‹ La muse noireChapitre 11 sur 26 · L IMPUISSANT · texte numérisé non relu

L IMPUISSANT

A bas l'azur, papier bleu Du plafond de la nature!

« Poète, à bas le lutin Trottant sous ton front folâtre !

Moi, qui suis un philistin, Je dis : A bas ton lutin !

Laprade en perd son latin, Mais Laprade est un emplâtre !

Poète, à bas le lutin Trottant sous ton front folâtre ! »

Il décochait ainsi sur la Muse, narquois. Les flèches qu'il tirait de son petit carquois.

Comme il riait, assis à sa fenêtre ouverte, Le Vent se lamentait dans la frondaison verte.

Le Tonnerre grondait, et le bleu Firmament Se voilait peu à peu mélancoliquement.

Comme le front d'un prêtre essuyant un blasphème, Tout à coup se rida le Lac, devenu blême.

Pareille à la voix dont trembla le Golgotha, La voix de la Tempête en sanglots éclata.

Un éclair effrayant fendit la sombre nue ; Une femme apparut, éblouissante et nue :

Ses cheveux frissonnaient dans l'air illuminé... Le railleur chancela, comme un homme aviné.

Elle dit : — « Malheureux, toi qui m'as insultée, Vois la Grande Nature en sa sublime horreur ! Sinon sa beauté calme, admire sa fureur ! Réponds : ris-tu toujours de ceux qui l'ont chantée?

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