil.

Cependant la pénitente s'est agenouillée et, timide :

— Par où faui-il que je commence, mon père ?

— Par aller cil..., répond le confesseur grognon.

Pendant la guerre, une compagnie de chasseurs alp|5 accoraplgnée de l'aumônier, qui montait faire une relève, surprise par une tourmente de neige, mais une tourmt si violente que les malheureux soldats, incapables de se c ger, s'égarent dans la montagne.

Pendant deux jours ils errent ainsi, harassés de fatigui^ mourant de faim, lorsqu'ils ont la chance Inespérée, près à la nuit, de tomber sur une grande cabane où un chev. gare ses chèvres.

Ils se précipitent dans cet asile et, comme un bonheur vient jamais seul, il se trouve que tout le troupeau était Chaque soldat empoigne aussitôt une chèvre et, à qUiS pattes, dans l'ombre, ils se mettent à t^ter goulûment.

Mais voici que, troublant le silence, un des hommes se r à cracher de façon insolite : « Reeck I Teff ! Teeck ! Teff !..

Un sergent craque une allumette et il s'aperçoit que M. V. mônier est tonibé... sur le bouc.

M. le doyen profite de la présence de Marie, la sœur de bonne, pour lui faire poser des tableaux au salon.

Marie a apporté une échelle ; elle la pose contre mur et e: commence son travail.

Cependant M. le curé qui, en bas tient l'échelle, s'aperç( que Marie n'a pas de pantalon.

— Marie, dit-il, descendez... Tenez, voilà dix francs, ail vous acheter un pantalon.

Marie prend les dix francs, passe à la cuisine et raconte chose à sa sœur ;

— Gertrude, crols-tu. Monsieur le curé qui me donne d francs pour aller acheter un pantalon 1 Tu devrais y aller, aurai aussi tes dix francs.

L'idée plaît à Gertrude, elle va prendre au salon la place i Marie et M. le curé s'aperçoit que Gertrude, elle non pli n'a pas de pantalon.

. — Gertrude, dit-il, descendez I

Gertrude, heureuse, descend en rougissant.

— Tenez, mon enfant, dit M. le curé, voilà dix sou5, ail vous faire raser.

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