‹ La muse gauloiseChapitre 8 sur 60 · RABELAIS · texte numérisé non relu

RABELAIS

Celle qui vit son mari tout armé

Fors la braguette, aller à l'escarmouche,

Lui dit : « Ami, de peur qu'on ne vous touche.

Armez cela qui est le plus aimé. »

Quoi? tel conseil doit-il être blâmé?

Je dis que non, car sa peur la plus grande

De perdre était, le voyant animé,

Le bon morceau dont elle était friande.

Dizain

Grand Thibaud, se voulant coucher Avecque sa femme nouvelle.

S'en vint tout bellement cacher Un gros maillet dans la ruelle.

« O mon doux ami, ce dit -elle.

Quel maillet vous vois- je empoigner?

— (Test, dit-il, pour mieux vous cogner.

— Maillet, dit-elle, il n'y faut nul.

Quand Gros Jean me vient besogner, Il ne me cogne que du c...!

Dizain

Jeannin, tâlant un soir ses vins nouveaux, Troubles encor et bouillants dans leur lie. Pria Quelot d'apprêter les naveaux (navets), A leur souper, pour faire chère lie.

Cela fut fait. Puis sans mélancolie.

S'en vont coucher, belutent, prennent somme. Mais ne pouvant Jeaimin, dormir en somme. Tant fort vessait Quelot et tant souvent, La compissa. « Puis voilà, dit-il, comme Petite pluie abat Bien un grand vent. »

^ -ï -ï Rondeau

En chjant, l'autre hier sentis

La gabelle qu'a mon cul dois.

L'odeur fut autre que cuidois (je pensais)

J'en fus du tout empuanti.

O si quelqu'un eût consenti M'amener une qu'attendois, En chiant !

Cat je lui eusse assimenti (bouché) Son trou d'urine à mon lourdoys (tout lonr-

[dement) Cependant eiît, avec ses doigts.

Mon trou de merde garanti En chiant !

Page 1