‹ La muse noireChapitre 25 sur 26 · APOTHÉOSE · texte numérisé non relu

APOTHÉOSE

Tous ont gravé leurs noms sur le roc de l'histoire; Ils se croient immortels : et n'ont-ils pas la gloire? L'éternel flot qui monte en grondant, insensés, Passera sur vos noms : ils seront effacés. — Nous servons sans espoir une Muse cruelle. Puisqu'il en est ainsi, jetons là la truelle. Maçons de la Pensée Humaine, et livrons-nous Au stérile repos, très logique et très doux ! »

Or, cependant qu'en proie à l'âpre défaillance, Dans le flot de ses pleurs II noyait sa souAVance, A l'espoir renaissant son cœur s'abandonna. Dans l'ombre, tout à coup, son œil s'illumina; Il eut le sentiment que son Œuvre était belle, Et sur son front brilla l'auréole immortelle.

Octobre 1882.

E me suis contredit maintes fois ; mais ce livre En étant plus logique, eût été moins loyal ; J'ai dit blanc en Nivôse et vert en Prairial : Mes indécisions, Lecteur, je te les livre.

La Chair me plaît, et non le Marbre glacial ; Mais, en restant humain, j'ai tâché d'être artiste . Sur l'écrin de mes vers, d'où le strass est exclu, Agitant le Jlambeau de tfion cœur, j'ai voulu Mettre un rayon vivant dans la froide améthyste.

Octobre 1883.

S. DE G

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