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Bib liograp lue. 333
profit et intérêt? Puis, sans chercher si loin, je rappellerai que la Revue d'art dramatique le fait à son point de vue : ce qui prouve, sans doute, qu'elle en a reconnu l'utilité. Après cela viendrait la liste de tous les ouvrages parus sur la musique. Cela est nécessaire en tant que références. Mais le rédacteur du carnet bibliographique, qui est M. F. de Ménil, serait libre d'accorder son attention à tel ou tel ouvrage. On me dira que cela causera de l'encombrement? Je n'en crois rien. Voyez des Revues littéraires, beaucoup moins spéciales par conséquent, tel le Mercure de France : cette manière de faire y est constamment appliquée. Enfin la dernière partie serait réservée aux nouvelles et échos, ainsi qu'on a déjà l'habitude de le faire.
Est-ce trop demander? je ne sais; en tout cas ce sont là les vrais moyens de constituer une grande revue musicale où les lecteurs puissent trouver tous les renseignements nécessaires sans avoir à recourir à d'autres publications.
Roujon (Henry) . — Discours prononcé le 17 mai 1898, aux obsèques d'Alfred Ernsl. Le Journal musical, 11, rue de la Pépinière.
Servieres (Georges). — Richard Wagner jugé en France. 1 vol. in-18 avec portrait. Librairie illustrée.
SilÈge (Henri). — Dix écrits de Richard Wagner avec avant-propos par — . 1 vol. in-12. Fischbacher.
C'est une excellente idée que d'avoir réuni ces dix articles que Wagner donna à la Revue et Gazette musicale lors de son premier séjour à Paris vers 1840. Dans son avant-propos, avec un enthousiasme tout juvénile, M. Silège parle de « l'instauration de notre Science et de notre Art futurs » et il ajoute que « parmi les matériaux propres à édifier un Art original et vraiment national... l'un des plus importants c'est l'Art de Richard Wagner». Et dire que je croyais finie cette superstition de l'Art et de la Science empanachés de la majuscule! Le pauvre Ollé-Laprune a si bien montré dans La Philosophie et le temps présent tout ce qui se cache de sophismes dans cette fâcheuse pratique! Ne remontons pas si loin, ne parlons pas dans le style cherché d'il y a quelque dix ans, de « quel précieux et grave poids la pensée wagnérienne pèse et toujours plus pèsera, féconde, sur les esprits engagés dans la voie lumineuse ». Cette influence n'a que trop existé en tant que déformante influence. Pour que l'imitation d'un maître soit fructueuse, il ne suffit pas de l'aimer avec sa sensibilité comme on l'a fait jusqu'à présent. Il faut le regarder en face, le pénétrer dans ses détails ; il faut prendre son œuvre comme dans une espèce de corps à corps jusqu'à la plus intime possession. En un mot il faut le connaître. Pour arriver à cette connaissance ses propres ouvrages sont de première nécessité. C'est pourquoi M. Silège a bien fait de recollectionner ces études ; c'est pourquoi aussi nous le félicitons de réclamer énergiquement des traductions de toutes les œuvres théoriques. Il est inconcevable que nous en soyons encore privés.